Frdric Le Mouillour Mmorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 

Le nom du marin commence par :

Jacques Marie Normand

est né le 09 juillet 1875 à Plouguerneau (Finistère (29))

Fils de François, 35 ans pêcheur et de Marie Jeanne Riou 32 ans ménagère, Jacques Marie naît et passe son enfance à Kergoff puis Mogueran en Plouguerneau.

Ses études se terminent au certificat d'études et c'est tout naturellement qu'il devient inscrit maritime à Roscoff, comme son père, le 21 juillet 1893. Il effectue quelques marées comme matelot sur "La Biche" entre Plouguerneau et Roscoff jusqu'en juillet 1895.

 Le 18 juillet, malheureux au tirage au sort des conscrits de l'époque, il rallie le"2é dépôt des équipages de la Flotte" à Brest pour y effectuer son service militaire pendant 3 ans. Ses classes effectuées, il embarque sur le croiseur école"Iphigénie" des aspirants de l'"Ecole Navale" jusqu'en 1898 . Après un court passage au "2é dépôt" il rallie le cuirassé "Redoutable" pendant un an et est libéré de ses obligations le 18 novembre 1899.Il reprend alors son métier de marin pêcheur sur le "Saint Laurent" comme matelot effectuant ses marées entre Plouguerneau et la criée de Roscoff.

Le 1er octobre 1900 à 25 ans, il épouse Marie Jeanne Le Ven, 18 ans couturière, qui lui donnera 8 enfants. La famille habite alors au lieu-dit Saint Laurent. Atteinte de la tuberculose, Marie la transmet à plusieurs de ses enfants, et décède prématurément.

 Jacques apprend vite et a le sens des responsabilités, c'est pourquoi en décembre 1901 il embarque sur le "Suzanne Michel" maintenant comme patron.

Puis suivent au gré des marées, des passages sur le "Louise" , "Suzanne Michel", "Kéa Goustadic", et "Jouet des flots". Il adore son métier et son rôle de patron le ravit.

Mais le 6 août 1914, c'est la mobilisation, il est rappelé sous les drapeaux et après un passage au "2é dépôt", il se retrouve à Lyon le 5 février 1915 au "6é régiment d'infanterie coloniale". Cependant  c'est sur la "bataille des Flandres" que son régiment est engagé.

Quatre ans après le 15 mai 1918, rescapé de l'enfer des tranchées, il est enfin libéré. Jacques aura ainsi servi la France pendant 7 ans. 

Heureux de retrouver la mer et ses bateaux, c'est sur le "Suzanne Michel" qu'il reprend du service et ses marées. Sans discontinuer il embarque ensuite sur le "Jouet des flots" puis le "Kreiz Mor" jusqu'au 19 août 1925 où il prend sa retraite.

Mais pour sa famille nombreuse il doit continuer de travailler et c'est maintenant à son compte qu'il pêche sur son bateau personnel.

Le 12 octobre 1932, il épouse en seconde noce à 57 ans Jeannie Le Ven, 38 ans couturière, qui lui donnera une fille Jeannine. Ils habitent alors au lieu-dit Croas Al Lan.

Jacques part tous les jours relever ses casiers, ses filets et pêcher le poisson. Jeannie dès son retour s'installe sur les marches de la maison, avec sa balance, et vend ses crustacés et son poisson.

Mais la guerre est déclarée, les allemands occupent Plouguerneau.

Dans son livre "La guerre en mémoire" Yves Bramoullé relate bien le destin funeste de Jacques.

"Ce matin-là, dans le secteur de Saint-Michel et du Vougot, les tirs de mitrailleuses durèrent près d'une heure. En mer, le long des côtes , les exercices de tirs sont particulièrement nombreux, non sans dangers pour les gens de mer. Et l'équipage d'un petit caseyeur du Koréjou va vivre une dramatique aventure. Ce matin-là, Jacques Normand et son frère François relèvent leurs casiers sur les hauts fonds de Pil en Ed, face à l'ancien sémaphore de Kérizoc où les Allemands ont installé une importante station de détection, lorsque soudainement ils sont pris sous le feu d'une mitrailleuse. Jacques Normand, 68 ans, est mortellement atteint, son frère en sort indemne. Balles aveugles lors d'un exercice de tir? Equipage pris pour cibles à quelques encablures d'une station allemande très protégée? Nul ne le saura jamais!"

 

Jacques meurt donc le 20 juillet 1943, son frère terrassé par ce drame se terrera dans un mutisme permanent, le bateau quant à lui sera vendu à un cousin.

Jacques laisse derrière lui une femme éplorée, avec de maîgres ressources qui doit se battre pour obtenir une pension et une petite fille de 7 ans inconsolable.

 

Mais les malheurs de cette famille continuent, car après la mort de son petit-fils Jean Léost le 03 juillet 1940 à Mers El Kébir sur le cuirassé "Bretagne", c'est son fils Sezni embarqué sur le contre-torpilleur "Terrible" qui meurt lui aussi noyé à Alger le 25 décembre 1943.

Le nom de Jacques figure sur la stèle particulière des fusillés et ceux de Jean et Sezni sur le monument aux morts de Plouguerneau.

Il était Patron-pêcheur.
Son unité : Jeannic
Il est décédé le 20 juillet 1943.
Son corps repose au cimetière de Plouguerneau (29)
Son décès est inscrit à la commune de Plouguerneau (29)
Document portant la mention MPLF : Acte de décès

Jeannic

Jeannic
184420
Normand
Plouguerneau
Finistère (29)
HE
NULL
Il a été décoré : Aucune médaille
Acte de décès N°54/1943
C 12x17