Frdric Le Mouillour Mmorial national des marins morts pour la France

Yves Raoul Jean Lehagre

est né le 15 juillet 1894 à Sainte Adresse (76) (Seine Maritime)

Yves Raoul Jean Lehagre est le fils de Maurice Achille Emile Lucien et de Jeanne Maire. Yves est élevé dans un milieu familial de tradition militaire, Maurice, son père, est chef de bataillon au 41e bataillon de chasseurs, il est titulaire de la croix de Chevalier de Légion d’honneur. Son oncle Raoul Lehagre, capitaine au 1er Etranger, est mort au champ d’honneur le 9 mai 1915 lors d’un assaut à la tête de sa compagnie.
Dans sa prime jeunesse Yves suit les cours du Lycée de Troyes dont il est l'un des élèves les plus brillants.
En 1911, à l’âge de 17 ans, il s’engage dans la Marine nationale et entre à l'Ecole Navale.
En 1915 il embarque sur le contre-torpilleur "Branle-Bas" et il est promu Enseigne de Vaisseau de 2e classe au cours de cette même année.
Dans la nuit du 22 août1915 les contre-torpilleurs "Oriflamme" et "Branlebas" engagent le feu contre un croiseur allemand, dans son ouvrage "Sur les bancs de Flandre" Paul Chack relate l'attitude d'Yves lors de cet engagement :
"paré, commandant. Ce mot est décidément la devise du "Branlebas". Et l'on entend la voix de l'enseigne canonnier  Lehagre : -Gisement soixante degrés bâbord. Hausse 2500. Dérive 50. Lehagre a vingt ans tout juste et l'assurance d'un vieux canonnier. Tout à l'heure, il dirigera son feu avec l'aisance d'un officier de tir de Dreadnought opérant dans son blockhaus".
Le 30 septembre 1915, sur le banc de Flandre, à 2 miles au Nord de la bouée de Nieuport, l’hélice du "Branle-Bas" heurte une mine allemande, l’explosion provoque le déclenchement d’une des torpilles du bâtiment  qui sombre par l’arrière, entrainant  cinq marins dans la mort. Tandis que l’équipage embarque dans les canots, l’aspirant Yves Lehagre alors âgé de 21 ans, reste sur le navire en perdition près du commandant, le Lieutenant de vaisseau Edouard Wackernie, et du second, l’enseigne de vaisseau Le Franc. Ces trois  officiers organisent avec calme et efficacité l’évacuation du navire malgré la nuit noire et une mer difficile. Au cours de cet épisode, Yves se distingue par une action d'éclat relatée par le journal l’Ouest Eclair, édition de Caen n°6198 du mardi 2 mai 1916 :
"Un jeune Héros"
"Un jeune aspirant de marine, en ce moment à Cherbourg, a été décoré de la croix de la Légion d'honneur dans les circonstances suivantes :
l'aspirant Lehagre, fils d'un officier supérieur, était embarqué sur un torpilleur. Une nuit le bâtiment heurta une mine, et l'équipage n'eut que le temps de s'embarquer dans les canots, et jusqu'au dernier moment l'aspirant resta près du commandant.
Mais au moment où les canots vont s'éloigner, le jeune officier s'aperçoit que l'avant du torpilleur pointe hors de l'eau, laissant émerger les canons. Craignant que ceux-ci ne tombent au pouvoir d'un navire ennemi, il obtient de son commandant, l'autorisation de remonter à bord, et au risque de sombrer avec son bâtiment il déboulonne rapidement une cloison étanche et précipite l'engloutissement du torpilleur, qui bientôt disparaît pour toujours dans les flots. Il a heureusement encore le temps de regagner son canot. C'est une croix d'honneur bien gagnée."
Le journal "Le Matin" du 25 avril 1916 fait également état de ces évènements dans un article intitulé : "L'héroïsme d'un aspirant" (Voir photo de l'article ci-contre).

A la suite de ce haut fait d’armes, Yves Lehagre est cité à l’ordre de l’Armée navale par arrêté du Ministre de la Marine du 8 décembre 1915, avec la mention  "A dirigé avec beaucoup d'intelligence et sang-froid les différentes manœuvres  tentées pour sauver leur bâtiment, qui venait de sauter sur une mine, et le personnel. Déjà titulaire d'une proposition extraordinaire pour chevalier de la Légion d'honneur pour fait de guerre (Croix de guerre)".
Yves, alors âgé de 21 ans, est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur par arrêté du Ministère de la Marine en date du 8 décembre 1915. Il reçoit également la Croix de guerre.
Le 26 avril 1916, il est promu enseigne de vaisseau de 1re classe. A cette date il embarque sur le dragueur-canonnière "Belliqueuse".
 Au cours de cette affectation il contracte la grippe infectieuse qui règne alors à l’état épidémique dans la ville de Brest. Yves Lehagre décède le 14 février 1919 à l’hôpital maritime de Brest à l’âge de 24 ans. Il est élevé au grade de lieutenant de vaisseau à titre posthume.
Aujourd’hui l’une des artères principales de la ville de Sainte-Adresse en Seine Maritime porte le nom de l’Enseigne de Vaisseau Yves Lehagre, en mémoire de ce jeune et valeureux officier.

L'association recherche la famille ou toute personne susceptible de fournir des informations (lettres, photos...) concernant ce marin.

Il était Lieutenant de vaisseau.
Son unité : Belliqueuse
  • Légion d'Honneur (chev.)
  • Croix de Guerre 14-18 avec palme(s)
Il est décédé le 14 février 1919.
Son corps repose au cimetière de Sainte-Adresse(76)
Son décès est inscrit à la commune de Sainte-Adresse(76)
Document portant la mention MPLF : Mémoire des Hommes

Belliqueuse

Belliqueuse
9452
Lehagre
Sainte Adresse (76)
Seine Maritime
HF
180963,180965
Il a été décoré : Légion d'Honneur (chev.),Croix de Guerre 14-18 avec palme(s)
Acte de décès Brest 1919/291
D 11x15