Frdric Le Mouillour Mmorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 

Le nom du marin commence par :

Théophile Le Guen

est né le 19 juin 1883 à Crozon (Finistère (29))

C'est le quatrième enfant de Théophile Le Guen, cultivateur, 37 ans, et de Marie Yvonne Tréguer, 33 ans, son épouse, l'un et l'autre cultivateurs. Des neuf enfants du couple, seuls Théophile et Joséphine, née en 1885, survivront.

Marie Yvonne, la maman de Théophile, décède en 1891, à l'âge de 41 ans peut-être en mettant au monde leur dernier enfant, Joseph, mort à la naissance. Son époux Théophile la suit dans la tombe un an plus tard, en 1892, à 45 ans.

Le jeune Théophile a 9 ans, sa sœur Joséphine 7 ans.

Seuls au monde ?

Non !

Nicolas Le Guen, le jeune frère de son père vient d'épouser Véronique Carn, 32 ans. Le jeune couple accueille Théophile à son foyer : il sera leur fils, et le grand frère de leur petite Marie Angélique, née en 1893

Comme son frère aîné, Nicolas vit à Crozon, et Théophile demeurera dans cette commune littorale où il a passé ses neuf premières années. Connue dès l'Antiquité, la commune est reliée à Camaret, port voisin, par une voie romaine. Elle gardera son importance durant le Moyen-Âge, et recevra de Rome, au XVIème siècle, les reliques des "dix mille martyrs,", qu'honore un retable à l'église paroissiale. En 1778, la paroisse de Crozon est considérée comme une paroisse importante, "l'une des plus riches du diocèse".

Quand naît le jeune Théophile, la commune a près de 8300 habitants, alors que Camaret, la commune voisine, n'en compte que 2000.

Où a été scolarisé Théophile ? Pas à l'école communale de Crozon, qui a brûlé en 1882, et ne sera reconstruite que des dizaines d'années plus tard.

Quoi qu'il en soit, le 21 juin 1898, âgé de 15 ans seulement, il embarque comme mousse à bord de la chaloupe "Deux sœurs" immatriculée à Camaret pour deux saisons de six mois.

Le 1er juin 1900, il fait partie de l'équipage du "Jeune Albert", jusqu'à la fin de l'année. La petite pêche, qui voit le retour quotidien des marins, ne s'effectue que durant l'été et l'automne, les chaloupes n'étant pas équipées pour des sorties hivernales.

L'embarquement suivant se fera sur le "Lys du Portugal", du 6 juillet au 24 octobre 1902.

Aîné d'orphelins, il pourrait être dispensé de la levée permanente. Il y renonce, et est incorporé le 13 juin 1903 au dépôt de Brest comme matelot de 3e classe. Après six mois de formation, il est affecté à la "Défense mobile de Saint Servan", qui comprend surtout des torpilleurs, pour une période de 9 mois, durant laquelle il sera nommé matelot de 2e classe. A l'occasion, il embarque à bord d'un torpilleur à la recherche de navires égarés. Il participe également à l'accueil des torpilleurs de Cherbourg, tous les 3 mois, un moment d'intense activité. Il apprécie beaucoup Saint Servan, qui est, de plus, un lieu de passage durant l'été. Il naviguera ensuite avec la "1re flotte de torpilleurs de la Manche", du 1er octobre 1905 au 22 juin 1907. Il se plaît moins au dépôt de Cherbourg, et attend avec impatience un embarquement.

Lors de son affectation à Cherbourg, son temps de service est insuffisant pour qu'il puisse être admis à la réserve. Il sera alors autorisé à compléter sa période obligatoire de service à l'état, qui est de 3 ans à cette époque, à bord du garde-côte "Requin", basé à Cherbourg. Le 14 juin 1908, libéré de ses obligations militaires, il s'engage dans la Marine nationale, et c'est en tant que quartier-maître breveté charpentier, le 1er avril 1907, qu'il achève son embarquement sur le "Requin".

