Aristide Robert Eugène LIGER
Né le 24 août 1907 à Montreuil (Seine-Saint-Denis (93))
Meknès
Le Meknès était un ancien paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique construit par les Chantiers de Normandie du Grand-Quevilly, de 132 mètres de long et jaugeant 6127 tonneaux, mis en service en 1914 sur la ligne le Havre-Haïti sous le nom de Poerto Rico. Renommé Meknès, il est placé sur la ligne Bordeaux-Casablanca en 1929, puis le Havre-La Baltique en 1936. Suite aux événements de la guerre mondiale, il est transformé en transport de...
Aristide, fils d’Aristide Paul (25 ans, homme de peine) et de Paulet Germaine (21 ans, couturière) voit le jour, au 83 rue de Saint Mandé à Montreuil. Reconnu par son père mais pas d’union avec sa mère.
Il y effectue sa scolarité jusqu’au certificat d’études et devient alors manœuvre. Cette situation n’est plus à son goût c’est pourquoi il s’engage pour trois ans dans la Marine nationale à compter du 1er juillet 1929.
Il passe par le “1er dépôt des équipages de la flotte“ de Cherbourg avec le matricule 2887-C-29. Classé comme chauffeur c’est tout naturellement qu’il embarque à Toulon sur le croiseur cuirassé “Gueydon“, utilisé comme école des canonniers. Bien apprécié par ses pairs, il est promu matelot de 2è classe le 12 mars 1930 puis congédié le 1er juillet 1930 avec en prime : le certificat de bonne conduite.
De retour à la vie civile, Il reprend son métier de manœuvre. Non marié avec Aimée Sabatier ils habitent au 18 rue Bel Air à Montreuil. Ils ont deux garçons. Mais la guerre est déclarée et Aristide est mobilisé le 3 septembre 1939. Passé par le “1er dépôt des équipages de la flotte“, il embarque sur … avant que l’armistice soit signé. Dès lors son vœu le plus cher est de rejoindre sa famille. Après avoir été cantonné dans un de ces camps de prisonniers anglais inconfortables. Le 24 juillet 1940, il embarque sur le paquebot “Meknès“ de la Compagnie Générale Transatlantique comme passager parmi les 1300 marins français dont 102 appartiennent à l’équipage. Démobilisé, Aristide regagne la France.
Parti de Southampton en soirée, le “Meknès“ tous feux clairs, est mitraillé et torpillé par la vedette allemande “S27“, au large de Portland. Aristide fait partie des 420 victimes du naufrage dont les corps sont dispersés entre les côtes anglaises et normandes. Le sien ne sera pas retrouvé.
Ayant tout l’avenir devant lui, il meurt à 32 ans et 11 mois, laissant derrière lui une jeune compagne éplorée et deux garçons orphelins.
Son nom figure : sur le monument aux morts de Petite Synthe, la stèle commémorative de Petit Caux, falaise de Berneval-le-Grand (76) où sont gravés les noms des 420 “Oubliés du Meknès“, de même que sur le monument aux morts de Montreuil.
Une plaque à la mémoire des 420 disparus est apposée dans la chapelle de Bonsecours à Dieppe (dite la chapelle des marins)
Le document officiel portant la mention “Morts pour la France“ est inscrit au tribunal de Bordeaux, N° 163 le 7 janvier 1942 et retranscrit à Montreuil.
ESS
Association “les oubliés du Meknès“
Internet : Mémoires des hommes, mémorial genweb
Correspondance avec son fils



