Raymond Cabard

Né le 10 décembre 1913 à Paris (Paris (75))

BCRA

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En 1940, André Dewavrin, dit le colonel Passy, prend la tête du 2e bureau des Forces Françaises Libres, devenu en janvier 1941 Bureau central de renseignements et d'action (BCRA). Ce service organise en France occupée des réseaux chargés de renseigner les Alliés et de préparer la libération du territoire. 2 000 agents serviront pendant la durée de la guerre au s...

BCRA

 

Fils d’Émile Cabard, boucher, et de Clara Armance Tribout, brodeuse et dentellière, il est né à Paris sur le boulevard de Port-Royal dans le 14e arrondissement. Son père le reconnaît officiellement le 15 novembre 1920 à la mairie du 9e arrondissement de Paris, quelques semaines avant d'y épouser Clara, le 9 décembre 1920. Le couple s'installe alors au 44 rue Notre-Dame de Lorette.

Le 9 avril 1930, à l'âge de 16 ans, le jeune Raymond, alors domicilié à Chelles (77), s'engage pour cinq ans dans la Marine nationale. Il intègre  l'école des apprentis marins de Cherbourg, puis poursuit sa formation à "l'École des fusiliers marins" de Lorient. Nommé matelot de 2e classe le 1er septembre 1931, il est affecté au "Centre des sous-marins" de Cherbourg au début de l'année 1932. Il y gravit les échelons : promu quartier-maître fusilier marin le 1er janvier 1936, il devient quartier-maître de 1re classe le 1er avril de la même année.

De retour à la vie civile en 1936, il se reconvertit comme représentant de commerce. Le 18 avril 1936, il épouse Georgette Eugénie Léontine Aubry à Cherbourg. De leur union naissent deux enfants : Germaine, le 18 décembre 1936, et Daniel, le 1er octobre 1938. Entre-temps, le 2 août 1937, Raymond décide de se réengager pour cinq ans dans la Marine et sert au sein de plusieurs unités à Cherbourg.

La destruction partielle des archives de ce port empêche de retracer son parcours exact au début de la guerre. Toutefois, la Marine de Cherbourg joue un rôle crucial en juin 1940 lors de l'opération Dynamo (l'évacuation de Dunkerque). Aussi est-il très probable que Raymond y ait participé à bord d’un bâtiment militaire ou civil réquisitionné. Ainsi, il se retrouve sur le sol britannique dès le 7 juillet 1940.

Déterminé à poursuivre la lutte, Raymond rallie Londres. Le 4 septembre 1940, il rejoint le dépôt des Forces françaises libres (FFL) installé dans le bâtiment Olympia, dans le quartier de Hammersmith. Deux jours plus tard, il signe son contrat d’engagement. Fusilier marin d'origine, il se porte naturellement volontaire pour intégrer l’unité de parachutistes fraîchement créée (voir historique). Admis au sein des "Forces aériennes françaises libres" (FAFL) sous le matricule n°30.570, il reçoit le grade de caporal et est incorporé le 7 octobre 1940 à la "1re Compagnie de l'infanterie de l'air" (1re CIA)

Le capitaine Bergé, commandant la compagnie,  repère rapidement Raymond et l'intègre à un groupe d'élite de 15 hommes destinés à mener des missions clandestines en zone occupée. Le 16 novembre 1940, le groupe rejoint le centre d'entraînement de Wrotham, au sud-est de Londres, pour parfaire sa condition physique. Raymond y est promu caporal-chef. Le 30 novembre, les hommes rejoignent la "Parachute Training School" de Ringway. Breveté parachutiste le 20 décembre 1940, Raymond accède au grade de sergent.

Début janvier 1941, l'équipe intègre un centre de formation du "Special Operations Executive (SOE)" au château de Brickendonbury, au nord de Londres. Ils y suivent un entraînement intensif sur le maniement des explosifs et les techniques de sabotage, devenant officiellement des agents des services secrets de la France Libre.

Au printemps 1941, les services secrets britanniques sollicitent le Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) pour une mission de haute importance en territoire occupé, baptisée "Joséphine B".L'adjudant Forman ainsi que les sergents Vanier et Cabard (alias Fraichin) sont désignés pour l'accomplir. Opérant en civil sous de fausses identités, l'objectif est de détruire la centrale électrique de Pessac (33), une sous-station stratégique qui alimente la base sous-marine de Bordeaux et l'aérodrome de Mérignac, deux infrastructures dont les moyens menacent les convois alliés en Atlantique.

