Frdric Le Mouillour Mmorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 

Le nom du marin commence par :

Charles René Magon dit de Médine

est né le 12 novembre 1763 à Paris (Seine (75))

Charles René Magon rejoint au cénotaphe la cohorte de ses frères d’armes , matelots ou amiraux, lui qui a traversé l’Histoire agitée de la fin du XVIIIe siècle et du début du siècle suivant, servant successivement le Roi, la République et l’Empire et dont, comme pour eux , la mer est le linceul.

Issu de la famille Magon signalée dès 1300 à Vitré en Bretagne, il descend de Jean Magon qui s’installe à Saint Malo comme armateur au XVIe siècle.

Charles René Magon naît le 13 octobre 1763, par hasard, à Paris. Son père, René Magon de la Villebague qui a quitté son poste de gouverneur de la Compagnie des Indes aux Mascareignes attend une nouvelle affectation. Peu après la naissance de ce troisième fils, il est nommé intendant de Saint-Domingue et des îles Sous Le Vent, il quitte la France en compagnie de son épouse et laisse en France son fils, trop jeune pour entreprendre un si long voyage. Il le confie à son cousin Magon du Bos et à sa grand-mère, Marie Moreau de Maupertuis, sœur du célèbre savant. C’est donc au bord de la Rance que le jeune Magon tire ses premiers bords, passant de Saint Elier, malouinière de son aïeule au Montmarin, propriété de son oncle. Pensionnaire à Saint Malo et à Dinan, il entre en septembre 1777 à l’âge de quatorze ans, comme aspirant garde-marine au port de Brest. Peu après, il apprend le décès de son père retourné à l’île de France dans son domaine de Médine dont Charles va hériter

Il fait ses premières armes sur le "Bretagne" en 1778 au cours de la Bataille d’Ouessant le 27 juillet, sous les ordres du lieutenant d’Orvilliers, alors que la France, impliquée dans la guerre d’Indépendance des futurs Etats Unis, tente d’affaiblir la flotte anglaise. Il s’y comporte avec une intrépidité de bon augure.

Enseigne de vaisseau en 1780, il est embarqué sur le "Solitaire" dans l’escadre de monsieur Guichen et participe aux trois batailles qui opposent la Marine Royale à l’escadre anglaise de Rodney au large de la Dominique au printemps de la même année. En août 1781, sur le "Caton" de l’escadre de de Grasse, il participe à la Bataille de Chesapeake puis à celle de Saint Christophe et enfin aux Saintes en 1782 au cours de laquelle il est prisonnier des Anglais durant cinq mois. La guerre d’Indépendance des Etats-Unis se termine par le traité de Versailles en 1783.

Magon navigue désormais dans l’Océan Indien où il va défendre les intérêts de la France, il est nommé lieutenant de vaisseau en mai 1786.

Cette affectation le tient loin de France durant quinze ans ce qui lui évite d’être guillotiné comme plusieurs membres de sa famille.

Le 2 avril 1784 il épouse Renée, Françoise Guymont, veuve du capitaine du Chayla. Successivement embarqué sur la "Surveillante", "l’Amphitrite", la "Dryade", la "Minerve" et la "Cybèle", il va réoccuper l’île de Diégo Garcia occupée par les Anglais, négocier auprès du gouverneur de Calcutta la protection des intérêts français et faire arborer le pavillon tricolore à Pondichéry comme l’en a chargé l’Assemblée Législative qui a mis fin à la royauté en France. A son retour à Port-Louis, il est arrêté comme suspect au moment où la Terreur règne en France. Il est toutefois rapidement libéré et nommé aide de camp du gouverneur des Mascareignes.

A la déclaration de guerre contre l’Angleterre en janvier 1793, la Convention veut stimuler la course et encourage l’attaque des lignes de communications britanniques. Magon rejoint la division Renaud forte de trois frégates, la "Cybèle", la "Prudente" et le "Coureur". Le 22 octobre 1794, ces trois bâtiments vont attaquer deux vaisseaux anglais, le "Centurion" et le "Diomède", qui font le blocus de l’île de France, et les forcer à se retirer.

En janvier 1795, alors que le Directoire, avec à sa tête Bonaparte, dirige le pays, à 32 ans, Magon reçoit sa nomination de capitaine de vaisseau et commande, par intérim, jusqu’à l’arrivée de Sarcey, les forces de l’Océan Indien. Il sera de toutes les campagnes de Sarcey de juin 1796 à décembre 1797.

A cette époque, il se sépare de son épouse dont il n’a pas de descendance. En janvier 1798, il commande les frégates "Vertu" et "Régénéré" avec lesquelles il escorte un convoi de navires espagnols qui rentrent en Europe. Il repousse deux attaques anglaises, l’une dans le golfe de Guinée et l’autre à Tenerife. La compagnie espagnole, pour le remercier, lui offre un magnifique baudrier doré.

