Frédéric Le Mouillour Mémorial national des marins morts pour la France

Commandant Teste - Transport d'aviation

Cdt-Teste2
1930
Forges et Chantiers de la Gironde - Bordeaux

Le Commandant Teste est un transport d'hydravions français. Il fut construit par les Chantiers de la Gironde entre 1927 et avril 1929. Il connut une carrière agitée et fut présent dans les principaux drames de la marine française pendant la seconde guerre mondiale : la bataille de Mers El Kebir et le sabordage de la flotte à Toulon. Son nom est un hommage au capitaine de corvette Paul Teste (1892-1925), un des promoteurs de l'aviation navale.

Il était destiné à servir de base flottante de ravitaillement aux hydravions. Pour cela, il était doté de quatre catapultes et de cinq grues d'une capacité de 12 t. Il était aussi doté d'un grand hangar (84 × 27 × 7 m) lui permettant d'accueillir à son bord les escadrilles 7S2 et 7DB2. (10 avions Gourdou 810 puis Loire 130 et Latécoère 298).

Dimensions : 167 x 27 x 6,93 m. Déplacement : 10000 t. Armement : 12 canons de 100 mm, 8 canons de 37 mm. Equipage : 642 hommes.

Côté propulsion, il était doté de deux hélices entraînées par des turbines à engrenage Schneider-Zoelly, fonctionnant avec quatre chaudières à vapeur surchauffée. Le tout développait une puissance de 21 000 ch, permettant une vitesse de 21 nœuds.

Sa construction est financée à la tranche 1925 votée le 13 juillet 1925. Mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde, à Bordeaux, le 6 septembre 1927, il est lancé le 12 avril 1929 et admis au service actif le 18 avril 1934.

Le Commandant Teste est affecté au théâtre de la Méditerranée et sert aussi dans l'Atlantique. Le 3 juillet 1940, il se trouve à quai à Mers El Kébir quand l'opération « Catapult » est déclenchée. Lors de cette attaque, il sort miraculeusement intact : il est juste atteint par des éclats, dont un, important qui touche le mât arrière.

Il rejoint ensuite le port de Toulon où il se trouve toujours quand, le 27 novembre 1942, l'amiral Jean de Laborde ordonne de saborder la flotte française basée à Toulon, après l'invasion de la zone libre par les Allemands. Il sera renfloué en 1943 par les Italiens, puis de nouveau coulé en 1944 par des bombardiers alliés.

Après avoir été le sujet d'une discussion quant à la décision de le démolir ou de le transformer en porte-avions léger, il sera finalement utilisé comme entrepôt flottant en 1950, puis vendu pour être démoli en 1963.

Si le Commandant Teste permettait d'avoir à un faible cout, un complément aéronaval au porte-avions Béarn, alors seul porte-aéronefs français, ses capacités au combat sont réduites. Sa vitesse de 21 noeuds était insuffisante pour suivre une escadre de combat. Lors d'essais menés en 1937, il est démontré que si le navire peut lancer quatre hydravions en 7 minutes, il lui faut trois-quarts d'heure pour les remonter à bord donc difficilement soutenable en conditions de combat en mer. Le navire souffre aussi d'hydravions peu performants, comme le Loire 210 dont la vitesse plafonne à 300 km/h, donc dépassé par la plupart des chasseurs aéronavals lorsqu'il est mis en service en août 1939. Il connait aussi des problèmes avec son aile pliante, cinq avions se crashent en moins de trois mois et la marine nationale finalement décidera de l'abandonner.

 

Le capitaine de corvette TESTE

Paul Marcel Teste - né à Lorient le 2 octobre 1892 – décédé à Villacoublay le 13 juin 1925- est un officier de marine français de l'aviation maritime qui consacra la majeure partie de sa carrière à la promotion de l’aviation navale. Premier pilote français à s’être posé sur un porte-avions, il a donné son nom au transport d’hydravions Commandant Teste.

Né à Lorient dans une famille de militaires, Paul Marcel Teste est le fils d’un adjudant du 1er régiment d'artillerie de marine et d’une lorientaise. Brillant élève, il se présente à l’École navale en 1909. Il a alors 17 ans. Aspirant en 1911, il est promu Enseigne de Vaisseau de 2e classe en 1912 et Enseigne de 1re classe à la déclaration de guerre.

Prenant part aux opérations en Méditerranée et en Adriatique, il se sent attiré par l’aviation et obtient sa mutation comme observateur aux escadrilles B101 et B102 à Dunkerque en 1917. Le 26 mai 1917 son hydravion est contraint à l’amerrissage par une patrouille de chasseurs allemands. Fait prisonnier, Paul Teste est interné à Karlsruhe. Après une tentative d’évasion avortée, il est transféré au camp disciplinaire de Magdebourg, d’où il parvient à s’échapper et regagne la France en janvier 1918. Promu Lieutenant de Vaisseau en septembre 1918, il devient instructeur sur hydravion.

Décoré de la Légion d'honneur et de la croix de guerre avec palmes, il est nommé à la tête de l’aviation d’escadre, première formation d’aviation embarquée constituée en France. Chargé de tester les avions et d’étudier les meilleures techniques, il est le premier à se poser sur le porte-avions Béarn inachevé au large de Toulon le 20 octobre 1920.

Dans l'attente du Béarn, il obtient la transformation de l'aviso Bapaume. La Marine nationale utilise de 1920 à 1924 le Bapaume en porte-avions école, pour former des pilotes au décollage.

Promu capitaine de corvette en juillet 1922, il se fait un ardent défenseur des porte-avions en France, mais aussi un propagandiste de l’aviation sous toutes ses formes. Ainsi en 1924 il parcourt la France à bord d’un hydravion FBA 17 pour reconnaître les plans d’eau utilisables pour les hydravions en difficulté au-dessus du territoire.

Affecté au cabinet militaire du ministre de la Marine, Paul Teste veut aussi tenter sa chance sur l’Atlantique et obtient la mise à sa disposition du prototype Amiot 120. Alors qu’il effectue des essais de mise au point avant un raid préliminaire qui doit le mener de Paris à Karachi sans escale, le monomoteur s’écrase au décollage à Villacoublay le 12 juin 1925. Gravement brûlé, Paul Teste décède le lendemain.

Après des obsèques officielles quatre jours plus tard à Paris, il est inhumé à Lorient le 25 juin au cimetière de Carnel. À titre posthume il est promu capitaine de frégate et fait commandeur de la Légion d’honneur.

Le porte-hydravions Commandant Teste est baptisé en son nom pour lui rendre hommage en 1929.

Sources :

sources : Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française Tome 2


https://fr.wikipedia.org/wiki/Commandant_Teste

https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Teste

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Transport d'aviation