Frédéric Le Mouillour Mémorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 

Le nom du marin commence par :

Boulonnais - Torpilleur

Boulonnais001
Casablanca
08 novembre 1943

Le Boulonnais faisait partie d’une série de 14 torpilleurs de la classe Basque qui comprenait L’Adroit, L’Alcyon, le Basque, le Bordelais, le Brestois, le Forbin, le Fortuné, le Foudroyant, la Fougueuse, le Frondeur, le Mars, la Palme et la Railleuse.

Mis sur cale aux Chantiers Navals Français à Caen en septembre 1926, le Boulonnais est mis à flot le 1er juin 1927 et est admis au service actif le 13 août 1929. Caractéristiques :

Tonnage : 1500 t – puissance : 33000 cv – propulsion : 3 chaudières à tambour Du Temple, 2 turbines à vapeur à engrenages – 2 hélices – 32 nœuds –

Armement : 4 affuts de 130 mm modèle 1924, 2 affuts simples de 37 mm modèle 1925 – deux plateformes triples de tubes lance-torpilles de 550 mm, une double rampe de grenades anti-sous-marine s'ouvrant au cul du bâtiment.

L’équipage était composé de 140 hommes. Au cours de sa carrière, le Boulonnais a porté les marques de coque : 11, 99, 73, 33, 53, T53, T52.

En 1929 le Boulonnais rallie son port base de Toulon qu’il ne quittera qu’en 1938 pour intégrer la 2e flottille de l’escadre de l’Atlantique à Brest. En avril 1940 il prend part aux opérations de Norvège, il escorte des convois vers Namsos. En mai 1940 il quitte la Mer du Nord. Le 3 juillet 1940 le Boulonnais est à Oran d’où il appareille pour Alger lors de l’attaque anglaise de Mers El Kébir. En décembre 1940 il porte secours au sous-marin Sfax et au pétrolier Rhöne torpillés au large du Cap Juby (côte sud du Maroc). En août 1942 il escorte le contre-torpilleur Audacieux vers la Méditerranée suite aux graves avaries subies à Dakar.

Le 8 novembre 1942, les américains déclenchent le débarquement en différents points de l’Afrique du Nord, baptisé opération Torch, le Boulonnais à ce moment basé à Casablanca (Maroc) prendra part aux combats.

A Casablanca les forces navales françaises sont nettement plus puissantes qu’en Algérie, avec notamment la présence du cuirassé Jean Bart, indisponible à quai mais qui dispose d’une tourelle quadruple de 380 mm fonctionnelle. La 2e escadre légère composée d’un croiseur léger, deux contre-torpilleurs, sept torpilleurs est aussi basée à Casablanca. Outre ces navires on note aussi la présence de huit avisos et patrouilleurs, onze dragueurs et onze sous-marins qui sont arrivés le jour même de Dakar.

En face, les américains disposent de forces considérables : le cuirassé Massachussetts, deux porte-avions, plusieurs croiseurs lourds et des destroyers. L’US Navy est la 1ere à engager le combat à 8h04, obus de 406 mm et bombes d’avions frappent durement le port, coulant en quelques minutes 3 sous-marins, 10 cargos et paquebots. Un contre-torpilleur et deux torpilleurs, en réparations, sont gravement endommagés.

A 9 heures, la 2e escadre de petits torpilleurs sort du port à 18 nœuds. Elle était dirigée par l’Amiral Gervais de Lafond. Les sept navires français se lançaient dans une opération suicide, ils étaient condamnés à l’avance. A 10h40 le torpilleur Fougueux est détruit par les pièces de 406 mm de l’USS Massachussets et du Tascaloosa, il sombra sans s’arrêter de tirer. A 11h00 le Milan, l’avant complètement détruit par un obus de 406 dériva et s’échoua. L’Amiral transféra sa marque sur le croiseur Primauguet. A midi ce fut le tour du Boulonnais, frappé simultanément par 8 obus de 152 mm il coule dans le port. Les autres navires français subiront un sort tout aussi tragique, six sous-marins sortiront indemnes de la bataille. L’Alcyon sera le seul navire important à échapper à la destruction, et, au cours de l’après-midi, tentera une sortie des passes, avec les avisos, pour porter secours aux naufragés, ce qui provoquera un regain des combats de la part des américains, et finira de mettre hors de combat le Primauguet et l’Albatros. A bord du croiseur le bilan est lourd : 90 tués et 200 blessés.

Dans cette tragique opération Torch du Maroc, la marine française a perdu 462 hommes, plus que l’armée de terre et l’aviation, sans parler bien sûr des pertes de navires qui sont considérables.

Sources :

Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française – 1870-2006 Tome II

Marines magazine

 

https://www.postenavalemilitaire.com/t4944-boulonnais

 

http://algeroisementvotre.free.fr/site0301/

Boulonnais002
Torpilleur