Frdric Le Mouillour Mmorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 

Le nom du marin commence par :

Jean Marc Scourzic

est né le 23 février 1907 à Merlevenez (Morbihan (56))

Fils de Joseph Marie et de Marie Kersérho, son épouse, Jean Marc Scourzic naît le 23 février 1907 à Merlevenez, commune située dans le canton de Port-Louis (Morbihan). Après ses études, il exerce la profession d’ajusteur jusqu’à l’âge de 18 ans. Le 27 juillet 1925, il s’engage dans la marine. Il y fera une carrière de plus de 25 ans de service, période ponctuée par de nombreuses affectations qui lui feront connaître les principaux ports militaires de l’Atlantique à la Méditerranée.

Incorporé à Lorient en qualité de matelot de 2e classe mécanicien, Jean Marc, après trois mois d’affectation à la Direction du Port de Lorient, embarque sur le torpilleur  ''Sénégalais'' le 29 novembre 1925. A bord de ce bâtiment, deux évènements importants marqueront son début de carrière puisque le 1er juillet 1926, il sera promu quartier-maître de 2e classe puis, au cours de la même année, il sera décoré de la médaille coloniale avec agrafe ''Maroc''. De mai 1927 à septembre 1928, il est affecté successivement sur le croiseur ''Lamotte Picquet'', le torpilleur ''L’Alcyon'' et l’aviso ''Scarpe''. De retour à Lorient, il est muté sur le ''Front de mer''. Il épouse Armande Le Diraison le 21 janvier 1930 à Riantec. De leur union naîtront deux garçons, Jean Albert en 1931 et Allain Léon en 1941.

Le 1er avril 1930, il quitte sa famille qui réside à Riantec (impasse n° 3), pour rallier l’Ecole de formation des mécaniciens-chauffeurs à Toulon. Au bout de six mois, de retour en Bretagne, il est affecté au 3e dépôt de Lorient où il est promu second maître. A partir de l’année 1931, il embarque sur des bâtiments de plus gros tonnages comme le navire atelier ''Jules Verne'' (mars 1931), le cuirassé ''Courbet'' (mai 1934) et le pétrolier ''Var'' (novembre 1934).

Au terme de cette période de navigation qui s’achève en ce début d’année 1937, Jean Marc est décoré de la médaille militaire puis connaît une plus grande stabilité géographique qui lui permettra de rester pendant près de huit ans proche de sa famille. En effet, de retour à Lorient, il est affecté à la Direction du Port puis à l’Unité Marine jusqu’en octobre 1944.

En 1940, il est arrêté et interné au camp 183 b installé dans le Haras d’Hennebont pour avoir refusé de coopérer avec l’ennemi, mais il réussit à s’évader.

Le 23 octobre 1944, il part de Lorient avec le grade de maître pour rallier l’Unité Marine à Cherbourg avant d’embarquer, vingt quatre jours plus tard, sur le porte-avions ''Béarn''. A bord de ce bâtiment, il participe au débarquement d’Haiphong en Indochine, opération qui lui vaut d’être décoré de la médaille coloniale avec agrafe ''Extrême-Orient'' attribuée par décret du 18 juin 1947.

De retour en France en octobre 1946, il rejoint le 2e dépôt à Brest puis, l’année suivante, embarque successivement, le 7 mars sur le contre-torpilleur ''Kléber'' et, le 10 novembre sur l’aviso ''Lapérouse''.

Désigné pour le bâtiment hydrographique ''Alilade'' le 1er janvier 1948, il se rend à Diego-Suarez (Madagascar). Titulaire du brevet supérieur de mécanicien, il réussit à transformer avec succès le service ''machine et chaufferie'' dont il est chargé. A bord, il est particulièrement apprécié par tous comme en témoigne la lettre du 21 septembre 1950 que le commandant du bâtiment a adressée à Madame Scourzic, épouse de Jean-Marc, après avoir appris la disparition tragique de son mari lors de l’explosion de la frégate ''Laplace'' :

''Je tiens à venir vous exprimer ici, au nom de tous ceux qui servaient sous mes ordres en 1948 à bord de l’Alidade, notre profonde sympathie pour la disparition de Jean SCOURZIC. Votre mari avait réussi, par ses qualités morales et professionnelles, non seulement à gagner l’estime de tous, mais encore à transformer le service «Machine et Chaufferie» dont il était chargé. Je le comptais au nombre de mes amis…''.

