Frédéric Le Mouillour Mémorial national des marins morts pour la France

Actéon - Sous-marin

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09 novembre 1942

Le sous-marin Actéon fait partie des trente-et-un sous-marins de « 1500 tonnes », à double coque, réalisés en application des plans de l’ingénieur général du Génie Maritime Roquebert, qui a été à la tête de la conception d’une centaine de sous-marins construits ou mis en chantier entre 1920 et 1940.

L’Actéon a été construit par les Ateliers et Chantiers de la Loire à Saint-Nazaire (At. & Ch. de la Loire – Saint-Nazaire) de la tranche de 1927. Lancé le 10 avril 1929, il sera armé le 18 décembre 1931.

Son nom de baptême est issu de la mythologie grecque selon laquelle Actéon, petit-fils d’Apollon se révèle être un chasseur orgueilleux, transformé en cerf par Artémis parce que surprise entièrement nue en prenant son bain, et qui sera dévoré par ses propres chiens qui ne le reconnaîtront plus.

Ses principales caractéristiques étaient :

  • - Longueur : 92,30 m,
  • - Maître-bau (plus grande largeur) : 8,10 m,
  • - Tirant d’eau : 4,40 m,
  • - Déplacements : 1570 tonnes en surface et 2084 tonnes en plongée,
  • - 2 moteurs diesel Sulzer X 3000 cv – 2 moteurs électriques X 1000 cv,
  • - Vitesses : 17,5 nœuds en surface - 10 nœuds en plongée,
  • - Profondeur maximale : 80 m,
  • - Rayons d’action : 14000 miles à 7 nœuds en surface – 100 miles à 7 nœuds en plongée,
  • - Équipage : 5 officiers, 14 officiers-mariniers, 52 quartiers-maîtres et matelots,
  • - Endurance : 30 jours.
  • - Armement :
    • o 9 tubes lance-torpilles de 550 mm de diamètre + 2 torpilles de réserve,
    • o 2 tubes lance-torpilles de 400 mm de diamètre,
    • o 2 tourelles orientables, une de 3/550, une de 2/550, 2/400,
    • o 1 canon de 100 mm,
    • o 1 mitrailleuse-double de 13,2 mm.
  • - Les commandants successifs auront été :
    • o Capitaine de corvette Vetillard (01 avril 1932)
    • o Lieutenant de vaisseau Louis Boulat (du 16 septembre 1937 au 15 septembre 1939),
    • o Capitaine de corvette Jean Clavières (1939 – 1942).

Ses activités

En septembre 1939, à l’orée de la Seconde Guerre Mondiale, il est incorporé à la 3ème DSM de l’escadre de Toulon, en compagnie des sous-marins de la même famille : Protée, Achéron et Fresnel.

En février 1940, la 3ème DSM est positionnée à Casablanca (Maroc) pour surveiller les approches de l’archipel des Canaries où manœuvrent les bâtiments de commerce allemands.

En avril 1940, la 3ème DSM est affectée au théâtre méditerranéen à Bizerte, puis à Beyrouth ; l’Actéon a pour mission de patrouiller dans le Dodécanèse.

En juin 1940, à l’entrée en vigueur de l’armistice, l’Actéon, l’Achéron et le Fresnel font partie de la division d’Afrique et du Levant, alors que le Protée est basé en Angleterre.

En octobre 1940, l’Actéon et l’Achéron quittent Beyrouth, escortés par l’arraisonneur-dragueur Gladiateur, pour rallier Toulon à des fins de carénage, leurs travaux d’entretien (batteries fatiguées) ne pouvant se dérouler à Beyrouth.

En 1941, l’Actéon est basé à Dakar sous les ordres du lieutenant de vaisseau Jean Clavières, et fait partie en janvier 1942 de la 5ème DSM avec les sous-marins « frères » Henri Poincaré, Pascal et Fresnel.

Alors que l’Actéon et le Fresnel doivent appareiller pour Toulon en préparation d’un grand carénage, ils reçoivent l’ordre le 08 novembre, l’opération Torch étant déclenchée (débarquement des alliés en Afrique française du Nord – Maroc et Algérie), de se rendre devant Oran dès que les premiers débarquements des troupes alliées à Arzew (wilaya d’Oran) sont connus. Ils quittent le quai Lamoune du port d’Oran entre 03h15 et 03h45 ; l’Actéon rejoignant l’est du Cap Falcon (extrémité occidentale du golfe d’Oran).

L’Actéon, sous les ordres du capitaine de corvette Jean Clavières, après avoir franchi une première ligne de défense, sans être repéré, tente de se rapprocher des porte-avions britanniques HMS Dasher et HMS Biter pour les attaquer. Il fait surface dans le but de se positionner favorablement. Il est aperçu à 21h00 par le destroyer HMS Wescott à moins de 900 Mètres ; 11 minutes plus tard, il plonge en catastrophe : il est alors grenadé à mort et disparaît corps et biens, provoquant 65 victimes. Liste des victimes

Sources :

  • Ouvrage « Les sous-marins français des origines (1863) à nos jours» d’Henri Le Masson (Éditions de la Cité).
  • « marins.disparus.free.fr/index.php/sous-marins/74-acteon »

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