Frdric Le Mouillour Mmorial national des marins morts pour la France

Alphonse Julien Louis Marie Thomas

est né le 27 juin 1905 à Sérent ()

À sa naissance, les parents ‘Alphonse sont établis dans le Morbihan, tout près de la rivière Oust (canal de Nantes à Brest) au lieu-dit La Touche Morgan en Sérent, commune d’environ 3000 habitants, située à une trentaine de kilomètres au nord-est de Vannes, au cœur des landes de Lanvaux. À cette époque, le "massif" schisteux de Pinieux qui jouxte cette commune permet encore à la population locale de garantir un bon niveau de vie grâce, en grande partie, à l’exploitation des nombreuses galeries ardoisières des environs. Le père d’Alphonse, Louis Marie, est justement carrier. Originaire des Charentes, il a épousé, le 13 février 1901, Marie-Louise Thétiot, née précisément à Sérent.

Le 31 mai 1902, un premier fils, André, naît de leur union ; Alphonse, lui, voit le jour trois ans plus tard, mais à cette période, la rentabilité de l’exploitation des gisements ardoisiers a commencé à baisser et la famille doit se reconvertir dans l’agriculture, sans quitter toutefois La Touche Morgan. Et le 13 juillet 1907, elle s'agrandit par la naissance de Virginie.

Alphonse suit les cours de l'école élémentaire, puis ayant atteint l’âge minimum prévu par la réglementation de l’époque (15 ans et 9 mois), il rallie, le 4 avril 1921, l’"École des Apprentis Mécaniciens" de Lorient. Cette école forme des spécialistes dans tous les domaines liés à la propulsion des navires et aéronefs, et donc appelés à servir, prioritairement, sur les bâtiments de la Marine Nationale.

Après une période probatoire de 3 mois, Alphonse signe, à la mairie de Lorient et avec l’accord de ses parents, un engagement de 5 ans, pour compter toutefois de la date de sortie de l’école.

Et le 1er avril 1923, après 2 années de formation, il est désigné pour le croiseur cuirassé "Amiral Pothuau", en même temps qu’il devient matelot de 1re classe mécanicien.

Sur ce bâtiment, qui fait partie de l’"Escadre de Méditerranée", il apprend vraiment son métier, et son bon comportement lui vaut d’être promu au grade de quartier-maître le 1er avril 1924.

Un an après, il débarque de l’"Amiral Pothuau" pour rallier la "Direction du Port de Lorient" où il reste affecté 5 mois en attendant que le contre-torpilleur "Tempête", en construction aux "Chantiers Dubigeon" à Nantes, soit en état de rallier Lorient pour effectuer ses essais.

Alphonse embarque le 20 septembre 1925 (dix jours avant d’être promu second maître) sur ce bâtiment, précisément le jour où il accoste à Lorient pour entrer "en armement pour essais". Cette période s’étend jusqu’au prononcé de son admission au service actif qui a lieu à Toulon, son nouveau port –base, le 20 décembre 1926.

Durant l’année 1927, deux événements importants interviennent dans la vie d’Alphonse : le 12 février, il épouse Anna Le Pesquer, couturière qu’il a rencontrée quand il était à Lorient, et, le 20 novembre, le couple a le bonheur d’avoir une petite fille, Micheline, qui a choisi de naître à Toulon.

L’année suivante, le 1er avril 1928, le second-maître Thomas est admis au "cadre de maistrance" (corps des officiers mariniers de carrière).

Il termine son affectation sur la "Tempête" le 28 septembre 1928, après avoir participé, le 3 juillet, en présence du Président de la République Gaston Doumergue.à l’imposante revue navale du Havre destinée à montrer à la face du monde le renouveau de la puissance maritime de la France.

Le sérieux d’Alphonse ayant été apprécié lors de l’armement de la "Tempête" il est alors pressenti pour participer à un autre armement : celui du contre-torpilleur "Bison", en construction à l’arsenal de Lorient.

Ainsi, après 9 mois partagés entre le "3e Dépôt"à Toulon et la "Direction du Port de Lorient", il embarque, le 1er juillet 1929 sur le "Bison", le jour même où le bâtiment entre en "armement pour essais". Au cours des essais de propulsion, le bâtiment atteint, le 8 février 1930, la vitesse record de 40,6 nœuds. Durant cette longue phase de mise au point, le contre-torpilleur a l’occasion de faire escale à Anvers, en juillet, pour la semaine française de l’exposition internationale célébrant le centenaire de la création de l’État belge, avant d’être "admis au service actif" le 24 octobre.

Entre-temps, le 1er octobre, Alphonse a été promu au grade de maître.

Le 15 novembre, le "Bison" rallie Brest et devient alors le navire amiral de la "2e Escadre".

À partir de cette date, il effectue les sorties d’entrainement classiques pour tous les bâtiments d’escadre, activité seulement agrémentée, en début mars 1931, par une visite à Brest de Nobuhito prince Takamatzu, frère cadet de Hirohito, empereur du Japon, et une escale au Havre, les 26 et 27 mai, au cours de laquelle Alphonse débarque du bâtiment pour bénéficier de quelques semaines de permissions avec sa famille avant de rallier un autre contre-torpilleur, basé cette fois, à Toulon.

