Frdric Le Mouillour Mmorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 

Le nom du marin commence par :

Jean Henri Louis Debos

est né le 09 août 1909 à Le Pouzin (Ardèche (07))

Jean Henri Louis est le fils aîné d'Edouard Joseph, âgé de 28 ans, et de Marie Eugénie Moulin, son épouse, de 3 ans, sa cadette. Marie Eugénie se consacre à sa famille : après Jean Henri Louis, viendront au monde Marie, en 1912, Joseph, en 1914, Marcel, né en 1916, et mort pour la France en 1944.

Edouard est ouvrier à l'usine de Le Pouzin, probablement aux fonderies. Située au cœur de l'axe rhodanien, à 25 kilomètres au sud de Valence et 25 kilomètres au nord de Montélimar, cette commune se trouve sur la rive droite du Rhône, au débouché de la vallée de l'Ouvèze. Le lieu est connu depuis la Préhistoire.

Comme partout en Ardèche, il y a des magnaneries, ou séricicultures, élevages de vers à soie.

La région de Privas connaît, jusqu’en 1869, l’activité propre aux régions minières : cette année-là, on extrait 260 000 tonnes de minerais de fer, soit 9,5 % de la production totale de la France. Au Pouzin, à La Voulte-sur-Rhône, six hauts fourneaux sont à feu.

La ligne ferroviaire de Privas, inaugurée en 1862, aujourd'hui démantelée, avait pour objectif de favoriser l'essor de cette industrie.

Mais les lentilles de minerais s'épuisent assez vite, et les fourneaux s'éteindront progressivement, pour s'arrêter en 1929. Edouard Debos n'attend pas, et trouve du travail à Pont-Saint-Esprit, dans le Gard : il est ouvrier fondeur, et le pont du Gard a été consolidé par des arches en fonte, qu'il convient de contrôler régulièrement.

Entouré des siens, le petit Jean Henri Louis vit heureux dans ce cadre magnifique. Hélas ! La Première Guerre mondiale interrompt brutalement la sérénité de son enfance : son père est mobilisé. A 5 ans à peine, il est l'aîné de 3 enfants, dont le dernier n'est qu'un bébé.

Son père reviendra du front, et sera embauché cette fois à la compagnie de L'Horme, petite commune minière de la Loire, située à 30 km de Saint Etienne, proche de Saint-Chamond. Est-ce à Saint Etienne que le jeune Jean Henri Louis a suivi sa formation post primaire ? Lorsqu’il est appelé sous les drapeaux, il exerce la profession de monteur en calorifère. A cette période, les immeubles bourgeois commencent à être équipés de radiateurs en fonte, et c'est le début de ce que l'on a appelé depuis le chauffage central.

Depuis 1928, et jusqu’en 1935, la durée du service militaire est réduite à une année. Jean Henri Debos rejoint le "5e Dépôt" à Toulon le 15 octobre 1930. Il y reste 28 jours, avant de partir à Bizerte, où il fera partie de la "Compagnie de garde de Sidi Abdallah", chargée de la protection des installations militaires côtières. Le 15 octobre 1931, il est rendu à la vie civile.

Sans doute a-t-il gardé le goût de la mer et du large : on le retrouve ensuite à Lorient, qui sera d’ailleurs son dernier domicile. C’est là qu’il rencontre Éleonore Le Maout, une jeune Finistérienne de deux ans sa cadette. Orpheline très jeune, benjamine de sa fratrie, sans doute a-t-elle été élevée par ses frères et sœurs, dont deux au moins vivent à Lorient.

Ils se marient le 22 décembre 1934.

Ils auraient pu couler des jours heureux, mais le destin en décide autrement.

La seconde guerre mondiale est déclarée, et le matelot Jean Henri Louis Debos est mobilisé le 13 septembre 1939. Dans un premier temps, il sera rendu à sa famille, pour être à nouveau rappelé le 11 avril 1940 au dépôt de Toulon.

Le même jour, il embarque à bord du cuirassé "Bretagne", qui quitte Toulon pour Oran le 15 avril. Le 3 mai, la deuxième division de ligne dont il fait partie gagne Alexandrie, et participe à des exercices avec la "Mediterranean Fleet" anglaise.

Le 27 mai, le cuirassé "Bretagne" rejoint Mers-el-Kebir sous les ordres du Vice-Amiral d’escadre Gensoul.

Le 3 juillet 1940, Churchill lance l’opération "Catapult". Touché, le cuirassé "Bretagne", prend feu et chavire.

Jean Henri Louis Debos ne fera pas partie des très rares survivants.

Il a seulement 30 ans.

Il est cité à l’ordre du Corps d’armée à titre posthume avec la mention suivante : "Tombé glorieusement pour la France à son poste de combat".

Quatre ans plus tard, son jeune frère Marcel donnera à son tour sa vie pour la France.

Le nom de Jean Henri Louis Debos est inscrit au monument aux morts du Pouzin.

Il était Matelot.
Son unité : Bretagne (cuirassé)
  • Médaille Militaire
  • Croix de Guerre 39-45 avec étoile (s)
  • Citation à l'Ordre du Corps d'Armée
Il est décédé le 03 juillet 1940.
Porté disparu
Son décès est inscrit à la commune de Toulon (83)
Document portant la mention MPLF : Jugement de décès

Bretagne (cuirassé)

Cuirassbretagne

Bretagne : cuirassé construit à Brest en 1916. Après la capitulation signée par le maréchal Pétain, pour éviter qu'elle ne tombe entre les mains des Allemands, Churchill décide de détruire la flotte française qui stationne à Mers-el-kébir (6 km d'Oran) : opération Catapult. Les négociations entre les amiraux Somerville (anglais) et Gensoul (Français) échouent...

Bretagne (cuirassé)
184328
Debos
Le Pouzin
Ardèche (07)
HE
NULL
Il a été décoré : Citation à l'Ordre du Corps d'Armée,Croix de Guerre 39-45 avec étoile (s),Médaille Militaire
Jugement de décès 1941/26
C 12x17