Frdric Le Mouillour Mmorial national des marins morts pour la France

Minerve 1940 - Sous-marin

SM-Minerve-FNFL
Grande Bretagne

Le sous-marin Minerve – 1940

 

Construction de la Minerve

Six sous-marins de deuxième classe, type standard « Amirauté », seront construits, en deux étapes, selon les plans de l’ingénieur en chef du génie maritime Léon Roquebert.

  • Quatre tranches en 1930 (Q-185 Minerve, Q-186 Junon, Q-187 Vénus, Q-188 Iris),
  • Deux tranches en 1936 (Q-189 Pallas, Q-190 Cérés).

Le sous-marin Minerve (Q-185), construit par l’arsenal maritime de Cherbourg a été mis en chantier en janvier 1931 ; lancé le 21 octobre 1934, il est mis en service en septembre 1936. Ses principales caractéristiques étaient :

  • Déplacement : 662/856 tonnes
  • Dimensions : 68,10 x 5,60 x 3,66 m
  • Machines : 2 diesels Normand Vickers de 900 cv- 2 électriques de 615 cv
  • Vitesses en nds : 14,25 (plongée)/9,30 (surface)
  • Rayons d’action :
    • en surface : 2 000 milles marins à 12 nœuds,
    • en plongée 85 milles marins à 5 nœuds – 15 jours d’endurance.
  • Immersion : 80 m
  • Équipage : 3 off, 39 marins et sous-off
  • Armement : 6 TL intérieurs de 550 mm (4 à l’AV et 2 à l’AR) – 3 TL de 400 mm (1 tourelle triple axiale sur l’arrière du kiosque) – 1 canon de 75 mm et 2 mitrailleuses de 13,2 mm

Un peu d’histoire

Le 17 juin 1940 le maréchal Pétain demande aux troupes françaises, mises en débâcle, de cesser le combat, alors que le général de Gaulle, opposé à un plan d’armistice en préparation, s’installe à Londres. Pétain se résout à l’armistice demandé aux Allemands ; il sera signé, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne, le samedi 22 juin 1940, dans le même wagon, selon l’« exigence » d’Hitler, où eut lieu l’armistice du 11 novembre 1918 qui consacrait la défaite des armées allemandes de la Grande Guerre.

Cet armistice de 1940 conduira à divers mouvements des bâtiments de la Marine nationale dans les ports français de la Manche et de l’Atlantique. Ceux dans l’incapacité de prendre la mer, seront sabordés, tels les « 1500 tonnes » : Pasteur, Agosta, Achille et Ouessant. D’autres, plus favorisés, réussissent à s’échapper et gagnent l’Angleterre. C’est le cas des sous-marins stationnés à Cherbourg pour refonte, tels la Minerve et la Junon qui quittent Cherbourg, le 18 juin, pour Plymouth ; remorqués en Angleterre pour être remis en service, ils feront ainsi partie des sous-marins de la France Libre, en compagnie des sous-marins Rubis, Narval, Surcouf.

          Ajoutons qu’au titre de l’opération « Catapult », déclenchée le 3 juillet 1940, les Anglais vont se saisir des bâtiments français stationnés en Angleterre et mitrailler l’escadre française stationnée à Oran (Mers El-Kébir).

Avant de nous intéresser au cas de la Minerve, résumons la fin du parcours des Rubis, Narval, Surcouf et Junon, ses compagnons d’armes au sein des FNFL.

Le Rubis rallie Harwich (Angleterre) le 1er mai 1940. En août 1941, un marin de l’équipage décède suite à une chute. Après la guerre et ses missions en Angleterre, il arrivera à Oran en juin 1945. Désarmé et condamné, il sera immergé, en 1957, au large du cap Camarat, en face de la plage de Pampelonne de Saint-Tropez.

