Frédéric Le Mouillour Mémorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 

Le nom du marin commence par :

Pierre Octave Joseph Romain Prudor

est né le 28 février 1922 à Saint Brice en Coglès (Ille-et-Vilaine (35))

C’est au foyer de Constant Prudor, charron, et de Marie Anne Bellé, ménagère, que naît Pierre Prudor au lieu-dit le Pont à Saint-Brice de Coglès, chef-lieu de canton au nord de Rennes, sur la route du Mont Saint-Michel dans le pays de Fougères. Il grandit près de sa mère et de ses frères, Romain né en 1911 et Constant né en 1917. Il fréquente l’école privée de son village de manière assidue comme en témoigne le directeur de son école. Avant d’entrer dans la marine il va exercer la profession de serrurier.

Le 18 avril 1939 , il s’engage pour cinq ans après avoir subi un essai comme mécanicien ajusteur au BMR de Brest. Il reste au "2e dépôt" à Brest jusqu’au 11 juin 1939 avant d’être affecté à la "4e escadrille de la 6e DSM " basée à Brest. Son premier embarquement se fait sur le sous-marin "Centaure" le 20 juin 1939. A cette date ce bâtiment patrouille le long des côtes marocaines puis va surveiller les Açores et les Canaries où s’est réfugiée une partie la flotte marchande allemande suspectée de servir de ravitailleur aux U-boots allemands. A partir du 6 février 1940 La DSM est affectée à Casablanca puis à Bizerte en juin 40.

En juillet 1939 Pierre se porte volontaire pour Cherbourg dans le but de se rapprocher de Saint-Brice, il espère embarquer sur le "Béveziers" ou le "Sidi Ferruch" mais les volontaires sont nombreux et il embarque sur le sous-marin "Ajax" le 28 février 1940 alors que le bâtiment sort de carénage à Brest. En avril l’"Ajax" escorte avec l’"Archimède" les convois de cargos alliés depuis Halifax en Nouvelle-Ecosse jusqu’en Grande-Bretagne. En mai 1940 Pierre rentre à Brest.

Devant l’avance de l’armée allemande, l’"Ajax" quitte Brest en compagnie de plusieurs sous-marins et le 23 juin se trouve à Casablanca. A l’annonce de l’attaque par les Anglais de la flotte française qui se trouvait à Mers el Kebir, le 3 juillet 1940, le sous-marin appareille pour se positionner à la hauteur du Maroc espagnol sur la route Gibraltar Casablanca.

 Durant l’été 1940, Churchill et De Gaulle mettent sur pied un plan en vue de faire basculer l’Afrique Noire dans leur camp, ils décident de s’emparer de Dakar mais ils vont se heurter à la résistance de la marine qui ne pardonnait pas Mers El Kebir aux Britanniques.

 Le 12 septembre le sous-marin appareille de Casablanca pour Dakar et sert d’escorte au cargo "Fort de Souville" chargé de vivres pour Dakar où il arrive le 20 septembre. Le 23 septembre, l’escadre anglaise , "la Forme M’" vient attaquer Dakar. L’"Ajax" se dirige vers elle mais subit un violent grenadage qui provoque de nombreuses avaries, le lendemain il est repéré, gravement endommagé par le "HMS Résolution" et le "HMS Barham" après une résistance acharnée il doit faire surface, évacue son équipage qui le saborde.

L’Ajax sera cité à l’ordre de l’armée de Mer en ces termes : « Après avoir déjoué d’incessantes attaques d’escorteurs et d’avions, a été durement touché et mis hors de combat alors qu’audacieusement il s’apprêtait à torpiller l’adversaire. Dans ces circonstances difficiles et périlleuses, commandant, état-major et équipage ont donné un magnifique exemple de courage et de sang-froid.»

Recueilli par le destroyer "Fortune" le personnel assistera aux derniers combats contre Dakar puis sera transféré à bord du croiseur "Cumberland" et de là à Freetown (Sierra Leone) sur le cuirassé "Barham" qui ralliera Gibraltar. Les sous-mariniers seront ensuite envoyés en Angleterre.  Trente et un marins rallieront les FNFL, Pierre est du nombre, il s’engage le 29 décembre 1940.

