Frdric Le Mouillour Mmorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 

Le nom du marin commence par :

Alexandre Joseph Le Guern

est né le 19 mars 1893 à Trégastel (Côtes-d'Armor (22))

C’est le fils de Jacques Marie, 37 ans et de Marie Louise Le Brozec, née à Perros-Guirec et épousée à Trégastel le 17 août 1881. Le couple a déjà 4 enfants : Jules, né en 1884, qui deviendra capitaine au long cours, Jeanne, 1886, Toussaint, 1888, Ange, 1890 ; Alexandre sera le cinquième et dernier de la fratrie.

A cette époque sa commune natale, 1200 habitants, comprend ici et là de très nombreux hameaux, souvent réduits à une ferme ou deux, et deux pôles, le bourg organisé en altitude (65 m) autour de l'église paroissiale, et Sainte Anne bord de mer que fréquentent quelques touristes fortunés.

On trouve également des habitations d’estivants sur le littoral et l’Ile Renote, ainsi que déjà quelques hôtels. La route centrale, aujourd’hui route du Bourg prolongée en rue Abbé Bouget, relie ces deux centres.

La population, peu fortunée, se partage essentiellement entre marins et agriculteurs, avec bien sur quelques notables. On note aussi des marins cultivateurs … pour boucler le budget en toutes saisons.

La famille réside au hameau de Picherel, où se trouve aujourd'hui le groupe scolaire. Ce n'est toutefois pas celui qu'a fréquenté Alexandre, mais l’ancien, situé à moins d'un km de là en direction du bourg, dans le secteur de Golgon connu pour sa chapelle sans doute du 16° siècle.

Picherel abrite l’immeuble de la Fondation Foucher de Careil, érigé fin du 19° siècle. C'était un sanatorium lorsque le jeune Alexandre était enfant, et courait le long des grèves. Par la suite colonie de vacances et maintenant résidence Ker Saint Vincent, cette bâtisse a fait fonction d’hôpital militaire complémentaire durant la Première guerre, comme plusieurs autres établissements hôteliers ou de soins de la commune.

Dans le même secteur, la rue Palacret évoque un édifice ou étaient soignés les miséreux, nom que l'on retrouve dans de nombreuses communes et régions.

Un second établissement de soins, d'hébergement et d'éducation, le Castel Sainte Anne, a été érigé vers la même époque un peu en altitude en front de mer, en surplomb du Coz Porzh. Edifié pour une clientèle chic, il est aujourd'hui un centre de vacances Belhambra.

 Particularité du Coz Porzh à l’époque : la présence d’une chapelle « troglodyte », mise en place par l’Abbé Bouget sous un chaos granitique, presque en front de mer afin que les marins puissent y rendre grâce ou solliciter la protection divine. Répertoriée comme «Coz Ilis», elle est désormais intégrée dans le complexe de l’Aquarium marin.

Alexandre a-t-il eu l'occasion de côtoyer les enfants des grandes villes venus se soigner à Trégastel et de se réjouir de vivre dans un si bon environnement ?

Sa jeune vie est hélas bientôt endeuillée par le décès de son père. D'abord engagé dans la Marine, Jacques Marie choisit la pêche 7 ans plus tard afin d'être plus près des siens. Lorsqu'ils le perdent, il a 48 ans. Si les aînés sont déjà adultes, Alexandre n'est encore qu'un écolier de 11 ans, et il poursuivra sa scolarité jusqu’à l’obtention du certificat d’études.

A l'âge de 16 ans, le 11 juin 1909, il embarque comme novice à bord du "Jean Bart", un bateau de pêche. Ce premier embarquement sera suivi de bien d'autres, d'une durée de un à quatre ans, jusqu'au 9 mars 1911.

Sa mère est décédée en 1910. Est-ce sa sœur Jeanne, de 7 ans son aînée, qui s'occupe de lui à partir de cette époque ? C'est en tout cas à elle qu'il délègue sa solde lorsque le 10 avril 1911 il s'engage dans la marine à l'âge de 18 ans.

Il se formera aux centres de Brest, Lorient, Toulon, avant d'embarquer le 25 août 1911 à bord du cuirassé "République", affecté à la "2e escadre" (d'abord 2e puis 1ère division), puis du "Calédonien", à cette époque annexe de l'école des fusiliers à Toulon (5 mois).

Le 1er avril 1912, il embarque à bord du croiseur cuirassé "Léon-Gambetta", construit à Brest où il a été lancé en 1902, un navire récent de plus de 12000 t, propulsion à vapeur, armé en 1903 de 16 canons. Sa mission, en 1912 ? La surveillance des côtes méditerranéennes, de Toulon où il est basé à Bizerte, Tunis, mais aussi Constantinople où le "Léon-Gambetta" assure la présence française lors de la guerre turco-balkanique, du 31 octobre 1912 au 12 avril 1913. Le cuirassé regagne ensuite Toulon, d'où il poursuit ses rondes en Méditerranée avant de participer aux manœuvres associées en juillet 1914.

Le 3 août 1914, c'est la guerre : l'Armée navale en ordre de marche quitte Toulon pour Bizerte, puis l'Adriatique, où l'Autriche-Hongrie a des ports. L'ennemi évite le combat, et le "Léon-Gambetta" participe au blocage du canal d'Otrante, afin d'empêcher la jonction avec les Dardanelles.

Alors que le cuirassé effectue sa dernière nuit de ronde avant de passer quelques jours à Malte, sa route croise celle du sous-marin autrichien U5. Le 27 avril 1915 peu après minuit, le "Léon-Gambetta" bascule et disparaît dans les flots, cassé en deux par les deux torpilles qu'a lancées le sous-marin en immersion.

Le corps du jeune matelot Alexandre Le Guern ne sera jamais retrouvé.

Il venait d'avoir 22 ans.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Trégastel.

Il est titulaire de la médaille militaire, et de la croix de guerre 14/18 avec palmes.

Il était Matelot de 1ère classe.
Son unité : Léon Gambetta
Il est décédé le 27 avril 1915.
Porté disparu
Son décès est inscrit à la commune de Brest (29)
Document portant la mention MPLF : Etat signalétique et des services

Léon Gambetta

835452gambetta0

Le "Léon Gambetta", construit à l'arsenal de Brest (29), était un navire d’une longueur de 146,50m, une largeur de 21,40 m au maître-bau, un tirant d’eau de 8,20 m, il avait un déplacement de 12600 tonnes. La propulsion était assurée par 3 machines à vapeur regroupant 28 chaudières qui assuraient une puissance de 28500 cv.

Le "Léon Gambetta" pou...

Léon Gambetta
184556
Le Guern
Trégastel
Côtes-d'Armor (22)
19 mars 1893
Aucune
NULL
Il a été décoré : Aucune médaille,Croix de Guerre 14-18 avec palme(s),Médaille Militaire
Jugement de décès 1916