Léon Marie MANOIR
Né le 23 mai 1873 à Saint-Quay-Portrieux (Côtes-d'Armor (22))
Longwy
Le « Longwy » était un cargo à coque acier et propulsion vapeur construit en 1902 pour le compte de la Société des Chargeurs de l’Ouest dont le siège social était à Nantes.
Il avait été lancé le 19 octobre 1903 à Chantenay sur Loire, par la société anonyme des Chantiers Nantais de Constructions Maritimes. Immatriculé à Nantes, le 31 octobre 1903, sous le N° 64...
Léon Marie fils de Léon 22 ans (1850-1899 propriétaire terrien) et de Marie Françoise Luco 22 ans (1851-1893 ménagère) ainé d’une fratrie de 6 enfants naît dans la propriété familiale quartier de la ville Séro à Saint-Quay-Portrieux, effectue sa scolarité à l’école catholique “Notre Dame de la Ronce“ puis au “Likès“ de Lannion.
Il y effectue de belles études mais la mer l’attire et le voilà inscrit maritime provisoire folio 2135, matricule 4269 au syndicat de Saint Quay Pontrieux. Durant la période du 3 février 1892 au 28 août 1893, il embarque successivement sur le “Yvonne Gillette“ et l’“Espéranza“ pour la pêche en Islande.
Deux de ses frères, Jean et Louis, suivront cette voie d’inscrit maritime en tant que capitaine de la marine Marchande et Ange, lui, comme matelot.
Malheureux au tirage au sort pour le service militaire, il renonce au sursis auquel il a le droit en tant qu’ainé d’une famille de 6 enfants et après le passage obligé au “1er Dépôt des équipages de la flotte“, il reçoit une formation de canonnier. De là, il embarque le 27 octobre 1893, successivement sur le garde-côtes “Caïman“, la frégate “Couronne“ (bâtiment école des canonniers) et le cuirassé “Neptune“. Après 39 mois et 18 jours passé au service de l’état il est congédié le 21 décembre 1896 avec le grade de matelot de 2è classe.
“Par passion pour la marine, après son service militaire, il fait ses études pour devenir capitaine au long cours de la Marine Marchande “ écrit sa petite fille. Son diplôme en poche, il embraye sur différents bateaux au cabotage entre Bordeaux et Binic comme patron ou second entre le 21 mars 1900 et le 24 octobre 1902.Ses embarquements s’appellent “Canada“, “Madeleine“ et “Jeanne“ (goélette). Il est alors inscrit aux maîtres de cabotage sous le N°143.
Puis sa carrière prend un tournant, du 10 octobre 1903 au 7 juin 1909, c’est sur des navires à voiles qu’il pose son sac comme capitaine : le sloop “Sarcelle“, la goélette “Garonne“ sur les bancs de pêche de Terre Neuve, le “Pierre Bernardo“ et le “Marie Gabrielle“ sur Saint Malo.
Mme Pincent indique que : “dans les années 1900-1910, les voiliers sont équipés de moteurs (chaudières à vapeur), puis progressivement ces voiliers sont remplacés par des cargos dotés de moteurs plus puissants“. Ainsi Léon se retrouve-t-il sur le “Champagne“ à la vapeur, et comme capitaine ou second il navigue à partir de Boulogne, Saint Malo, Rochefort, Le Havre et Nantes sur les navires suivants : “Pierre Bernardo“, “Saint Michel“, “Saint Pierre“, “Jarlot“, “Eugéne Pergoline“ et “Longwy“.
Pendant ce temps, il épouse le 27 novembre 1905, Marie Joseph Pomiès à Binic (22). De leur union naîtrons trois enfants : Marguerite (1907-1949), Marie Paule (1909-1998), René (1910-1970).
“ Léon très croyant, ne part jamais en mer sans faire une dévotion à la chapelle Notre-Dame de Kertugal à Saint-Quay-Portrieux“. De même, au cours de processions dans sa commune, Il est porteur de la Vierge (voir photo). Raconte son arrière-petite fille Soazic.
“Le 17 octobre 1917, sa compagnie (Compagnie des Chargeurs de l’Ouest de Nantes) le sollicite pour embarquer sur le cargo vapeur “Longwy“, bien qu’en arrêt de maladie, il accepte car il considère que c’est son devoir en temps de guerre“. Son destin le conduit donc, comme second sur ce cargo, qui vient d’être passé en AMBC (Armement Militaire des Bâtiments de Commerce).
Le “Longwy“ effectue du cabotage international, transportant du minerai entre le port espagnol de Bilbao et celui de Glasgow en Ecosse. Tout est calme à bord dans cette nuit du 4 au 5 novembre, quand sort funeste, le navire est torpillé par l’U-Boot “U 75“ dans le canal Saint Georges. Des 31 membres d’équipage, seuls le capitaine Huet, le matelot Harré et un troisième non identifié, sont retrouvés et enterrés à Girvan (Ecosse).
Léon est déclaré officiellement “ Mort pour la France“ le 4 septembre 1918, référence du tribunal d’instance de La Rochelle. Il laisse derrière lui une veuve éplorée et trois orphelins de 10, 8 et 7 ans. Sa veuve devra se débrouiller toute seule, sans emploi initial, avant de ne percevoir une pension qu’en 1951 !
Décoré de la croix de guerre avec étoile de bronze et inscrit au tableau spécial de la médaille militaire le 4 janvier 1922. Avec la citation suivante : “Glorieusement disparu avec son bâtiment, lors de la perte du vapeur “Longwy“, coulé le 4 novembre 1917“. Il a 44 ans, l’âge où on a tout l’avenir devant soi. Il totalise alors, 39 mois 18 jours au service de l’état, 98 mois 28 jours au long cours et 72 mois 13 jours au cabotage.
Son décès est transcrit le 16 avril 1919 à Saint-Quay-Portrieux. Son nom figure dans cette ville, sur le monument commémoratif (1914-1918) et sur le monument aux morts (1914-1918).
“Grâce à la ténacité des écossais Ritchie et Lorna Conaghan (de Girvan) et le soutien d’associations comme le Souvenir Français du Finistère, l’association mémorielle franco-britannique, la Royal British légion Scotland et le Girvan and district great war project, une stèle rendra prochainement hommage aux 31 marins français du “Longwy“, dans le petit cimetière de Girvan“.
- Médaille Militaire
- Croix de Guerre 14-18 avec étoile (s)
Etats de service (SHD Brest)
Courriers de la famille (Marie-Paule et Soazic)
Internet
Mr Eric Ingouf (Quimper)
Richie et Lorna Conaghan (GIRVAN-Ecosse)

