Frdric Le Mouillour Mmorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 

Le nom du marin commence par :

Ecole de Pilotage de Bizerte 1941_1942 - Ecole de spécialité

Chamois

Les Pilotes de la Flotte restent dans la mémoire de tous les marins de la "royale" comme des modèles de compétence en navigation. Cette compétence était acquise suite à des études longues au sein de l'Ecole des Pilotes de la Flotte.

 

L'idée de créer une Ecole de Pilotage de la Flotte est née des difficultés que la Marine Nationale éprouvait, vers 1856 et antérieurement, dans le recrutement des pilotes côtiers expérimentés et permanents.

L’initiative et la ténacité du capitaine de vaisseau Moulac qui commandait en 1861 les trois stations de petits bâtiments affectés à la surveillance des pêches en Manche et en Mer du Nord, firent qu'une décision ministérielle du 23 mai 1862 de Monsieur CHASSELOUP-LAUBAT, alors Ministre de la Marine, ordonna de constituer, à bord de chaque bâtiment des trois stations navales, de véritables écoles de pilotage.

Les premiers élèves (une quinzaine) furent recrutés en fin de 1862 et installés à terre, à Honfleur, dans une partie des locaux de l’école d’hydrographie, rue Haute. C'est l’origine de notre école de pilotage. La première tournée de pilotage fut effectuée à bord de l’aviso Bisson, commandé par le capitaine de vaisseau Moulac, au printemps de 1863, entre Dunkerque et Lorient, puis les élèves furent répartis sur les bâtiments des divisions du littoral nord. Leur instruction y fut mal dirigée et mal contrôlée. Le pilote-major Hedouin, qui connut cette époque, prétendait que les élèves faisaient plus de fourbissage que de pilotage.

LES PILOTES

Un décret du 4 mars 1878 changeait le corps en spécialité. Ce décret suivi du règlement du 5 mars répartissait les pilotes en trois classes. Les élèves ayant satisfait aux divers examens successifs obtenaient à la sortie de leur école le brevet de pilote de 3ème classe. Ils pouvaient obtenir le brevet de pilote de 2ème classe à la suite d'un examen après deux années de service à la mer et devaient alors être capables de piloter un bâtiment à voile ou à vapeur dans tous les chenaux et dans tous les ports compris entre Dunkerque et le Raz de Sein, s'ils sortaient de l'école du Nord, entre l’île Vierge et Saint Jean de Luz s'ils sortaient de l’école de l'ouest. Ils pouvaient obtenir le brevet de pilote de 1ère classe après quatre nouvelles années de service à la mer, sur proposition de leur commandant ou après être passés par les deux écoles.

Ayant d' abord été un corps, les pilotes portaient leurs insignes sur le col :

  • •     Pilote de 1ère classe : ancres doubles croisées dorées, surmontées d'une étoile dorée.
  • •     Pilote de 2ème classe : ancres doubles croisées dorées, surmontées d'une étoile d'argent
  • •   Pilote de 3ème classe : ancres doubles entrecroisées.

Les pilotes de 1ère et 2ème classe étaient assimilés aux premiers-maîtres, ceux de 3ème classe aux second-maîtres. (Le grade de maître ne fut créé qu'en 1908).

Le port des insignes demeura jusqu'au décret du 30 avril 1897 qui stipula le port du même insigne (celui du pilote de 1ère classe) pour tous les pilotes.

Le fonctionnement de l’école fut interrompu en raison de la première guerre mondiale, d’août 1914 à août 1919. A sa réouverture, l’école se vit réaffecter le Chamois et ses deux cotres Mutin et Railleur, plus un vieux torpilleur l'Audacieux remplacé en 1920 par l'Alerte, navire plus rapide qui permettait de développer l’enseignement de la navigation pratique plus loin de la côte avec atterrissages.

En raison de la deuxième guerre mondiale, le fonctionnement de l’école fut à nouveau interrompu de septembre 1939 à avril 1946.

Peu après l’armistice de 1940, la marine obtenait l’autorisation de rouvrir ses écoles de spécialités. La réouverture de l’école de pilotage ne pouvait être envisagée, en raison de l'impossibilité de faire naviguer un bâtiment sur les côtes nord et ouest de la France. Le C.F Dyevre, commandant la Marine en Tunisie et ancien commandant de l’école, proposait, à la fin d’août 1940, que tous les anciens élèves de l’école soient rassemblés à Bizerte, pour les préparer à obtenir dès que les circonstances le permettraient, leur brevet de pilote et de les utiliser, en attendant, comme chef de quart sur les bâtiments armés.

Il obtint donc l’autorisation du département au début de l’année 1941. Les 29 élèves et 5 second-maîtres pilotes en stage furent rassemblés, en mars et avril 1941, et installés dans les locaux du centre de sous-marins à Bizerte. L’instruction commença le 1er mai 1941, sous la direction du

commandant Dievre. Un examen eut lieu en septembre, à l’issue duquel les second-maîtres stagiaires furent reconnus admissibles au grade de maître. Les élèves de 3ème année et 4ème année furent versés au service général pour être utilisés en tant que chef de quart. Les élèves de 1ère et 2ème année furent maintenus en instruction jusqu' au 1er octobre 1942, date à laquelle intervint la dissolution du groupe qui s'intitulait "Groupe des élèves pilotes de Bizerte".

 

L’opération Torch

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, l'Afrique du Nord française (départements d'Algérie, protectorats du Maroc et de la Tunisie) était placée sous l'autorité du gouvernement de Vichy, lui-même inféodé à l'occupant allemand.

Le 8 novembre 1942, les forces américaines, soutenues par la flotte et l’aviation anglaises, attaquent les pôles français d’Afrique du Nord. Le maréchal Pétain décide alors de rompre les relations politiques de la France avec les Etats-Unis. Les Américains, placés sous les ordres du général Eisenhower procèdent à des débarquements en Algérie, à Sidi-Ferruch, près d’Alger, et à Oran, au Maroc, où Casablanca, Fédala et Port Lyautey subiront l’assaut, ainsi qu’en Tunisie. En application des ordres de Vichy, les forces de terre, de mer et de l’air, restées attachés à Pétain, doivent résister aux Alliés. A Bizerte, les Américains bombardent les sites industriels et portuaires, l'arsenal de Sidi-Abdallah et "La Pêcherie", site de l'école de pilotage.

 

 

Malgré plusieurs fortes alarmes quant à sa survie en 1946 et 1951, l’Ecole de Pilotage vécut encore 19 années. En 1953 cependant, la durée des cours fut ramenée de quatre à trois ans et pour alléger la charge des élèves ; on vit apparaître les photocopies de cartes réduites et les plans de ports imprimés. En août 1964 tombait la décision fatale : l’Ecole n’avait plus qu'un an à vivre et devait être définitivement fermée, le 1er août 1965, alors que la France s'était retirée du commandement de l’OTAN, et qu'elle se tournait vers la force de dissuasion nucléaire.

Les pilotes de la flotte brevetés continuèrent à porter leurs insignes, jusqu'à extinction bien qu'un décret de février 1967, créant la spécialité de "chef de quart", leur attribua aussi cette appellation, (avec mention pilote). Le dernier pilote de la flotte cessa son activité le 20 septembre 2000.

Ainsi s’achevait, dans une certaine nostalgie, plus d'un siècle d'histoire de pilotage

Sources :

Source : texte de Philippe Arzel, ancien pilote de la flotte 

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 http://dossiersmarine4.org/gm_pilot.htm

 

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