Louis Malbert
Né le 02 mai 1918 à Saint-Quay-Portrieux (Côtes-d'Armor (22))
2e Régiment de Chasseurs Parachutistes
Les parachutistes SAS de la France Libre.
Le 15 septembre 1940, sur proposition du capitaine Bergé, le général de Gaulle se montre favorable à la création de la "1re Compagnie d'Infanterie de l'Air" ("1re CIA") , composée de parachutistes français...
MALBERT Louis Marie Prosper
Né le 2 mai 1918 à Saint-Quay-Portrieux (35)
Fils de Louis, capitaine au long cours, et de Louise Virginie Dalmart, sans profession, Louis naît à Saint-Quay-Portrieux où il passe son enfance en compagnie de sa sœur, Marie Thérèse, de quatre ans sa cadette.
Son père, après avoir navigué et commandé des trois mats, devient à Brest, où une rue et un quai portent son nom, le célèbre capitaine du remorqueur de haute mer "L'Iroise" avec lequel, de 1924 à 1933, il sauve des centaines de marins et 38 navires en perdition.
Le 26 novembre 1936, âgé de 18 ans, Louis (fils) s'engage dans la Marine nationale pour 3 ans, matricule 3192 B 36. Il rallie le "2e Dépôt des équipages" à Brest, il est matelot de 3e classe.
Le 5 décembre 1936 il débute à Rochefort sa formation de mécanicien dans l'aéronavale.
Le 1er juillet 1937 il est matelot de 2e classe breveté élémentaire de cette spécialité.
Le 1er octobre 1937 il est affecté à la "Base d'aéronautique navale de Lanvéoc-Poulmic" (29).
Le 18 juin 1940, devant l'avancée des troupes allemandes, la base est évacuée. Le personnel est acheminé vers Brest. Certains, comme Louis, embarquent sur le PLM 17, cargo charbonnier réquisitionné en 39, à destination de Plymouth (GB) où il arrive le 20 juin. Après transfert par train à Londres pour contrôle de sécurité, les marins rejoignent Liverpool, puis le camp d'Aintree où ils sont hébergés sous des toiles de tentes montées sur l'hippodrome, en attendant la suite des évènements. Ils ont alors un choix à faire, rester en Angleterre ou embarquer sur un navire pour une destination encore non définie. Louis Malbert décide de rallier les Forces Françaises Libres.
Le 19 aout 1940, il signe son engagement dans les FNFL.
En septembre 1940 il est affecté au "Service des pêches" dépendant des FNFL. Ce service dispose d'une flottille basée en partie à Newlyn, proche de Penzance (GB). Elle est constituée de nombreuses petites unités de tous types réquisitionnées. Elles sont utilisées à des tâches logistiques comme le transport de matériels légers le long des côtes sud de l'Angleterre. Certaines unités assurent des liaisons avec la France occupée pour les besoins de la résistance.
Le 8 janvier 1941 il épouse Alvis Lilian Robert dont il a fait la connaissance à Penzance où il réside.
Le 2 janvier 1942, par l'intermédiaire de la Croix Rouge britannique, il adresse ce message à ses parents " Vous envoie meilleurs vœux à l'occasion du nouvel an. Ai un fils né le 9 novembre 1941. Ressemble au père. Suis anxieux de recevoir de vos nouvelles".
En juillet 1941 il est affecté au "Squadron 340" baptisé "Ile de France". Première unité de chasse Air-Marine composée de SPITFIRE II des "Forces Aériennes Françaises Libres", basée à Turnhouse en Ecosse.
En novembre 1942 il rallie la "Caserne Bir Hakim", près de Portsmouth, où Il décide de rejoindre les parachutistes de la France Libre. Muté FAFL le 24 janvier 1943 il est alors affecté à Camberley, dans le sud ouest de Londres, au sein de la "Compagnie d'infanterie de l'air".
Le 19 avril 1943 il débute un stage de préparation au saut et d'entraînement physique intensif de 15 jours à Largo en Ecosse. Il est caporal.
Le 4 mai 1943, après avoir suivi la formation à Ringway (GB), il est breveté parachutiste. Il est affecté au "1er Bataillon d'infanterie de l'air" (1er BIA) formé le 1er juillet 1943. En novembre, l'unité prend l'appellation de "4e BIA", unité intégrée à partir de janvier 1944 au sein de la "SAS Brigade" (Special Air Service) sous le nom de "4th SAS Batallion". En avril 1944, l'unité prend l'appellation française de "2e RCP" (voir historique).
Il obtient une permission du 26 avril au 4 mai 1944. Son épouse le voit pour la dernière fois.
Le 27 mai 1944, le "4e SAS" du commandant Bourgoin rejoint le camp secret de Fairford dans le Gloucester (GB).
Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 les sticks précurseurs du "4e SAS" sont largués en Bretagne pour exécuter, dans le cadre de l'opération "OVERLORD", les missions "Samwest" et "Dingson" (voir historique joint).