A son retour en France, il fait l’objet d’accusations politiques sans fondement. Appuyé par l’amiral Bruix, il est affecté au bureau des colonies et prend part à la réorganisation de la marine.

En juin 1801, il prend le commandement du "Mont Blanc" dans l’escadre de Villaret-Joyeuse pour reprendre Saint-Domingue, il le fait avec une telle rapidité que le général Leclerc lui confère, à 39 ans, le grade de contre-amiral, à la paix d’Amiens signée entre l’Angleterre d’une part et la République Batave, la France et l’Espagne d’autre part. "Cette nomination, dit Villaret-Joyeuse dans son rapport, lui a été décernée par le vœu unanime de l’armée".

Le 18 mai 1803, la paix est rompue, Napoléon, qui est encore Consul pour peu de temps, rêve toujours d’envahir l’Angleterre, seul obstacle à son génie. Mais il s’agit là de lutter sur un terrain qui n’est pas le sien avec des armes qu’il ne connaît pas.

Magon est le second de l’amiral Bruix dans cette entreprise dont le camp de Boulogne sert de tête de pont. En juillet 1804, l’empereur, en inspection à Boulogne, décide de passer en revue la flottille en pleine mer. L’amiral Bruix refuse, averti de l’arrivée d’une tempête. l’empereur passe outre, Magon est directement chargé de faire exécuter la manœuvre, il obéit et le coup de vent qui s’élève bientôt provoque la perte de trente navires et, officiellement, la mort de trente et un marins.

Le 18 août 1804, l’empereur revient à Boulogne et décore de la Légion d’Honneur, ordre qu’il vient de créer, Bruix et Decrés, Grands Officiers, Magon et Lacrosse, Commandeurs.

Durant le second trimestre 1804, les Anglais, sous les ordres des amiraux Keith et Nelson, tentent de détruire la flotte, Magon et Lacrosse mettent en échec toutes leurs tentatives.

Le 18 mars Bruix meurt de tuberculose, il est remplacé par Lacrosse. Magon est alors désigné pour commander la division de Rochefort à laquelle appartiennent les vaisseaux "Algésiras" et "Achille". Il part pour les Antilles où il rejoint l’escadre de Villeneuve et, le 22 juillet, il participe au combat des Quinze-vingt, au large de la Galice, il est furieux que Villeneuve ne poursuive pas le combat alors qu’il a l’avantage.

Le 21 octobre 1805, devant le cap Trafalgar, s’engage, pour Magon, l’ultime combat. Voici ce que le capitaine La Bretonnière écrit au frère de l’amiral à propos du combat de "l’Algésiras" sur lequel il servait : "Comme Nelson, l’amiral avait revêtu son grand uniforme, toutes ses décorations et le baudrier d’or, cadeau des Espagnols qu’il dit vouloir offrir au premier homme montant à l’abordage. Notre vaisseau a, seul, combattu à portée de pistolet, trois vaisseaux anglais et l’amiral, voyant l’un d’eux, de quatre-vingt-dix canons, le "Tonnant", chercher à couper la ligne devant nous, nous a ordonné l’abordage. Nous avons effectivement abordé le vaisseau ennemi, l’avons démâté et eussions la gloire de nous en rendre maître, si quatre autres vaisseaux anglais ne fussent venus nous combattre à portée de voix ou si quelques uns des nôtres se fussent présentés pour combattre ces derniers. Nous n’avons succombé qu’après un grand carnage".

Après avoir reçu une balle au bras et un éclat dans la cuisse, Magon reçoit une balle dans la poitrine et meurt sur le coup à 42 ans. Mais "l'Algésiras" continue le combat et parvient à couler le "Tonnant".

Après avoir immergé ses morts, "l’Algésiras" est remorqué par les Français qui ont réussi à reprendre le bâtiment aux Anglais grâce à une tempête, gagne Cadix le 24 octobre sous gréement de fortune.

Il était Contre-amiral.
Son unité : Algésiras
  • Légion d'Honneur (com.)
Il est décédé le 21 octobre 1805.

Algésiras

trafalgarSir Richard StrachansactionNicholas Pocock (1741-1821)

La frégate Algésiras faisait partie de l’armada navale de la coalition franco-espagnole face à l’Angleterre à la bataille de Trafalgar (Octobre 1805).

Le 18 mais 1804, le Sénatus-consulte proclame Napoléon Bonaparte, « Empereur des F...

Algésiras
9352
Magon dit de Médine
Paris
Seine (75)
HF
180591,180592,180593
Il a été décoré : Légion d'Honneur (com.)
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