Le 27 octobre 1908, il est inscrit au rôle de la canonnière "Peï-Ho", et le restera 26 mois. Quelle expédition ! Il quitte à la fin octobre Marseille pour Saïgon, d'où il rejoindra Shangaï à bord d'un long courrier. De là, il poursuivra encore vers le nord, pour parvenir à Tong Kou le 23 décembre. Après une nuit de train il parviendra enfin à son poste.

Pendant la guerre des Boxers, la marine avait créé à Tong kou, à l'embouchure du fleuve Peï Ho, un centre administratif destiné à servir de base de transit pour les transports maritimes à destination de nos forces d'occupation. Cet organisme, devenu inutile, est supprimé en 1905, et remplacé par le remorqueur de Tong kou, le "Lieutenant Contal"', transformé en canonnière (3 canons revolvers) et rebaptisé "Pei-Ho".

Le "Peï-Ho" sera abordé à plusieurs reprises alors qu'il est à son appontement.

La rigueur du climat le sidère : - 19° l'hiver, des étés "rudement chauds", d'autant plus qu'il doit parfois accomplir de longues marches, ou effectuer des gardes de nuit en extérieur.

Après son retour de Chine, juste avant Noël 1910, il restera un mois au dépôt de Toulon et six mois au dépôt de Brest, avant de revenir à Toulon qu'il quittera le 10 septembre 1911 pour Madagascar. Le paquebot effectuera une escale de 12 jours à Oran, et parviendra à Diego-Suarez le 24 octobre. Durant les deux années passées là-bas, il affrontera en novembre 1912 un cyclone qui l'impressionnera beaucoup : dans une lettre à son oncle, il explique que la caserne a été détruite, et des navires coulés, que les habitants ont perdu leur logis. Il participera à la reconstruction "je fais tous les métiers", écrit-il.

 A la mi-octobre 1913, il sera de retour à Toulon, et restera 4 mois au dépôt de Brest : il pourra passer Noël 1913 en famille.

Le 1er mars 1914, il fait partie de l'équipage du croiseur cuirassé "Léon-Gambetta", basé à Toulon. Le croiseur mène la seconde division légère lors des manœuvres associées.

Le 3 août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la France.

La flotte quitte Toulon pour Bizerte, avant de gagner l'Adriatique.

Dans la nuit du 26 au 27 avril 1915, le sous-marin autrichien U5 torpille à deux reprises le croiseur cuirassé.

Théophile Le Guen figure au nombre des 684 victimes.

Son corps ne sera jamais retrouvé.

Il allait avoir 32 ans.

Son nom est gravé sur le monument aux morts de Camaret.

Il était Quartier-maître.
Son unité : Léon Gambetta
  • Médaille Militaire
  • Croix de Guerre 14-18 avec étoile (s)
  • Médaille commémorative de la Grande Guerre
  • Citation à l'Ordre du Régiment
Il est décédé le 27 avril 1915.
Porté disparu
Son décès est inscrit à la commune de Brest (29)
Document portant la mention MPLF : Jugement décès 1916/73

Léon Gambetta

835452gambetta0

Le "Léon Gambetta", construit à l'arsenal de Brest (29), était un navire d’une longueur de 146,50m, une largeur de 21,40 m au maître-bau, un tirant d’eau de 8,20 m, il avait un déplacement de 12600 tonnes. La propulsion était assurée par 3 machines à vapeur regroupant 28 chaudières qui assuraient une puissance de 28500 cv.

Le "Léon Gambetta...

Léon Gambetta
184394
Le Guen
Crozon
Finistère (29)
HE
NULL
Il a été décoré : Citation à l'Ordre du Régiment,Croix de Guerre 14-18 avec étoile (s),Médaille commémorative de la Grande Guerre,Médaille Militaire
Jugement Décès 1916/73
A 21x27