Frdric Le Mouillour Mmorial national des marins morts pour la France

Paul Jacques Marie Comby

est né le 29 octobre 1895 à Saint Servan (Ille et Vilaine (35))

Paul Jacques Marie, fils d'Hippolyte contrôleur de la Marine et de Marie Angeline Josephine Poitrineau, naît à Saint Servan le 29 octobre 1895. Il est le troisième d'une fratrie de douze.
 
C'est aux lycées, Victor Grignard de Cherbourg-Octeville et Henri IV de Paris qu'il fait sa scolarité, passe son Bac à 14,15 ans, prépare l'Ecole Navale et l'intègre en 1913.

Nommé au grade d'Enseigne de Vaisseau de 2ème classe le 5 février 1916, il se spécialise dans l'aéronautique navale. Promu Enseigne de Vaisseau de 1ère classe le 31 mai 1917, il pilote des hydravions.
Cette même année lors d'un combat aérien, son hydravion tombe en panne et est mitraillé par les avions allemands mais Paul reste à bord,  réussit à se poser et à sauver ainsi son aéronef. Il reçoit une citation pour ce fait d'armes: "A tenté de sauver du matériel de guerre pendant un violent bombardement". L'année suivante il est à nouveau cité au corps d'armée: "..ont pris part à de nombreuses patrouilles contre les sous-marins dans la zone parcourue par des hydravions de chasse ennemi. Le 3 avril 1918, ont attaqué un sous-marin en surface qui avait fait tête".
Par décision ministérielle du 8 juillet 1918, il reçoit également un témoignage officiel de satisfaction: " … pour la façon remarquable dont il a su mener à bien le raid d'hydravions San Stefano-Beyrouth".
A la fin de ce conflit, par décret du 16 juin 1920, Paul est nommé chevalier de la légion d'honneur avec la citation suivante: "Officier d'une valeur morale, professionnelle, exceptionnelle, a toujours montré le plus grand mépris des dangers. Officier d'élite, d'un allant et d'un entrain inlassable. Cinq attaques de sous-marins. Plus de 200 heures de vol, toutes dans les eaux ennemis. Trois citations".

Sa mère avait pour devise "Dieu, Famille, Patrie": ce fut logiquement que nombre de ses fils embrassèrent une carrière militaire à part un prêtre pour répondre à l'intégralité de la devise.
Cette famille a payé chèrement cette exaltation patriotique:
- Frédéric, son frère aîné, est mort des suites de la guerre 14-18. Gazé, il avait été amputé d'une jambe sans anesthésie;
- Marcel un frère cadet, est mort en 1940 dans l'est;
- Pierre, grièvement blessé lors du torpillage de son patrouilleur, resta longtemps à l'eau, perdant beaucoup de sang, avant d'être repêché.

Lieutenant de Vaisseau le 25 septembre 1920, en 1921 il est en service à Constantinople à l'escadrille d'hydravions.
C'est en 1926, alors embarqué sur le cuirassé "Condorcet" que Paul épouse Fernande Blavette et de cette union naissent trois enfants: Marc, Annik et Pierre Dominique.
Paul, timide, réservé, et discret cultive plutôt l'humilité et la générosité. Il aime aider financièrement ses jeunes frères pour leurs études mais aussi les familles de son personnel dans la peine.
Poursuivant sa brillante carrière, alors qu'il est embarqué, du 10 avril 1931 au 8 avril 1933, sur le porte-avions "Béarn" Paul est promu Capitaine de Corvette le 4 juin 1931.
Du 8 avril 1933 au 12 octobre 1934, il est affecté à la BPA Karouba à Bizerte avant de rejoindre la base hydravions de Brest Laninon le 1er décembre 1934.
 
C'est tout naturellement qu'en 1935 ses mérites sont récompensés et qu'il est nommé au commandement de la base d'aviation maritime de Brest à Lanvéoc du 1er décembre 1935 au 15 novembre 1937.
Par ordre 642 du 15 juin 1937 de Prémar II, il reçoit un témoignage officiel de satisfaction: "… pour sa participation aux exercices et la revue du 27 mai 1937".
En date de novembre 1937, Paul totalise 1184h12 de vol dont 6h10 de nuit. Les responsabilités appelant les responsabilités, il dirige le centre des ballons captifs à Brest du 1er octobre 1939 au 1er janvier 1940.
En 1940, juste avant l'arrivée des Allemands, toujours en poste à Brest où il réside avec sa famille, il doit comme tous les marins de Brest rejoindre l'Angleterre.
Il a l'impression de végéter dans des camps inconfortables jusqu'à sa démobilisation lors de l'armistice. Embarqué, sur le cargo mixte de la Compagnie Générale Transatlantique "Meknès", comme passager parmi les 1300 marins français dont 102 appartenaient à l'équipage, il regagne la France.
Parti de Southampton le 24 juillet le "Meknès" est torpillé par une vedette allemande. Paul fait partie des 420 victimes du naufrage.

Son plus jeune fils Pierre a cinq ans à la disparition de son père et sa famille se trouva démunie jusqu'à l'obtention de la pension de veuve de guerre.

Son nom figure: au monument aux morts de Brest, sur les plaques commémoratives 1939-1945 situées dans la cour d'honneur du lycée Victor Grignard de Cherbourg-Octeville: " A la mémoire de nos camarades morts pour la France depuis les origines du lycée", et sur la stèle du "Meknès", sur les falaises à Saint Martin En Campagne, lès Berneval: " A la mémoire des 420 marins disparus lors du torpillage du "Meknès" ".

Il était Capitaine de corvette.
Son unité : Meknès
  • Légion d'Honneur (chev.)
  • Croix de Guerre 14-18
  • Citation à l'Ordre de la Brigade
  • Citation à l'Ordre du Corps d'Armée
Il est décédé le 24 juillet 1940.
Porté disparu
Son décès est inscrit à la commune de Brest (29)
Document portant la mention MPLF : Extrait acte de décès de Brest

Meknès

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Le Meknès était un ancien paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique construit par les Chantiers de Normandie du Grand-Quevilly, de 132 mètres de long et jaugeant 6127 tonneaux, mis en service en 1914 sur la ligne le Havre-Haïti sous le nom de Poerto Rico. Renommé Meknès, il est placé sur la ligne Bordeaux-Casablanca en 1929, puis le Havre-La Baltique en 1936. Suite aux événements de la guerre mondiale, il est transformé en transport de...

Meknès
9418
Comby
Saint Servan
Ille et Vilaine (35)
HF
180846,180847,180848,180849,180850,180851,180852
Il a été décoré : Légion d'Honneur (chev.),Croix de Guerre 14-18,Citation à l'Ordre du Corps d'Armée,Citation à l'Ordre de la Brigade
AD 599/1942
D 11x15