Le 6 février 1950, Jean Marc Scourzic embarque sur la frégate météorologique ''Laplace'', basée à Brest. Alors qu’elle effectue une ''station météo'' en océan Atlantique le 14 septembre, son commandant reçoit l’ordre de se diriger vers Saint-Malo pour représenter officiellement la Marine à l’inauguration de la grande écluse. Avant d’entrer dans le port le lendemain matin, la décision est prise de rester au mouillage durant la nuit du 15 au 16 en baie de La Fresnaye non loin de Saint- Cast. Pensant être en sécurité, Jean Marc regagne sa couchette de bonne heure pour se reposer. Un peu après minuit, une forte explosion secoue le bâtiment qui se trouve ''rapidement plongé dans l’obscurité'' et qui commence à s’incliner dangereusement. Face à la gravité de la situation, l’ordre d’évacuation est donné et les moyens de sauvetage sont mis à l’eau. Avec plusieurs camarades, Jean Marc réussit à prendre place à bord d’un radeau sur lequel les naufragés sont contraints de lutter contre le courant et le vent. Un rescapé dira plus tard à la commission d’enquête de la Marine ''[…] Nous avons renversé plusieurs fois… et après plusieurs n’ont pu rejoindre… Ayant réussi à me mettre à califourchon sur le radeau (un peu avant l’aube) nous sommes restés au complet à partir de ce moment''. Parmi les occupants du radeau, il reconnut Jean Marc Scourzic qui, après de longues heures de fatigue, meurt d’épuisement en ce jour naissant du 16 septembre 1950.

Outre la lettre transmise par l’ancien commandant de l’ ''Alilade'', son épouse reçut deux autres témoignages d’encouragements, l’un écrit le 28 septembre par l’un des camarades rescapés et l’autre le 10 octobre par le chef de cabinet de la 2e Région Maritime, dont voici respectivement un extrait :

Lettre du 28 septembre : ''[…] C’est le cas de cette tragique nuit du seize septembre où tout l’équipage de notre Frégate, croyait prendre un bon repos après les trois semaines d’activité et de rude labeur en plein océan. Mais hélas la chance n’était pas avec nous, et aujourd’hui je déplore la perte de mes meilleurs camarades. Je revois encore cette soirée, où tous nous croyons trouver une bonne détente, ainsi que votre mari, las de son travail assidu, se coucher de bonne heure pour se reposer en toute sécurité. Hélas son repos n’était que de courte durée car en plein sommeil une formidable explosion nous fit tressaillir et en quelques minutes qui me paraissent bien longues nous nous sommes trouvés hors du bateau. La nuit était noire mais la côte étant proche nous avions tous un ferme espoir de nous sauver avec notre radeau. Hélas tout était contre nous, courant et vent et devant l’élément déchainé la force de l’homme est minime. C’est dans cette douloureuse situation que nous nous sommes trouvés à quelques camarades sur notre planche de salut. Mais après plusieurs heures de fatigue et de souffrance morale j’ai vu votre cher mari s’éteindre en prononçant par trois fois ses nom et prénom. Le sort m’a épargné mais je vous prie Madame de croire que ces minutes m’ont été cruelles, car pour moi votre mari était un charmant ami…'' ;

Lettre du 10 octobre : ''[…] Je ne voudrais pas aviver votre peine mais je considère comme un devoir sacré de venir vous apporter l’hommage de ses camarades à la mémoire de votre mari. Le Maître Mécanicien SCOURZIC était considéré par tous comme un gradé parfait. Titulaire du brevet supérieur, animé d’une conscience professionnelle hors de pair il avait très rapidement et avec aisance pris «sa machine» en mains. Il ne lui ménageait guère son temps et payait largement de sa personne. Sa parfaite correction, ses grands mérites lui avaient valu d’être proposé pour la Légion d’Honneur. Lors du naufrage il s’est éteint doucement sans souffrance, mort d’épuisement dans un radeau en murmurant plusieurs fois son nom. Je forme des vœux pour que vos deux fils dont l’un est déjà marin à bord du «Jean Bart» réussissent dans la voie de travail et d’honneur que leur père a tracée et pour que l’affection dont ils sauront vous entourer adoucisse votre grand chagrin devant lequel je m’incline respectueusement.''.

En 1951, Jean Marc Scourzic fut cité à l’Ordre de la Nation à titre posthume avec la mention suivante :

''Mort pour la France dans l’accomplissement de son devoir lors de la perte de la frégate météorologique Laplace en baie de la Frenaye le 16 septembre 1950''.

Il était Maître mécanicien.
Son unité : Laplace
  • Médaille Militaire
  • Médaille Coloniale - Extrême-orient
  • Médaille Coloniale - Maroc
  • Citation à l'Ordre de la Nation
Il est décédé le 16 septembre 1950.
Son corps repose au cimetière de Riantec (56)
Son décès est inscrit à la commune de Riantec (56)

Laplace

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La frégate météorologique Laplace, est une ancienne frégate américaine construite par le chantier « American Shipbuilding Co », mise en service au sein de l’US Navy en février 1944 sous le nom de USS Lorain (PF – 93), du nom de la ville de Lorain dans l’é...

Laplace
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Scourzic
Merlevenez
Morbihan (56)
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Il a été décoré : Médaille Militaire,Médaille Coloniale - Extrême-orient,Médaille Coloniale - Maroc,Citation à l'Ordre de la Nation
Transcription de décès 1950/62
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