Emile Pierre Augustin Etienne BOUETARD

Né le 04 octobre 1915 à Pleudihen-sur-Rance (Côtes-d'Armor (22))

2e Régiment de Chasseurs Parachutistes

Les parachutistes SAS de la France Libre.

Le 15 septembre 1940, sur proposition du capitaine Bergé, le général de Gaulle se montre favorable à la création de la "1re Compagnie d'Infanterie de l'Air" ("1re CIA") , composée de parachutistes français...

2e Régiment de Chasseurs Parachutistes

BOUÉTARD Émile Pierre Augustin Étienne

né le 4 septembre 1915 à Pleudihen-sur-Rance (22)

Fils de Pierre et de Mahé Victoire, Émile Bouétard, sixième enfant d’une famille de sept, naît à Pleudihen-sur-Rance, au hameau de la Gerdrie, à l’époque dans les Côtes-du-Nord. Il y fait ses études primaires à l’école publique et obtient son certificat d’études en juin 1928.

Il est employé quelques mois dans une ferme et en 1929, devient “Inscrit provisoire” au quartier maritime de Dinan. Il navigue comme mousse au cabotage.

Il devient novice en mars 1932 et navigue au long cours de mars 1933 à août 1935.

Rappelé sous les drapeaux, il rallie le 17 septembre 1935 le "2e Dépôt des équipage de la flotte" à Brest. Il est matelot de 2e classe non breveté.

Le 6 octobre 1935 il embarque sur le torpilleur d'escadre "Frondeur".

Le 1er août 1936 il est matelot de 2e classe gabier.

Le 1er septembre 1936 il rallie le contre torpilleur "Vauban". Le bâtiment quitte Brest le 8 octobre 1936 afin d'être détaché au Maroc pour une mission de surveillance au large du Maroc espagnol alors que l’Espagne à sombré dans la guerre civile. Rentré à Lorient le 30 novembre 1936 pour une période de travaux le Vauban est affecté en Méditerranée en février 1937

Le 17 mars 1938 il retourne naviguer au long cours.comme matelot.

Mobilisé, Émile rejoint le 29 novembre 1939 le "2e Dépôt des équipage de la flotte" à Brest, il est affecté le 1er janvier 1940 sur le pétrolier "La Garonne" jusqu'en mars 1940, puis rejoint la "Direction du port" de Beyrouth (Liban).

Démobilisé en septembre 1940, son certificat de bonne conduite porte la mention " Exemplaire".

Émile est de retour en métropole, il retrouve sa famille à Pleudihen-sur-Rance. Il travaille à la ferme toute l’année 41.

Il n’accepte pas la défaite de la France, refuse l’occupation et choisit de rejoindre les "Forces Françaises Libres".

Une de ses deux nièces qui a conservé ses correspondances, témoigne (2024) " Il était en admiration devant le général de Gaulle. Il avait une motivation extraordinaire et une foi à transporter les montagnes. Il aimait son pays. Pour nous, c’est un grand, Il avait une telle confiance dans l’avenir. Il savait qu’on allait y arriver.".

 Avec le soutien de son ancienne compagnie de navigation il obtient un laissez-passer en zone libre pour gagner Marseille. Le 24 janvier 1942 il quitte sa maison familiale et rejoint ce port par le train.

De là, il rallie Casablanca (Maroc). Le 3 avril, 1942 il embarque sur le cargo mixte "Île de Ré" qui assure la liaison vers les États-Unis. Le 8 novembre 1942, en escale à La Nouvelle Orléans (EU), Émile “déserte” avec l’intention de rejoindre l’Angleterre. Après un long périple, il arrive en Grande-Bretagne le 13 janvier 1943.

Dès son arrivée Émile est conduit à Londres, à la Royal Victoria Patriotic School, passage obligé de tous les volontaires venus de l’étranger pour continuer la lutte. Le 23 février 1943, il signe son engagement dans les "Forces Françaises Libres" (FFL). Deux jours plus tard, apprenant que l’on cherche des volontaires parachutistes, et jugeant que "c'est le moyen le plus rapide pour toucher le sol français", il s’engage dans les "Forces Aériennes Françaises Libres" (FAFL). Il est alors affecté à Camberley au sein de la "1re Compagnie d'infanterie de l'Air". Le lieutenant Pierre Marienne qui a marqué les hommes par sa personnalité, sa prestance, par son autorité bienveillante mais ferme, souhaite constituer une section d'élite. Il remarque Émile, particulièrement volontaire et déterminé et le recrute au sein de sa section.

Le 19 avril. il suit alors la formation de parachutiste à Ringway d’où il sort breveté parachutiste à la mi-mai 1943.

Le 23 octobre 1943, dans le cadre d’un saut réalisé pour tester du matériel et des techniques de saut, le lieutenant Marienne et son stick de 19 parachutistes, dont le caporal Émile, sautent depuis un Dakota (C-47). en 7 secondes et 5 dixièmes. Ils battent ainsi le record du monde de vitesse en saut groupé.

En janvier 1944 il entreprend ensuite différents stages particulièrement rudes afin d'être prêt le jour J et est affecté au "4e SAS" /"2e RCP"

Le 14 mai 1944, Émile écrit : "Aucune nouvelle de ma chère famille. Seul Dieu pourrait me dire ce qu’ils deviennent. Ma vieille maman, mon frère, mes sœurs et mes chères petites-nièces qui ont déjà perdu leur père tué par ces boches maudits".