Dans la nuit du 11 au 12 mai 1941, les trois hommes sont parachutés près de Mimizan (40). Aidés par un réseau local pour acheminer leur matériel, ils constatent sur place que la sous-station est protégée par une haute clôture surmontée d'une ligne à haute tension. Infranchissable en l'état, le matériel est enterré à proximité et les hommes se cachent. Le 7 juin 1941, le groupe réussit finalement à franchir l'obstacle grâce à une échelle démontable. Ils posent leurs charges et déclenchent l'explosion : la mission est un succès total.

Après trois jours de dissimulation à Bordeaux, les saboteurs se séparent avec pour consigne de passer en zone libre afin de regagner l'Angleterre. Raymond et Vanier atteignent Toulouse et cherchent une filière vers l'Espagne, ce qui les conduit à Banyuls-sur-Mer (66). Le 8 août 1941, alors qu'il attend son camarade dans un café de Banyuls, Raymond est interpellé par deux commissaires de police. Conduit à la gendarmerie, fouillé et interrogé, il prétend être un ouvrier en quête de travail. En écoutant les policiers, il comprend que les auteurs du sabotage de Pessac sont activement recherchés et que toutes les issues sont bouclées. Après huit jours de détention, un commissaire lui propose de se rendre à Toulouse (31) où une connaissance pourrait lui fournir un emploi. Arrivé sur place, personne ne l'attend et Raymond réalise qu'il est filé. Il s'enfuit alors à Montpellier (34), où il est pris en charge et caché par les résistants du mouvement "Liberté". Par sécurité, il reste cloîtré trois jours, le temps d'organiser son retour en zone occupée. Il parvient à regagner Paris en décembre 1941. Sur place, il reprend contact avec un agent du BCRA issu, comme lui, de la "1re CIA". Raymond effectue alors plusieurs missions en province pour repérer des terrains de parachutage et planifier des sabotages ferroviaires. À l'été 1942, il obtient l'autorisation de revoir sa famille à Cherbourg. Quelques semaines plus tard, l'ordre lui est donné de rentrer d'urgence à Paris, où il arrive le 25 octobre 1942. Son agent de contact décide de fuir vers la zone libre, car la Gestapo vient d'arrêter l'un de leurs camarades. Inquiet et traqué, Raymond décide lui aussi de passer au Sud. Il tente sans succès de nouer des contacts résistants à Aix-en-Provence (13), puis se réfugie à Marseille.

Le 16 novembre 1942, à bout de forces, épuisé par une traque incessante et moralement désemparé, Raymond Cabard fait le choix de se constituer prisonnier auprès du bureau de la police maritime de Marseille pour échapper à la police de Vichy. Identifié comme déserteur pour avoir rallié les Forces françaises libres en 1940, il est incarcéré dans l'attente de son jugement.Le vendredi 15 janvier 1943, il est déféré devant le 1er Tribunal maritime militaire permanent de Toulon (83). Condamné à cinq ans de travaux forcés pour désertion, il entame un parcours carcéral difficile à retracer. En juin 1944, son épouse aurait reçu une ultime lettre de sa part, envoyée depuis la prison de Poitiers (86).

À la Libération, Raymond Cabard est officiellement déclaré "porté disparu". Par la décision n°591.806 du Tribunal civil de Cherbourg, il est déclaré "présumé mort" à la date de sa dernière apparition connue, le 15 janvier 1943. Son corps n’a jamais été retrouvé

Il est Mort pour la France.

Il laisse une veuve et deux orphelins.

Les deux compagnons de Raymond parviendront à échapper à la police et à rejoindre l'Angleterre. 

Le nom de Raymond Cabard est gravé sur plusieurs monuments commémoratifs :

- Équeurdreville (50) – Monument aux Morts

- Cherbourg (50) – Monument aux Morts, avenue de Paris.

- Saint-Lô (50) – Monument commémoratif aux victimes de la répression nazie.

- Le Tréport (76) – Monument commémoratif des combattants F.A.F.L. Disparus.

Sources :

- Les Parachutistes de la France libre, David Portier;

- Site internet FFLSAS (Photographie);

- Site internet MémorialGenWeb.

Il était QM1/Sergent-chef.
Son unité : BCRA
Décédé le 15 janvier 1943. Il est mort pour la France à l'âge de 29 ans.
Porté disparu
Inscrit sur le monument aux morts de Cherbourg (50) - Equerdreville (50)
Son décès est inscrit à la commune de Cherbourg

CABARD Raymond - Documents annexes

198723
Cabard
Paris
Paris (75)
1913-12-10
1913-12-10
1943-01-15
10 Décembre 1913
Aucune
NULL
Il a été décoré : Aucune médaille
Extrait des registres d'Etat Civil (Décès) du 27 mai 1950
1943-01-15
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