Il rallie alors le croiseur sous-marin "Surcouf", le plus grand sous-marin du monde qui avait quitté Brest où il se trouvait en grand carénage en juin 40 en raison de l’avance allemande. Bien que les travaux ne soient pas terminés,  il gagne la Grande Bretagne en surface. Le "Surcouf" est saisi par les Anglais au prix de quatre morts. Il est transféré aux FNFL en septembre 1940. Après s’être entraîné dans la Clyde, le "Surcouf"est affecté à l’escorte des convois de Halifax. La première traversée à laquelle participe Pierre Prudor est abominable en raison des conditions atmosphériques mais aussi de la structure du sous-marin. De retour en Angleterre , il est attaqué par la Luftwaffe et subit donc des dommages sérieux. Enfin il part le 1er mai pour les Bermudes à la recherche du cuirassé allemand "Bismarck". Arrivé aux Bermudes, après quelques réparations, il repart à la recherche des raiders allemands . Fin juillet 41 , le sous-marin est envoyé à Portsmouth (USA) pour y effectuer un carénage. Lors de ce séjour aux USA Pierre Prudor se lie d’amitié avec deux familles , Mr et Mme Lambaer et leurs amis Mr et Mme Soen avec lesquels il entretient une correspondance qui va l’aider à vivre ces moments si difficiles pour un jeune homme de 19 ans. Les deux femmes sont Françaises ce qui permet des échanges de lettres.

Le carénage s’avère compliqué car les plans du bâtiment ont été perdus, de plus le commandant Ortoli est rappelé à Londres, le relai est pris par le capitaine de frégate Blaison qui effectue un travail remarquable. Le sous-marin prend la mer le 10 novembre 1941. La question de son utilisation se pose toujours, il n’a pas de radar, son équipement aérien est insuffisant, ses batteries ne lui permettent pas de naviguer par grande houle. De Gaulle demande pourtant sa mobilisation pour contribuer au ralliement de Saint-Pierre et Miquelon. L’occupation se déroule sans problème avec le ralliement enthousiaste de la population. Puis la tâche du "Surcouf" est terminée. Malgré l’amiral Muselier qui aurait souhaité le garder pour assurer la défense des iles, le "Surcouf"est appelé à participer à la Guerre du Pacifique où les Japonais viennent d’attaquer les USA, le commandant Blaison et l’équipage souhaitent «se livrer aux tâches guerrières ». Le sous-marin quitte Saint-Pierre par un temps sinistre sous l’œil sombre de Muselier envahi par un sombre pressentiment.

Le croiseur sous-marin "Surcouf" disparaît corps et biens en mer des Caraïbes dans la nuit du 18 au 19 février 1942, abordé accidentellement à soixante-seize milles dans le nord-est de Cristobal-Colon sur le canal de Panama par le cargo militaire américain "Thomson Lykes".

Pierre Prudor disparaît, il n’a pas encore 20 ans. Il est titulaire de la médaille militaire et de la Croix de guerre.

Son nom figure sur le monument érigé à Cherbourg en souvenir du Surcouf, sur le monument des sous-mariniers à Toulon et sur les plaques commémoratives de l’église de Maen Roch (commune nouvelle depuis le jumelage de Saint-Brice avec une commune voisine.

Il était Matelot mécanicien.
Son unité : Surcouf
  • Médaille Militaire
  • Croix de Guerre 39-45 avec étoile (s)
  • Citation à l'Ordre de la Division
Il est décédé le 18 février 1942.
Porté disparu
Son décès est inscrit à la commune de Saint Nazaire
Document portant la mention MPLF : Transcription acte de décès

« L’aventure héroïque des sous-marins français 1939-1945 » Jean-Jacques Antier.

Surcouf

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Le croiseur sous-marin Surcouf, 4218 tonnes en plongée, fleuron de la flotte sous-marine française du moment, construit par l'arsenal maritime de Cherbourg, est mis en service le 16 avril 1934.

En 1940, pour éviter d'être capturé par les Allemands, il quitte Brest et rallie Plymouth en Angleterre, où il va être saisi par les Britanniques, à l'instar d'autres bâtiments français stationnés dans les ports anglais. Cette prise occ...

Surcouf
7580
Prudor
Saint Brice en Coglès
Ille-et-Vilaine (35)
28 février 1922
Aucune
175952,175953
Il a été décoré : Citation à l'Ordre de la Division,Croix de Guerre 39-45 avec étoile (s),Médaille Militaire
46/1947