Frdric Le Mouillour Mmorial national des marins morts pour la France

Artillerie Navale - Unité

Au début du 17e siècle le matériel de guerre dépend d'une seule autorité. L'importance croissante prise par le canon à bord des navires de guerre entraîne en 1624 la création d'un service de "l'Artillerie de Marine", séparé de celui de l'Artillerie terrestre.

La fusion des commissaires d'artillerie et des officiers de vaisseau des compagnies de bombardiers et de canonniers correspond à la création, le 16 février 1692, du corps des officiers de "l'Artillerie de Marine". Ce corps d'officiers assimilés est composé à cette époque de 35 membres dont deux officiers généraux pour toute la France. Stable durant un demi-siècle, cette organisation subit par la suite de très nombreux changements dont plusieurs sont regrettables :

  • 1750 : nouvelle fusion des officiers de l'artillerie de l'Armée et de la Marine;
  • 1774 : retour à l'organisation de 1692 ;
  • 1784 : création du corps royal de "l'Artillerie des colonies" ;
  • 1790 : versement au Ministère de la guerre du "Régiment de l'Artillerie de Marine" ;
  • 1807 : le recrutement des élèves, qui jusque-là provenaient de l'Armée, s'opère désormais par le canal de l'Ecole polytechnique ;"
  • 1813 : l'Artillerie de Marine est incorporée dans le 6e corps de la Grande Armée et se trouve pratiquement anéantie au cours des campagnes de Saxe et de France ;
  • 1814 : sous l'appellation de "Corps royal des canonniers de la Marine", puis sous celui de "Corps royal de l'Artillerie de la Marine", le recrutement des officiers du corps se répartit en tiers de polytechniciens, un tiers d'aspirant de Marine et un tiers de sous-officier de l'Armée.

Au cours du 19e siècle le matériel évolue peu mais les œuvres théoriques abondent. La création de la "Commission de Gavre", installée près du Port de Lorient, donne aux artilleurs un outil de travail remarquable pour les études et des essais des armes et des munitions. Sous l'impulsion de l'inspecteur général Reuilly, le "Corps de l'Artillerie de Marine et des Colonies", riche de 200 officiers, prend une nouvelle impulsion sous le Second Empire.  Les découvertes et les perfectionnements se multiplient : canon rayé, frettage, obus de rupture, poudre à gros grains, chargement par la culasse, etc… Le décret du Ministère de la Marine du 9 avril 1864 crée auprès de l'Administration centrale, une "Direction de l'Artillerie de Marine".

Après la guerre de 1870, les officiers de "l'Artillerie de Marine", surnommés "Bigors", continuent à se distinguer soit dans une mission technique, soit dans des actions militaires. Ils remplissent, en métropole, des fonctions d'ingénieurs. Outre-mer, ou à bord des bâtiments, ils exercent des activités diverses allant de la construction des ouvrages maritimes ou terrestres, au combat d'infanterie.

Au début du 20e siècle la Marine nationale doit rétrocéder ses troupes, et en particulier celles de l'Artillerie de Marine", au Ministère de la guerre.

La Marine nationale crée en 1905 une "Direction centrale de l'Artillerie navale" placée sous l'autorité du chef d'état-major de la Marine, qui dispose dans chaque port de métropole et d'outre-mer, d'une "Direction de l'Artillerie navale", administrativement sous l'autorité du directeur central, et opérationnellement sous l'autorité du préfet de la région maritime.

Le nouveau corps des ingénieurs de l'artillerie navale (IAN) voit ses effectifs croitre. Les futurs ingénieurs, admis à "l'Ecole d'application de l'Artillerie navale" proviennent par voie de concours des officiers des armées, et surtout directement à la sortie de "l'Ecole polytechnique" dans les mêmes conditions que celles de leurs collègues du "Génie Maritime" avec lesquels ils fusionnent en 1940.

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