Le Narval de la flottille de Bizerte, commandé par le lieutenant de vaisseau Drogou, quitte, avec le soutien de son équipage, le 24 juin 1940, Sousse pour l’île de Malte, pour rallier le général de Gaulle et continuer le combat avec les Anglais. Pour sa deuxième patrouille, en Méditerranée en décembre 1940, il ne rejoint pas sa base de La Valette à Malte. Il aurait été touché par une mine italienne. Son épave a été repérée en 1957 à huit milles dans le 68 des Kerkennah, îles situées au large de Sfax (Tunisie). Ce drame a coûté la vie aux 50 membres de l’équipage et de 2 marins britanniques (il y a un doute sur ce dernier point)

Le Surcouf devant se rendre dans le Pacifique par le détroit de Panama, est éperonné par le cargo américain Thompson Likes (selon la version officielle) et disparaît corps et biens le 19 février 1942, dans le golfe du Mexique ; ce drame a coûté la vie de 127 membres de l’équipage et de 3 marins britanniques.

La Junon effectuera sa dernière patrouille en avril 1944. Après sa refonte, elle reprendra la mer jusqu’en avril 1948. Condamnée fin 1954, elle sera vendue à la ferraille à Gênes.

Le parcours de la Minerve

Son ralliement aux Forces Navales Française Libres

Après avoir ralliée Plymouth, le 18 juin, en compagnie de la Junon, la Minerve quitte ce dernier port le 28 août 1940 pour rejoindre la Clyde (Glasgow). Elle effectuera des missions et des patrouilles, résumées ci-après :

  • En 1941 :
    • Patrouilles en mer de Norvège, les 31 janvier, 14 avril, 14 mai, 26 août, 16 septembre, 18 octobre,
    • Missions, les 14 mai (recherche du Bismarck, premier cuirassé de la Kriesgmarine de 50 300 tonnes), 22 juillet (îles Féroé – Atlantique nord, proche de la mer de Norvège), 23 novembre (Scapa Flow – nord-est de l’Écosse, au sein des Orcades. La baie de Scapa Flow est célèbre en tant que cimetière marin des nombreux bâtiments de la flotte allemande de la Grande Guerre, suite à leur réquisition par le Royaume-Uni),
  • En 1942 :
    • Patrouilles en Norvège, le 16 février,
    • Missions, les19 mars P. Q. 13), 25 avril (convoi P. Q. 15), 12 juillet (convoi P. Q. 17, océan arctique), dernière sortie le 10 août (débarquement d’espions sur les côtes de Norvège).

Ses faits d’armes

Les 18 et 19 avril 1941, la Minerve, commandée par le lieutenant de vaisseau Sonneville, attaque en lançant des torpilles sans succès, le 18 avril, le cargo à vapeur « Tiger » de 3041 tonnes et le 19 avril le pétrolier allemand Thann de 7410 tonnes. Remontés accidentellement en surface après les lancements sur le pétrolier, elle subira un grenadage durant 13 heures, lui occasionnant de graves avaries.

Le 21 septembre 1941, toujours commandé par Sonneville, elle attaque, sans succès, le cargo See Fahrer de 2978 tonnes

Les événements dramatiques :

  • Le 14 décembre 1942, alors que le bâtiment, toujours commandé par Sonneville, est à Blyth (nord-est de l’Angleterre) pour réparations ; Dundee (plus au nord, en Écosse) est bombardé : une bombe tombe sur la base provoquant la mort du maître-principal Louis-Marie Kerjean et du second-maître Pineau, et des blessés.
  • Le 10 octobre 1943, alors que le bâtiment, désormais commandé par le lieutenant de vaisseau Simon-Dubuisson, navigue en surface au large de Plymouth, un « Liberator » néo-zélandais (canadien ?), croyant avoir affaire à un U-boote, l'attaque en plongée, provoquant la mort du matelot François Charles et du quartier-maître Raymond Jézéquel.

Sa fin

Après la fin de la seconde guerre mondiale, remorquée de Plymouth à Cherbourg, le 17 septembre 1945, la Minerve, cassant sa remorque, se drosse à la côte sous Portland Bill (sud-ouest de l’Angleterre, en Manche). Elle sera classée perdue par « fortune de mer », et ne sera pas renflouée.

Sources :

Sources :

  • « Les sous-marins français des origines (1863) à nos jours» d’Henri Le Masson (Éditions de la Cité)
  • « Les sous-marins de la France Libre» de Maurice Pasquelot «(Presses de la Cité)

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