Georges André POURNIN
Né le 24 janvier 1921 à Paris 20ème (Paris (75))
CH-5 - Carentan
La classe Chasseur 5 est le nom donné à une série de 17 petites unités de la marine nationale destinée à la lutte anti-sous-marine dite "chasseur de sous-marin", mise en chantier en 1938.
Le programme de 1937 avait prévu la construction d’un nouveau type de chasseurs de sous-marins à coque acier pour remplacer les vieux chasseurs américains de type C1...
Georges André Pournin est né à Paris dans le 20ème arrondissement le 24 janvier 1921, 110 rue Orfila. C’est le fils de Lucien Pournin, polisseur et de Germaine Jolinon, fourreuse. Une petite sœur lui naîtra le 1er décembre de l’année 1922, décédée hélas 7 mois plus tard dans le 12ème arrondissement, à l’hôpital Trousseau, et enterrée le 4 juillet 1923 au cimetière d’Ivry-sur-Seine.
A cette date, la famille habitait rue de la Voûte, près de la porte de Vincennes, mais le couple se sépare après le décès du bébé.
Le 22 décembre de la même année, Lucien Pournin épousera Claire Gaugy, à Le Perreux sur Marne.
Il y est domicilié lors du recensement de 1926 au 18 avenue de Bellevue, près des bords de Marne. D’après le recensement, le jeune Georges, âgé de 5 ans, y vit avec le couple et la maman de l’épouse. Commune devenue indépendante de Nogent, Le Perreux s’est beaucoup développé au début du siècle, et a attiré de nombreux Parisiens, pour son cadre de vie et la qualité de ses services publics. Les enfants peuvent être scolarisés dès la maternelle, et la commune est dotée de deux établissements publics, ainsi que d’équipements sportifs.
Mais son papa décèdera le 6 février 1930, alors que l’enfant vient d’avoir 9 ans.
Le 10 novembre 1923, Germaine Jolinon a épousé Henri Muths, coiffeur, domicilié dans le 6ème. Originaire d’Alsace, à Bouexwiller, il a quitté sa commune natale en 1916 afin de ne pas être enrôlé dans l’armée allemande.
A la date du mariage, il est domicilié dans le 6ème arrondissement au 33 rue Mazarine, tandis que Germaine habite rue Serpente.
Mais le couple n’y figure pas lors du recensement de 1926.
Il semblerait qu’à cette période les loyers aient considérablement augmenté dans Paris intra-muros, et en particulier dans le 6ème arrondissement, les appartements n’étant pas suffisamment nombreux pour la population à loger.
On peut penser qu’ils se sont dirigés vers ce qu’on appelle aujourd’hui le Val de Marne, plus avantageux. On y construit beaucoup, et, de plus, la gare permet de gagner assez facilement Paris, où Henri Muths a peut-être continué à exercer son art.
En tout cas, en 1935, la famille est domiciliée à Vincennes, au 53 rue de Fontenay, adresse mentionnée sur la carte d’électeur d’Henri Muths de cette année-là. et qu’indiquera Georges lorsqu’il s’engagera dans la Marine.
C’est une des rues les plus importantes de Vincennes. Située sur le parcours d’une ancienne voie romaine, elle relie Vincennes à Fontenay-sous-bois vers l’Est.
Le recensement de 1936 indique trois personnes au foyer, les époux, et Georges, 15 ans, qui à cette date travaille comme manœuvre auprès des établissements Servaire-Siccardi, spécialisés dans les bronzes d’ameublement. Créés à Paris, ils viennent de se déplacer à Montreuil, au 10 rue de l’union, à une quinzaine de minutes à pied du 53 rue de Fontenay.
Le 16 juillet 1938, le jeune homme, âgé de 17 ans, s’engage à Paris pour 5 ans dans la Marine nationale.
Deux jours plus tard, le 18, il rejoint le 5ème dépôt à Toulon en tant que matelot de 2de classe.
C’est un jeune homme souriant, de bonne taille, qui arbore fièrement l’uniforme à l’occasion d’une sortie en compagnie de son oncle Augustin Jolinon, le frère de sa mère.