Après la chute de la base Samwest, les hommes se replient vers Dingson, près de Saint Marcel (56) où stationnent de nombreux résistants et patriotes. A partir du 11 juin, tous les parachutages ont lieu à proximité de cette commune. Dans la nuit du 17 au 18 juin, considérant dangereuse cette concentration, le haut commandement allié donne l'ordre de dispersion, mais il est trop tard.
Louis fait partie des renforts parachutés sur Dingson dans la nuit du 17 au 18 juin 1944.
Le 18 juin à 04h30 deux véhicules ennemis se dirigent vers la base Dingson. Ils sont interceptés par les SAS et des FFI qui ouvrent le feu. Un Allemand parvient à s'enfuir et donne l'alerte.
La bataille de Saint Marcel commence.
A 09h00 les Allemands attaquent en force le camp. Des tirs nourris arrivent de partout. Côte à côte, SAS et maquisards résistent. Après trois vagues d'assaut repoussées, ils reçoivent vers 15h00 le soutien de l'aviation alliée qui mitraille les troupes ennemies autour de Saint Marcel. Les Allemands sont durement éprouvés.
A 17h00, les avions partis, les Allemands accentuent leur pression aux abords du manoir de Sainte Geneviève et de la ferme du Bois Joly. Les hommes résistent, en viennent au combat au corps à corps, à la grenade, les fusils mitrailleurs repoussent l'assaillant vers les taillis à l'est.
Les SAS et maquisards tentent de réduire un nid de mitrailleuses allemandes qui contrôle le secteur. C'est au cours de cette action que, comme le témoigne l'adjudant-chef Rémy dans une lettre adressée à la sœur de Louis, le caporal Malbert, portant assistance à des FFI dont le fusil mitrailleur est enrayé, trouve la mort en rejoignant son poste.
La situation devient intenable, le décrochage ordonné commence à 22h00 et dure une grande partie de la nuit. A partit du 19 juin, les Allemands mènent une traque impitoyable aux parachutistes et se livrent à des exactions envers la population civile.
Louis Malbert est inhumé provisoirement à Saint- Marcel, son corps est transféré à Saint-Quay-Portrieux au mois de septembre 1948.
Son fils Gérard n'ayant vécu que quelques mois, Louis laisse donc une veuve et une sœur qui entretiendra la mémoire de son frère et la transmettra à ses enfants.
L'acte de décès établi par le Commandement de l'Air en Grande Bretagne comportait deux erreurs, la date de décès de Louis et le patronyme de son épouse. Les démarches entreprises pour faire les rectifications nécessaires à l'ouverture des droits à pension de sa veuve prendront beaucoup de temps, laissant celle-ci dans un état de grande précarité.
Louis Malbert est décoré :
de la médaille commémorative des services volontaires de la France Libre;
de la Médaille Militaire;
de la Croix de guerre 39/45 avec palme.
Il est cité à l'ordre de l'Armée aérienne en ces termes :
" Parachuté en France en juin 1944, a eu une magnifique conduite au combat de Saint Marcel, le 18 juin. A été tué au cours de l'action".
Le nom de Louis Malbert est inscrit :
sur les monuments aux morts de Saint-Quay-Portrieux et de Sérent (56);
sur le Mémorial des parachutistes SAS de la France Libre de Plumelec (56);
sur le monument des combattants et martyrs, square du 18 juin à Saint-Quay- Portrieux;
sur le Mémorial international du Special Air Service implanté à Sennecey-le- Grand (71).
A la suite des opérations en Bretagne au cours desquelles le 4e SAS eut 79 tués, 172 blessés et 17 prisonniers sur un effectif de 508 hommes, le général de Gaulle a fait le drapeau des SAS compagnon de la libération avec la citation suivante : " Le "2e RCP", sous les ordres du colonel Bourgoin, formation d'élite qui a eu l'insigne honneur d'être la première des unités françaises à combattre à nouveau sur le sol de la patrie. Parachutée au-dessus de la Bretagne au cours du mois de juin, a réussi à regrouper autour d'elle plus de 6000 résistants. Avec cette aide et au prix de lourdes pertes, a procédé avec le plus grand succès à l'attaque de certains ennemis et a de nombreuses destructions de réseaux téléphoniques, de dépôts de munitions, et de voies de communications d'importance capitale pour l'ennemi. A eu aussi une grande part dans dans le succès de l'offensive alliée à partir de la tête de pont de Normandie et a été à l'origine de la libération de la Bretagne".
Sources : le livre "les Parachutistes de la France Libre" de David Portier;
le site FFLSAS;
l'état signalétique et des services de la marine;
l'état signalétique et des services du commandement des Forces Aériennes Françaises en Grande Bretagne;
Le musée de Saint Marcel;
le site GENWEB;
le site "la Fondation de la France Libre";
le texte de l'hommage rendu à Louis Malbert le 9 mai 2025 à Saint-Quay- Portrieux, signé André Orhan;
photo: le correspondant Défense de Saint-Quay-Portrieux.
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SAS Mort au combat lors de l'attaque de Saint Marcel (56) le 18 juin 1944.
- Médaille Militaire
- Croix de Guerre 39-45 avec palme (s)
- Médaille des services volontaires dans les FFL


