Frdric Le Mouillour Mmorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 

Le nom du marin commence par :

Niobe - Cargo

136
1919
Blyth Shipbuilding
Côtes du Cotentin
11 juin 1940

Construit pour la Navale Caennaise, ce cargo à vapeur de 79,30 mètres de long développant une puissance de 1 200 chevaux, est habituellement affecté au transport «vraquier» entre différents ports nord européens. Il transporte aussi du bois, du charbon ainsi que du minerai de fer. Réquisitionné le 25 mai 1940 comme transport de vivres et de munitions, avec ses 21 membres d’équipage, il est en plus armé d’un canon de 90 mm et de 2 mitrailleuses AA-13 mm. En provenance de Rouen, après une escale à Cherbourg où il débarque les vivres, il accoste au quai n° 2 dans le port du Havre le 10 juin où le commandant Lodeho essaye de décharger sa cargaison de 800 tonnes de munitions ; les dockers ne travaillant plus et les mâts de charge du navire étant trop courts, cette opération est donc impossible. L’avant-veille, le 9 juin, les réservoirs de carburant du port ont été sabordés pour ne pas tomber aux mains de l’ennemi et au matin du 10 juin les Allemands sont à Barentin avant d’atteindre Yvetot ce qui déclenche la grande débâcle. Dans ces conditions, le 11 juin au matin, des centaines de civils, environ 800, embarquent sur le cargo et viennent s’ajouter aux 300 ou 400, déjà à bord. En début d’après midi, guidé par un pilote, le cargo appareille en direction de Caen. En remontant la côte dans un corridor ménagé dans un champ de mines, à 6 milles dans l’Ouest du Cap d’Antifer, il est attaqué par deux avions Stukas de la Lutwaffe ; le navire n’utilise ni ses mitrailleuses, ni son canon et à 17 h 00, trois bombes atteignent la soute et provoquent une immense explosion brisant le navire en deux qui sombre en quelques minutes. Une heure plus tard, les premiers secours sont assurés par le caboteur Cotentin qui ne repêchera que 11 rescapés, 7 passagers et 4 membres d’équipage qui tous blessés seront débarqués à Ouistreham. Le nombre réel de victimes n’a jamais pu être vraiment établi mais est estimé à environ 1200 personnes. En raison d’une présumée présence à bord de diamantaires juifs, belges et hollandais, une rumeur a longtemps couru sur le fait que le Niobé aurait sombré avec un trésor de diamants. En 1986, une plaque commémorative a été apposée au pied du sémaphore du Havre et le 27 juin 2002 un groupe de plongeurs du Havre a reperé l’épave en baie de Seine.

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