Aimé LALIRE
Né le 16 octobre 1910 à Outreau (Pas-de-Calais (62))
Meknès
Le Meknès était un ancien paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique construit par les Chantiers de Normandie du Grand-Quevilly, de 132 mètres de long et jaugeant 6127 tonneaux, mis en service en 1914 sur la ligne le Havre-Haïti sous le nom de Poerto Rico. Renommé Meknès, il est placé sur la ligne Bordeaux-Casablanca en 1929, puis le Havre-La Baltique en 1936. Suite aux événements de la guerre mondiale, il est transformé en transport de...
Aimé Marcel (plus communément connu sous son deuxième prénom), fils d’Ernest, marin (32 ans) et de Helusi Louise, ménagère (33 ans) voit le jour à Outreau, au lieudit “Avé Maria“. Mais c’est à Le Portel, au 62 rue de l’amiral Courbet qu’il passe toute sa jeunesse en compagnie de ses frères : Ernest, Louis et de sa sœur Louise.
Sa scolarité terminée avec le certificat scolaire, il prend la même direction que son père comme marin. Le 14 octobre il signe comme inscrit maritime provisoire sous le N°2652. Il demeure à présent à Le Portel au 12 rue Jean Bart.Dès le lendemain, il embarque comme mousse sur “La Marie Immaculée“ jusqu’au 1er juin 1921, puis il enchaine les embarquements suivants à raison de 4 à 5 mois : “ Jean II“, “ Duquesne“, “Saint André“. Puis à partir du 17 février 1923, il passe novice sur le “Baron Bucaille“ et les vapeurs :“Oleyou“, “Goëland“, “Jeanne Brunette“, “Saint Louis“, “Goëland“, “Yvonne Michelin“ avant de partir faire son service militaire.
C’est le 26 janvier 1926 que Marcel passe aux Inscrits Maritimes Définitifs.Appelés sous les drapeaux le 19 octobre 1927 sous le matricule 1476-27-1 au “1er Dépôt des équipages de la flotte“ à Cherbourg, Marcel reçoit la formation de gabier et rallie le 20 décembre 1927 à Toulon, le cuirassé La “Provence“. Bien intégré, il est promu matelot de 2è classe le 1er juillet 1928. Après cette affectation, il rejoint le cuirassé “Courbet“ qui sert de bâtiment école d’artillerie, du 15 septembre 1928 au 20 avril 1930, date à laquelle il est placé en congé illimité. Entre temps ses services sont reconnus, Marcel est alors promu Quartier Maître de 2è classe le 1er juillet 1929, Il réunit 30 mois de service à l’état. Auxquels s’ajoute 7 mois et 6 jours de mobilisation en 39/40.Désormais, il reprend ses navigations dans la Marine marchande et de pêche, dès le 3 mai 1930 il met son sac sur le vapeur “Adrien“ comme matelot jusqu’au 31 janvier 1933.
Puis il saute sur le “Evalana“ tout en prenant le temps de se marier. En effet, le 2 mars 1933, il prend pour épouse Gournay Marie Joseph à Le Portel qui lui donnera un garçon prénommé Marcel comme son père. Après ce vapeur, c’est au tour du “Limande“, re “Evalana“, “Le Mousaillon“, “Margat“ où il tombe malade en 1937, “Le Mousaillon“, re “Margat“ malade à nouveau en 1938 ( ce bateau ne lui réussit donc pas !), “Le Mousaillon“, puis le “Semper“ jusqu’au 20 novembre 1939.
Placé dans la réserve, Marcel passe successivement alors Quartier Maître de 1er classe le 12 octobre 1937 puis second maître manœuvrier le 1er septembre 1939.Mais le 20 décembre 1939, mobilisé il rejoint le “1er dépôt des équipages de la flotte “à Cherbourg pour recevoir son paquetage et embarquer sur le patrouilleur remorqueur dragueur “Pingouin“ en “campagne de guerre contre l’axe“.
Il débarque le 18 juin 1940 car il ne veut pas rallier les FNFL mais rejoindre sa famille. Il est placé dans un camp d’attente en Angleterre. Son bâtiment le “Pingouin“ lui, est réquisitionné par les Anglais le 3 juillet 1940.Son beau-fils Marcel écrit que :“ Marcel avait envoyé une lettre à sa femme et son fils, datée du 10 Juillet 1940 expliquant qu'il était en bonne santé et qu'il n'était pas blessé. Les circonstances et le destin ont voulu que ce courrier n’arrive à ma mère que le 20 Aout 40.“. Le 24 juillet 1940, il embarque enfin sur le paquebot “Meknès“, de la Compagnie Générale Transatlantique, transformé en transport de troupes avec 1300 passagers, heureux de retrouver leur famille.Sort funeste, ce soir-là alors que l’armistice est signé, le paquebot tous feux clairs, est mitraillé puis torpillé par la vedette allemande “S 27“ au large de Portland (GB). Marcel fait partie des 420 naufragés dont les corps sont dispersés entre les côtes anglaises et normandes. Marcel, ayant tout l’avenir devant lui, meurt à 33 ans et laisse derrière lui une jeune épouse éplorée et son fils de 4 ans, domiciliés Cité de la gare-travée 55 - N°5 à Le Portel. Cette femme déjà traumatisée par la disparition en mer, lors d’une tempête de son grand-père, ne s’est pas remise que le corps de son mari n’ait jamais été retrouvé. De plus, en juillet 1947 elle perdra son fils, emporté par une méningite foudroyante. En 1948, elle se remariera avec Louis Ledez et lui donne un petit Marcel (Transmission du prénom).Marcel ce grand marin, avec ses différents bateaux, totalise 30 mois 19 jours de pêche au large et 230 mois 29 jours au commerce.Son nom figure sur le monument aux morts de Le Portel (62) et la stèle commémorative de Petit Caux, falaise de Berneval le Grand (76) où sont gravés les noms des 420 “ Oubliés du Meknès“. Une plaque à la mémoire de ces disparus est apposée dans la chapelle Bon Secours à Dieppe (dite la chapelle des marins.Le document officiel portant la mention “Mort Pour La France“ est inscrit au tribunal de Bordeaux N°33 et retranscrit à Le Portel le 10 avril 1942.
Sources : - ESS - association “Les Oubliés du Meknès- informations de son beau-fils- internet- SHD Cherbourg



