Frédéric Le Mouillour Mémorial national des marins morts pour la France

Groupement Mixte du Trans-Bassac - Unité marine terrestre

CC-Mienville

Groupement mixte de Trans-Bassac

 

Le contexte

 

A la suite de la défaite de l’armée française de juin 1940, la France se résigne à signer avec l’Allemagne nazi, un armistice lui permettant de garder ses colonies qui ne présentent peu d’intérêt pour Hitler. Dans ces conditions, le Japon vise à s’installer au Tonkin. L’armée japonaise franchit alors la frontière chinoise et attaque des garnisons françaises, en septembre 1940. Cependant l’Empereur Hirohito ordonne le cessez le feu et la libération des prisonniers, en s’engageant au respect de la souveraineté française en Indochine qui sera tenue jusqu’au coup de force japonais de mars 1945. Rappelons que la France ne bénéficiera d’aucune aide des Américains, le président des Etats-Unis, Franklin D. Roosevelt refusant d’intervenir et ainsi « abandonnant les Français d’Indochine à leur sort ».

 

L’action du capitane de corvette Pierre Mienville (31/07/1900 – 11/01/1972).

En Indochine, lors du coup de force des Japonais du 9 mars 1945, le capitaine de corvette Pierre Mienville, désigné pour la Marine en Indochine en 1938, où il fut affecté jusqu’en 1947, doit saborder l’aviso Marne qu’il commandait pour ne pas le laisser aux mains des Japonais. Il rassemble alors tous les militaires qui se trouvaient dans la région ainsi que les équipages du bâtiment hydrographe La Pérouse, et du dragueur auxiliaire Capitaine Coulon, également sabordés, pour former le « Groupement Mixte du Trans-Bassac (nom donné de la plaine occidentale du Mékong) dont il prend le commandement afin de rallier la pointe de Camau qui donne dans le golfe du Siam, dans l’espoir d’être récupéré par les Américains de l’USNavy, ayant déjà repris les Philippines. Cet espoir sera déçu.

En effet, poursuivi par les Japonais, Pierre Mienville sera fait prisonnier et envoyé à Saigon jusqu’en septembre 1945, date de la capitulation du Japon.

Les bâtiments sabordés

 

La Marne était un aviso de type Aisne, mis en service en 1917, Il avait été mis aux ordres du CA commandant la marine en Indochine en 1933. En novembre 1942, la Marne sauve les rescapés du vapeur Canton, touché par une mine au cap Paradan. La Marne sera sabordé dans la rivière de Cantho le 10 mars 1945, il sera plus tard renfloué et achèvera sa carrière en 1957.

Le Lapérouse était un transport frigorifique de type Jacques Cœur mis en service en 1919. En 1920 il sera allongé de 12 m et transformé en bâtiment hydrographique. En janvier 1922, il appareille de Toulon avec l’Octant et l’Astrolabe pour l’Indochine. En mars 1945 peu avant l’attaque japonaise le Lapérouse est sabordé dans la rivière de Cantho.

Le Capitaine Coulon est un chalutier mis en service en 1939, réquisitionné à Saïgon il est affecté à la 57e section de dragage en tant qu’arraisonneur dragueur. Il sera déréquisitionné en 1941, puis réquisitionné à nouveau en décembre 1942 à Haïphong. Le 11 mars 1945 le Capitaine Coulon est sabordé dans la rivière de Cantho.

La fin héroïque de la chaloupe Saint Eloi

Devant la poussée japonaise, des marins issus des équipages des navires sabordés, des tirailleurs du III 1er RTA, des gardes civils et des gendarmes tentent d’organiser une ligne de défense à une quarantaine de km en arrière du Bassac. Le 18 mars 1945, une chaloupe, le Saint-Eloi avec 14 hommes à bord s’engage pour une patrouille sur le canal joignant Long-My à Nga-Ham. Le capitaine de gendarmerie Jean d’Hers dirige l’opération, il est accompagné du gendarme Deter, des seconds maîtres  Toullec et Martel, du quartier maître Guillou, du caporal Masmunster et de sept tirailleurs annamites. Le Saint-Eloi était armé d’un canon de 25 mm et d’une mitrailleuse Hotchkiss. Les hommes disposaient de trois mitraillettes Sten et de mousquetons. Vers 16h00, près de Tra Ban Nho, le Saint-Eloi tombe sur un fort détachement nippon. D’Hers fait aussitôt ouvrir le feu et réussi à couler une chaloupe japonaise; hélas lors d’une manœuvre d’évitement, le moteur du Saint Eloi, peu fiable, cale et le petit esquif au milieu du canal devient une cible facile pour les japonais qui sont au nombre de 200 sur les berges. Presque tous les hommes du Saint-Eloi sont mortellement touchés, dont le capitaine d’Hers fauché à la poitrine par une rafale de mitrailleuse, seuls quatre blessés survivront qui seront faits prisonniers par les japonais. Les cadavres des tués sont abandonnés sur le terrain et seront ensevelis selon le rite chrétien le lendemain par deux missionnaires du presbytère de Cai- Trau. Les combats dans le Trans-Bassac se poursuivront jusqu’au 26 mars.

 

(Le « Tranbassac » ou « Trans-Bassac » est une région historique de l’Indochine française, faisant partie de nos jours du Viêt Nam)

Sources :

Sur Wikipédia

Ecole.nav.traditions.free.fr/officiers_mienville_jean.htm

Transbassac

 

Sources :

sources: http://ecole.nav.traditions.free
.fr/officiers_mienville_jean.htm

photo Marne: "Pinterest"

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