Le 16 juillet il embarque en effet sur le "Guépard" qui avait été placé en "disponibilité armée" (à effectif réduit) jusqu’au 20 août 1931, mais reprend une activité normale le 15 septembre pour devenir le navire amiral de la "1re Flottille des torpilleurs". Il participe alors à toutes les sorties d’entraînement de l’Escadre sur les côtes de Provence, vers les Baléares mais aussi en Méditerranée orientale, avec de nombreuses escales de représentation dans les pays riverains.

A partir du 10 octobre 1932, le "Guépard" n’est plus navire amiral de la "1re Flottille des torpilleurs" : il intègre la "7e Division Légère" pour un an, ce qui ne change pas grand-chose dans son activité opérationnelle.

Toutefois, le 11 janvier 1934 un incident regrettable a lieu : l’abordage du "Guépard" et du torpilleur "La Palme" devant Saint-Tropez, péripétie sans conséquence notable sur le plan humain, ni sur le plan matériel.

Le 16 septembre 1934, Alphonse est affecté comme instructeur à l’"École des Apprentis Mécaniciens", sa "maison-mère". Il y reste jusqu’au 8 octobre 1938, date à laquelle il est placé en attente au "3e Dépôt" à Lorient.

Le 16 janvier 1939, il est désigné pour le croiseur "Tourville", mais cette affectation sera de courte durée (5 mois), car, en raison de l’évolution de la situation internationale, l’État-major a décidé d’apporter quelques modifications à l’organisation des forces.

Ainsi, le croiseur "Pluton" qui vient de bénéficier à Toulon d’un carénage de trois mois afin d’effectuer divers travaux d’entretien sur ses machines, mais aussi des modifications concernant son artillerie car il doit devenir un outil important pour la formation des canonniers, reçoit l’ordre de rallier Lorient pour faire partie d’une toute nouvelle "5e Escadre" au sein de laquelle le bâtiment doit remplacer la "Jeanne d’Arc" comme navire-école, et ce, à partir du 6 juin 1940, mais sous le nom de "La Tour d’Auvergne".

 Et Alphonse est désigné sur ce bâtiment à compter du 14 juin.

Mais la nouvelle organisation prévue ne verra en fait le jour que "sur le papier", car à l'approche de la Seconde Guerre mondiale, l’État-major décide de reconfigurer le "Pluton" en mouilleur de mines, sa destination première, et cette adaptation se fait à Brest, qui, de facto, devient son nouveau port d’armement (voir l'article complet figurant sur ce site).

Le 2 septembre, le commandement envoie le croiseur en mission au Maroc pour disposer des barrages de mines destinés à protéger les atterrages du protectorat, dans l’éventualité d’une attaque de croiseurs de bataille allemands. Le bâtiment arrive à Casablanca le 5 septembre 1939, trois jours après la déclaration de guerre. Mais les circonstances et les renseignements en possession de l’Amirauté l’incitent à réorienter la mission initiale du "Pluton", et, dans la nuit du 12 septembre, l’ordre de mise en place du barrage est annulé : les mines doivent être débarquées rapidement. Et c’est au cours de cette opération très délicate que, le 13 septembre 1939, le "Pluton" explose à quai.

Sur le croiseur, 196 hommes sont morts dans cette tragédie, dont 171 qualifiés de "présumés disparus" et qui sont immortalisés au cimetière Ben M'Sick de Casablanca par autant de croix portant l'épitaphe : "INCONNU" "Le Pluton" - Mort pour la France le 13.09.1939".

Mais les corps d’un certain nombre, dont fait partie Alphonse, seront bien identifiés, et un peu plus tard, sa famille demandera à ce qu’il soit rapatrié et inhumé au cimetière de Kerentrech en Lorient.

Tous ces marins du "Pluton" seront cités à l’ordre du Corps d’Armée en ces termes : "Tombé glorieusement pour la France à son poste de combat".

Le nom d’Alphonse Thomas, qui venait d’être promu Premier maître le 1er août, est inscrit sur le Livre d'or des Lorientais morts pour la Patrie qui se trouve dans une cavité du  monument aux Morts de cette ville situé place Louis Glotin.

Il était Premier Maître Mécanicien.
Son unité : Pluton
  • Légion d'Honneur (chev.)
  • Médaille Militaire
  • Croix de Guerre 39-45 avec étoile (s)
  • Citation à l'Ordre du Corps d'Armée
Il est décédé le 13 septembre 1939.
Son corps repose au cimetière de Lorient
  • Service Historique de la Défense (Lorient)
  • Les contre-torpilleurs type Guépard 1928-1942 (Jean Moulin)

Pluton

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Construit à Lorient en 1931. Le Pluton devant être appelé à servir de transport de troupes, il convenait de débarquer les mines stockées à bord dans des camions attendant le long du quai de Casablanca. Au rapport du cpt de frégate Benac, second du navire, c'est au cours de son désamorçage, qu'une mine a explosé, faisant sauter en chaîne d'autres mines et diverses munitions, éventrant le navire qui a coulé par l'arrière, et dévastant les quais...

Pluton
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Thomas
Sérent
CG
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Il a été décoré : Citation à l'Ordre du Corps d'Armée,Croix de Guerre 39-45 avec étoile (s),Légion d'Honneur (chev.),Médaille Militaire
Livret de famille
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