Frédéric Le Mouillour Mémorial national des marins morts pour la France

Centre d'Armement Militaire des Bâtiments de Commerce - Unité marine terrestre

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Dès le début du premier conflit mondial, il fallut se rendre à l’évidence que les sous-marins allemands allaient constituer une terrible menace qu’il convenait de combattre avec des moyens à la mesure du danger constitué, ou en tous cas avec toutes les armes dont nous pouvions disposer. Ce danger menaçait non seulement la flotte de guerre, qui malgré tout disposait d’armement approprié pour se défendre, mais aussi et surtout la flotte marchande dont ce n’était pas la vocation première de combattre un ennemi sur mer.

Déjà, en septembre 1915 l’Amirauté avait été conduite à affecter deux canons à tous les navires transportant des troupes. Le 31 janvier 1917 l’Allemagne, jetant le défi à tous à tous les droits de l’humanité, met à exécution ses terribles menaces de guerre à outrance sur mer. Mais avec l’arrivée de l’Amiral Lacaze à la rue Royale commence l’ère de la résistance héroïque. Le nouveau ministre de la marine décide d’armer militairement tous les bâtiments de la marine marchande, et aussi certains bâtiments de pêche, qui rappelons-le sont en charge d’une mission vitale pour le pays, à savoir le ravitaillement des armées et de la population.

En début d’année 1917, le ministère décide d’unifier les méthodes en confiant les installations d’armement et l’instruction des personnels à un unique service dépendant d’un commandement des centres d’armement militaire des bâtiments de commerce (AMBC). Un service autonome commandé par un officier de marine est ainsi créé dans chaque port de commerce important, il aura pour but  d’assurer :

  • L’encadrement, la formation et l’entraînement de tout le personnel de l’AMBC. - L’instruction des officiers de la marine marchande en vue de la défense contre les sous-marins - La surveillance, l’entretien et les réparations courantes des matériels embarqués sur les  bâtiments de commerce, y compris la mise au point de ces matériels. - L’exécution des tirs et des écoles de feu destinés à l’entraînement des armements et à la formation au tir des officiers et des gradés. - Enfin, le personnel de l’AMBC sera entraîné à l’usage des signaux simples (signaux à bras, signaux Morse, code international) pour les navires de commerce. Les centres seront finalement en place dès juin 1917 à Dunkerque, Calais, Boulogne, Dieppe, Le Havre, Rouen, Caen, Cherbourg, Brest, Lorient, Saint Nazaire, La Pallice, Bordeaux, Bayonne, Cette, Marseille, Toulon, Bizerte. Chaque navire de commerce sera rattaché à l’un de ces centres en accord ou à la convenance de son armateur.

Marseille, Toulon, Bordeaux et Le Havre furent cependant prêts et opérationnels dès le mois d’avril et les seules raisons du retard apportées aux autres centres furent dues aux grandes difficultés à trouver des casernes, ateliers et magasins suffisamment vastes pour accueillir le personnel et les services. Le matériel nécessaire sera donc tout aussi important, et la plupart des centres va devoir s’assurer du service de l’un ou plusieurs navires annexes – souvent un chalutier ou un grand yacht armé d’un 75 ou d’un 90 mm – afin d’assurer un minimum de tirs réels au large. Deux officiers inspecteurs : les lieutenants de vaisseau Ferlicot, provenant des canonnières fluviales et Muselier provenant des fusiliers marins, auront beaucoup fait pour la mise en place de ces services.

On ne pourra que se féliciter de l’armement des navires de commerce. En 1917, 93 actions de résistance auront sauvé 95 bâtiments de leur perte et suscité autant de citations pour leurs commandants.

Durant le second conflit mondial, les centres AMBC seront réactivés sous la forme d’un armement défensif minimum contre les sous-marins et les avions, dans quelques cas d’un équipement anti-mines. Des canons, le plus souvent des 75 et des 90 datant de 14/48, ainsi que des mitrailleuses sont installés sur de nombreux navires de commerce. Les marins qui servent ces pièces sont des militaires issus de la réserve. Ils sont instruits à Brest par le centre d’instruction de la flotte commerciale (CIFC), qui dispose d’un cargo école réquisitionné à cette fin.

Sources :

Sources : La marine marchande française de 1914 à 1918 de Marc Saibène               
Notre marine marchande pendant la guerre 14-18 de René La Bruyère

 

hmarines-editions_marinemarchande-fm.pdf

 

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