Frdric Le Mouillour Mmorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 

Le nom du marin commence par :

Jacques Maurice Enaud

est né le 14 novembre 1921 à Saint-Gilles Croix-de-Vie (Vendée (85))

Jacques Maurice Enaud est le fils de Victor qui exerce la profession de comptable et de Marie Amélineau, couturière.

Jacques est  le benjamin d'une famille de 8 enfants. La famille est installée à Nantes dans le quartier de Chantenay. Dans sa prime jeunesse, Jacques à pour habitude de flâner sur les quais du port de Nantes où l'activité maritime intense  le fait rêver de voyages au long cours et de lointains pays exotiques. Dans ce temps d'avant guerre,  la famille se retrouve le dimanche à Trentemoult sur les bords de la Loire et Jacques participe avec plaisir à ces retrouvailles en compagnie de sa mère et de ses sœurs et frères.

A 17 ans, le 1er février 1939 à Nantes, Jacques contracte un engagement volontaire de 5 ans  dans la Marine. Il est incorporé comme matelot de 2e classe sans spécialité à la base navale de Lorient.

A l'issue de sa formation militaire initiale en mars 1939, il embarque sur le cuirassé école "Paris" en vue de l'obtention du Brevet de spécialité de chauffeur. Il débute alors le dur apprentissage de la chauffe  au charbon et participe aux opérations d'approvisionnement manuel du navire et à la mise en pression constante des chaudières. Ce travail à fond de cale, ingrat et pénible, au contact direct des matières incandescentes par mer parfois agitée,  est rendu supportable par l'ambiance et la camaraderie  dans l'équipe de chauffeurs. Cela convient parfaitement à Jacques et à son esprit d'équipe.

En juin 1939 il embarque sur le cuirassé "Courbet" qui appareille de Toulon pour rejoindre Lorient via Casablanca.

Le 1er décembre 1939, il termine sa formation et reçoit le brevet élémentaire de chauffeur.

Le 14 janvier 1940 il est affecté sur le cuirassé "Richelieu", fleuron de la flotte Française. Jacques participe aux multiples sorties du bâtiment pour des exercices de mise au point depuis la base navale de Brest jusqu'à la réception définitive du navire par la Marine.

Le 18 juin 1940, le cuirassé "Richelieu" appareille de Brest, avec un équipage réduit à 1348 hommes, avant l'arrivée des troupes d'occupation allemandes et met le cap sur Dakar où il arrive le 23 juin. Dans cette période de grand trouble les équipages suivent les décisions de leur commandement ; cependant Jacques souhaite se désengager de ses liens militaires et entreprend une démarche auprès des autorités en déposant une requête comme "soutien de famille" auprès de sa mère car son frère  aîné Victor, célibataire, qui subvenait en grande partie aux besoins de la famille, a été réquisitionné par l'occupant pour le travail forcé en Allemagne.

Le 9 février 1942, contrairement à sa demande, Jacques est muté sur l'aviso colonial "D'entrecasteaux" en partance pour l'extême-Orient via Madagascar.

Début mai 1942 la marine britannique déclenche l'opération "Ironclad" menant une action  aéronavale d'envergure contre la flotte française stationnée à Diégo-Suarez.

La famille, plongée dans l'angoisse, restera sans nouvelle de Jacques jusqu'en juillet 1943, ce long silence porte à croire qu'il a disparu dans l'enfer de Diégo-Suarez.

En réalité Jacques et 1000 autres marins français sont faits prisonniers par les Britanniques à Diégo-Suarez et placés devant l'alternative de demeurer prisonniers ou de reprendre le combat dans les rangs des alliés. Jacques choisit alors cette deuxième solution. Il est alors affecté comme mécanicien graisseur sur le paquebot "Président Doumer", navire des Messageries Maritimes réquisitionné et naviguant sous pavillon Britannique comme transport de troupes. Jacques est alors sous statut de marin des FNFL.

En ce mois d'octobre 1942, le "Président Doumer" rentre en Grande-Bretagne pour y subir des réparations. Il est incorporé dans un convoi  quittant Freetown en Sierra Leone, comprenant 36 navires.

Du 27 au 30octobre, dans le nord des iles Canaries, une meute de 8 sous-marins allemands attaque sans relâche le convoi. Le paquebot "Président Doumer"  est torpillé le 30 octobre 1942, en début de soirée, entrainant dans la mort Jacques Enaud et 259 autres personnes dont 36 membres de l'équipage.

La famille  n'est avertie du décès de Jacques qu'en juillet 1943 et c'est une lettre de la Croix-Rouge Britannique datée  du  30 octobre 1943 qui confirme la disparition en mer de Jacques sans préciser les circonstances.

Après  la libération, d'autres informations parviennent à la famille mentionnant le décès de Jacques sur le paquebot "Président Doumer". La confirmation définitive sera donnée le 12 février 1946 par la communication du jugement rendu le 19 décembre 1945 par le tribunal de Marseille qui déclare constant le décès de Jacques "Mort pour la France".

Jacques est cité à l'ordre du régiment.

Il était Matelot chauffeur - graisseur.
Son unité : Président Doumer
  • Croix de Guerre 39-45
  • Médaille Coloniale
  • Citation à l'Ordre du Régiment
Il est décédé le 30 octobre 1942.
Porté disparu
Son décès est inscrit à la commune de Saint-Gilles Croix de Vie (85)
Document portant la mention MPLF : Extrait des minutes du Tribunal de Marseille ayant statué le 19/12/1945

Président Doumer

Paquebot Président-Doumer-01

Le "Président Doumer" est un paquebot de type nautonaphte (néologisme voulant dire : navire à moteur par  opposition à navire à vapeur) du même  type que les paquebots "Jean Laborde" et "Maréchal Joffre". Jaugeant 11 898 tx, il a été mis en service en 1933 sur la ligne d'Extrême-Orient.

En 1940, le commandant du "Président Doumer", le second et le chef mécanicien décident de rejoindre les Forces Navales Françai...

Président Doumer
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Enaud
Saint-Gilles Croix-de-Vie
Vendée (85)
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Il a été décoré : Croix de Guerre 39-45,Médaille Coloniale,Citation à l'Ordre du Régiment
Acte de naissance N° 30
B 15x21