Il embarquera d’abord deux mois sur le "Paris", un croiseur cuirassé construit aux Chantiers de La Seyne, qui a participé à la Première guerre mondiale, et fait désormais, après rénovations, office de navire-école pour les futurs canonniers. Suivront trois mois à bord du cuirassé "Courbet", un Lorientais de l’âge du "Paris", qui fait également office de navire-école, avant de reprendre du service après la déclaration de guerre, et deux petits mois à bord du croiseur "Suffren", un jeunot qui n’a pas encore 10 ans, rattaché à Toulon, et qui assure également l’instruction des jeunes engagés.
Il est breveté canonnier à l’issue de ces trois embarquements, le 22 janvier 1939.
Le 23 janvier, il est affecté au 1er dépôt, à Cherbourg, où il effectuera 5 mois de formation à terre.
Il embarque alors du 21 juin 1939 au 22 juin 1940, à bord du "Loing", pétrolier de 10 000t, ravitailleur d’escadre, construit par les chantiers de Seine-Maritime pour la société Worms à destination de la Marine nationale en 1927. Le pétrolier effectue de nombreuses croisières en compagnie des "Duquesne" et "Tourville", qu’il ravitaille en carburant.
En septembre 1939, lorsqu’éclate la Seconde Guerre mondiale, il part pour Saïgon, avec la BMEO, la Brigade maritime d’Extrême-Orient. De retour à la Pallice, port de la Rochelle, pour réparation, le navire se saborde en apprenant que la France, par la voix du maréchal Pétain, a demandé l’armistice.
Débarqué du Loing, Georges passe alors quelque temps en zone occupée sur le Front de mer de Charente, puis au dépôt de Rochefort, le 4ème dépôt.
Le 21 septembre 1940 il embarque à bord du Pétrolier ravitailleur "Lot", lancé en juin 1939 seulement. L’objectif ? Accompagner en Indochine la 5ème Division de sous-marins, et la ravitailler en vivres et en carburant. De Toulon, direction Oran, Casablanca, Dakar, Madagascar, et Saïgon où ils arriveront le 6 avril 1941. Le pétrolier repart le 10 pour Madagascar, en escorte du "Dumont d’Urville", puis rejoint Dakar.
En novembre 1942, pétrolier et équipage rallient les FNFL et sont intégrés aux convois allant vers les Etats-Unis.
Le 4 février 1943, Georges, devenu quartier-maître canonnier, débarque du "Lot" à New-York. Il rejoint l’Europe à bord du paquebot "Queen Elisabeth" qui fait office de transport de troupes et arrive à Greenock le 4 avril 1943.
Il sera d’abord dirigé vers la caserne Surcouf , ou CPL, Centre de Passage pour Londres, qui accueille les nouveaux arrivants, puis vers la caserne Bir Hakeim, à environ 10km de Portsmouth, du 13 avril au 23 juillet.
Quel choc lorsqu’il y apprendra que le "Lot", qui accompagnait un second convoi, a été torpillé le 22 juin par un sous-marin allemand, et a coulé, faisant 23 victimes !
Le 23 juillet 1943, il gagne Cowes où sont basés les Chasseurs. Il viendra compléter l’équipage du Chasseur 5 "Carentan", lancé en 1939, réquisitionné par les Anglais en juillet 1940. C’est un navire rapide, mais léger, 100t seulement, qui a pour mission d’assurer la sécurité des navires, et surtout des sous-marins qu’il protège contre les tirs incessants de l’aviation allemande.
Le quartier-maître canonnier Georges Pournin sera le bienvenu pour mener à bien cette mission.
Le 20 décembre, le Chasseur est appelé pour accompagner le sous-marin "Rorqual", un sous-marins mouilleur de mines qui rentre de mission en Méditerranée en passant par Gibraltar. Il vient d’arriver à Falmouth, d’où il est prévu qu’il regagne Portsmouth en surface, exposé à l’aviation allemande. Le soir du 20 décembre, ils sont à Portland. Le lendemain matin, le 21 décembre1943, ils appareillent pour Portsmouth. Vers 10.00 le matin, les conditions de navigation se dégradent. La tempête déjà levée forcit, les vagues sont de plus en plus hautes. En dépit d’une navigation au plus près des côtes, aux abords de Swanage, le chasseur embarque mer par l’arrière, chavire et se retourne. Il est 10h30
Il n’y aura que six survivants, dont trois recueillis par le sous-marin.
Le quartier-maître Georges Pournin est porté disparu.
Il n’avait que 22 ans.
- Croix de Guerre 39-45 avec étoile (s)
- Médaille de la Résistance