Le 6 juin 1944 vers 00h45 dans le cadre de la mission "Dingson" (voir historique joint) le stick de 9 hommes du lieutenant Marienne est largué, par ciel clair, entre Plumelec et Guehenno (56) pour créer la base Dingson mais touchent le sol à 800 m d'un poste d'observation des Allemands. Émile reste sur place pour couvrir les 3 radios pendant que le reste du groupe rassemble du matériel dispersé. Les Allemands ont donné l'alerte et la zone de parachutage est rapidement assaillie par un important détachement de Géorgiens qui repèrent Émile et ses 3 compagnons. Un combat inégal s'engage aussitôt. Émile tire sans discontinuer, se bat avec rage, les balles l’entourent. Débordé par la horde ennemie, Émile se lève pour tirer avec plus d’efficacité. Une rafale l’atteint à l’épaule. Sa Sten lui échappe des mains. Il s’écroule blessé. Les 3 radios poursuivent le combat mais les munitions viennent à manquer. Ils détruisent leurs postes et les codes avant d'être faits prisonniers.

Les Géorgiens constatent la blessure d’Émile et l'achèvent froidement.

Vers 01h30 ce matin là le caporal Émile Bouétard est le premier parachutiste français à trouver la mort au cours des opérations de libération.

Le bruit des armes alerte son chef lui permettant de décrocher avec les autres hommes du stick, la supériorité de l'ennemi en nombre et en moyens ne leur laissant aucune chance.

 Il est décoré :

de la Médaille commémorative des services volontaires dans la France Libre,

de la Croix de guerre 39/45

 "A la suite des opérations en Bretagne au cours desquelles le "4eSAS" eut 79 tués, 172 blessés et 17 prisonniers sur un effectif de 508 hommes, le général de Gaulle a fait le drapeau des SAS Compagnon de la Libération avec la citation suivante :

Le "2eRCP", sous les ordres du colonel Bourgoin, formation d'élite qui a eu l'insigne honneur d'être la première des unités françaises à combattre à nouveau sur le sol de la patrie. Parachutée au-dessus de la Bretagne au cours du mois de juin, a réussi à regrouper autour d'elle plus de 6000 résistants. Avec cette aide et au prix de lourdes pertes, a procédé avec le plus grand succès à l'attaque de certains ennemis et à de nombreuses destructions de réseaux téléphoniques, de dépôts de munitions, et de voie de communications d'importance capitale pour l'ennemi. A eu aussi une grande part dans le succès de l'offensive alliée à partir de la tête de pont de Normandie et a été à l'origine de la libération de la Bretagne" .

 D’abord inhumé à Locminé, dans le Morbihan, le corps d’Émile Bouétard repose depuis 1948 dans sa terre natale.

 Son nom est inscrit :

à Dinan (22) sur le Monument commémoratif aux Déportés et Résistants.

à Pleudihen-sur Rance (22) sur le Monument commémoratif Émile Bouétard.

   sur le Monument aux Morts.

   sur la Plaque commémorative de l'église Notre-Dame

à Plumelec (56) sur le Mémorial des parachutistes SAS de la France Libre.

  sur la Stèle commémorative dite la croix Bouétard.

  sur le Monument aux Morts 39/45.

Il était matelot 2e classe.
Son unité : 2e Régiment de Chasseurs Parachutistes
  • Croix de Guerre 39-45
  • Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre
Décédé le 03 juin 1944. Il est mort pour la France à l'âge de 28 ans.
Inhumé à terre
Son corps repose au cimetière de Pleudihen-sur-Rance
Inscrit sur le monument aux morts de Pleudihen-sur-Rance (22) et Plumelec (56)
Son décès est inscrit à la commune de Pleudihen-sur-Rance
Document portant la mention MPLF : acte de décès.
Sources

Sources :

- parcours marine : État signalétique et des services; Archives départementales                                              d'Ille et-Vilaine, fonds de l'Inscription maritime et de l’état civil.

- parcours SAS et photo : le livre "Les parachutistes SAS de la France Libre" de David         Portier. et le site FFLSAS.

- Genweb.

- témoignages familiaux : Journal Ouest-France du 03/06/2024.

BOUETARD Emile Pierre Augustin Etienne - Documents annexes

198668
BOUETARD
Pleudihen-sur-Rance
Côtes-d'Armor (22)
1915-10-04
1915-10-04
1944-06-03
04 Octobre 1915
Aucune
NULL
Il a été décoré : Croix de Guerre 39-45,Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre
Acte de décès n°58 année 1945 de Pleudihen-sur-Rance
1944-06-03
Choix utilisateur pour les Cookies
Nous utilisons des cookies afin de vous proposer les meilleurs services possibles. Si vous déclinez l'utilisation de ces cookies, le site web pourrait ne pas fonctionner correctement.
Tout accepter
Tout décliner
En savoir plus
Analytique
Outils utilisés pour analyser les données de navigation et mesurer l'efficacité du site internet afin de comprendre son fonctionnement.
Google Analytics
Accepter
Décliner
Unknown
Unknown
Accepter
Décliner
Sauvegarder