Frdric Le Mouillour Mmorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 

Le nom du marin commence par :

Marcel Schnorr

est né le 18 juin 1909 à Gambsheim (Bas-Rhin (67))

 

Marcel Schnorr, né le 18 juin 1909 à Gambsheim (Bas-Rhin), est le fils de Eugène et Marie Louise Heller son épouse. L’Alsace est alors annexée à l’Allemagne (1870-1919).

 

Dans le cadre du Traité de Versailles du 28 juin 1919, l'Allemagne rétrocède l'Alsace-Lorraine à la France, Marcel est réintégré de plein droit dans la qualité de Français le 21 septembre 1920 (il a 11 ans).

 

La maison où il passe son adolescence, à Strasbourg, au confluent du bassin des Remparts et du canal de la Marne-au-Rhin, date de la fin du XIXe siècle (1890). Son père, Eugène, est employé du port affecté au fonctionnement de l’écluse. Il est principalement chargé de percevoir les octrois prélevés sur la batellerie rhénane instaurés par le traité de l’octroi du Rhin du 15 octobre 1804 et la fondation de la Commission Centrale pour la Navigation du Rhin (CCNR) en 1815.

Cette maison à colombages, est une construction en pans de bois coiffée d’une toiture au faîtage percé de lucarnes et orné de rames entrecroisées dressées vers le ciel, existe toujours. (photo).

 

Le 8 décembre 1926, il s’engage dans la Marine nationale pour cinq ans en tant que matelot sans spécialité et rejoint à cette date le "2e dépôt" à Brest.

Ses connaissances en mécanique sont manifestement remarquées et lui permettent de devenir très rapidement matelot de 2e classe breveté mécanicien.

Le 5 janvier 1927 il est affecté à la "3e escadrille de sous-marins" (Toulon). Il est promu quartier-maître le 1er octobre 1927. Il regagne la Bretagne le 1er janvier 1928 où il embarque à la "4e escadrille de sous-marins".

Il rejoint les navires de surface le 17 octobre 1928 avec son embarquement sur le croiseur cuirassé "Mulhouse" fleuron de la deuxième escadre de Brest.

Il termine son engagement le 8 décembre 1931 à bord du contre torpilleur "Bison" basé à Brest. Il se retire à Strasbourg, mais le voici de nouveau à Brest.

Le 1er juillet 1933 il est inscrit maritime au quartier de Brest. Il navigue de juillet à octobre comme mécanicien sur le "Gradlon" (chaland automoteur de 100 cv  utilisé par les Ponts et Chaussées pour assurer divers transports; il a fait côte sur l’île de Sein le 3 juillet 1933  où il était venu la veille livrer du gravier), puis, à partir du 1er mars 1934 sur le "Fromrust" (nom du courant N/O de Ouessant) navire armé à Brest. Il est alors domicilié 90 rue de Siam à Brest.

Dans ses activités il a fait la connaissance du maître principal mécanicien François Merry avec qui il a sympathisé.

Il se marie le 17 mars 1934 (il a 25 ans) avec Renée Merry, fille de François Merry, domiciliée 13 rue Jean-Jacques Rousseau à Brest chez ses parents. Le couple s’installe au Conquet. La naissance de Marie-Louise (21/12/1934) puis celle d’Anne Marie (08/08/1936) sont des événements heureux.

 

Il est à bord du baliseur des ponts et chaussées "Georges de Joly" du 25 mars 1937 au 31 décembre 1938. Début 1939, il est affecté sur le baliseur "André Blondel" jusqu’en juillet 1940. Ce navire est saisi par la marine britannique le 3 juillet 1940. Marcel Schnorr a rejoint sa famille et est embarqué en octobre 1942 sur le baliseur "Emile Allard".

Depuis septembre 1941, ce bateau assure ses fonctions à la station de Brest. Le baliseur a en charge près de 700 km de côtes. L’équipage est composé de 14 hommes d’équipage dont fait partie Marcel Schnorr. Le navire est régulièrement réquisitionné par la marine allemande. Durant ces périodes il arbore le pavillon de la Kriegsmarine.

Le 14 avril 1943, le baliseur "Émile Allard" fait route vers Brest après avoir vérifié la position des bouées du chenal du Four (Carte). Peu après 16h00, alors que le navire sous les ordres du capitaine Le Cornec de Paimpol vire la tourelle des Vieux Moines (photo), des vrombrissements emplissent le ciel. Plusieurs attaques britanniques ont déjà eu lieu (Juillet 1942-"Émile Allard", Avril 1943- "Enez Eussa"). Tous à bord espèrent que le pavillon français qui flotte à l’arrière du bâtiment et les couleurs fraîchement peintes sur son avant et sur le pont suffiront à assurer leur protection.

Le "Émile Allard" essuie pourtant un mitraillage de la part des avions de la Royal Air Force (RAF) suivi d’un largage de bombes. Une bombe frappe la passerelle du navire, une seconde pénètre dans le compartiment machines.

 

Trois hommes sont de quart près des moteurs. Le second mécanicien François Demazières et le graisseur René Durand sont tués sur le coup. Marcel Schnorr, grièvement blessé, parvient à s’extraire du local.

L’évacuation du navire, qui va couler face à la pointe Saint-Mathieu (carte), a lieu avec le canot à bord duquel les blessés, Marcel Schnorr et le matelot Le Louet, sont descendus avec précaution.

 

L’état de Marcel Schnorr est désespéré, malgré les soins prodigués par ses camarades, il décède à son arrivée à l’hôpital maritime de Brest le soir même.

 

Marcel Schnorr est cité à l’ordre de la Marine Marchande par 0.M. en date du 1er décembre 1943 : "pour le courage, le sang-froid et les qualités professionnelles dont il a fait preuve au cours du naufrage de l’Émile Allard".

 

Ses deux filles Marie-Louise et Anne-Marie sont adoptées le 24 novembre 1943 comme pupilles de la Nation. A la libération, Renée et ses deux filles, comme beaucoup de Brestois sont relogées dans un des quartiers des baraques avenue Foch à Brest, où elles vont vivre pendant plusieurs années. La famille vit avec la pension de veuve de guerre et la solidarité familiale. Très rapidement ses deux filles vont être projetées dans la vie professionnelle. Marie-Louise travaille au "Bon marché" et Anne-Marie au "Monoprix" rue de siam à Brest. 

Madame Schnorr décède à l’âge de 55 ans le 21 mars 1962 à Brest Saint Pierre.

Il était Matelot mécanicien graisseur.
Son unité : Emile Allard
  • Citation à l'Ordre de la Marine Marchande
Il est décédé le 14 avril 1943.
Son corps repose au cimetière de Brest (29)
Son décès est inscrit à la commune de Le Conquet (29)
Document portant la mention MPLF : Acte de décès

Emile Allard

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Le baliseur Émile Allard (47m x 9.3m, 474t brut) est construit en 1933 au Havre par les Chantiers Augustin Normand (un baliseur est équipé pour placer ou relever les bouées et ravitailler les phares). C’est l’ingénieur des ponts et chaussées Émile Allard (1818- 1892) qui a donné son nom au bâtiment. Appartenant au service des Ponts et Chaussées (ancien Phares et Balises), il est basé Jusqu'en 1940, à la station de Dun...

Emile Allard
6715
Schnorr
Gambsheim
Bas-Rhin (67)
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Il a été décoré : Citation à l'Ordre de la Marine Marchande
Acte de décès N° 189 du 14 avril 1943 avec mention MPLF
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