Frédéric Le Mouillour Mémorial national des marins morts pour la France

Mamm-Doué - Palangrier

Mamm Doue_dz02
France

Le Mamm Doué (Mère de Dieu) était un palangrier à coque bois, construit à Douarnenez en 1941 pour le compte du patron Jules Blaise. D’une longueur de 16,87 m, il jaugeait 36,97 tonneaux bruts et était équipé d’un moteur Baudouin de 80 cv.

Ce mercredi 30 juin 1943, Mamm Doué est en pêche, en train de relever ses palangres à 43 milles dans le N/W du phare d’Armen quand il est, une première fois survolé à faible distance par un groupe de 6 avions. Deux avions se détachent alors de la formation et viennent mitrailler Mamm Doué à bout portant. A la première rafale, tout l’équipage se réfugia dans les fonds, sauf René Bariou et un autre marin qui furent touchés. Le contenu d’un fût de carburant qui était en réserve sur le pont se répandit et prit feu occasionnant de très graves brûlures à René Bariou. Il ne sera hélas pas la seule victime, dans la cale Pierre Gonidec fut tué, frappé de plusieurs balles dans le corps. Les matelots Eugène Hélias, Michel Guénadou et François Carn furent également blessés aux bras et aux jambes, le mousse Emmanuel Golhen était lui blessé au pied gauche.

Les aviateurs s’éloignèrent après avoir constaté que le pont du bateau était en flammes.

Avec tout le courage qui caractérise les marins douarnenistes, l’incendie put être maîtrisé et avec un équipage décimé : 2 morts et plusieurs blessés. Mamm Doué parvint à regagner Douarnenez le lendemain. Il aurait été facile d’attribuer cette attaque sauvage à l’aviation allemande et nul n’en aurait été étonné, mais selon les marins douarnenistes, et leur témoignage pouvait être difficilement contredit, ces avions portaient des cocardes rouges/blanches/bleues, insignes de la "Royal Air Force". En fait, Il n'y avait pas méprise de l'aviation britannique lors de ces attaques qui participaient d'une stratégie de blocus, les marins bretons étant considérés comme des ennemis concourant au ravitaillement de la Wehrmarcht. Ces faits ne sont pas connus et même volontairement ignorés car ils ne participent pas à la gloire de la "Royal Air Force"  qui a pourtant perdu tant d'hommes pour sauver notre liberté.

René Bariou et Pierre Gonidec furent cités à l’ordre de la marine marchande en juillet 1943. A noter que le frère de René Bariou : Louis, avait aussi été victime d’une semblable attaque aérienne allemande sur le Sapigneul en novembre 1941 faisant 18 victimes.

Sources :

Sources : Jacques Join  bagoucozdz

La Dépêche du Finistère

Le Courrier du Finistère

 

https://www.bagoucozdz.fr/

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