Frédéric Le Mouillour Mémorial national des marins morts pour la France

Jean Bart - Cuirassé

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Le cuirassé Jean Bart a une histoire particulière, car bien que commencé en 1936, il ne fut admis officiellement au service actif qu’en 1955. En juin 1940 le Jean Bart est en cours d’achèvement aux chantiers de Saint Nazaire ; devant l’avance de l’armée allemande, les autorités décident de faire accélérer les travaux afin qu’il ne tombe pas aux mains des allemands. Dans la nuit du 18 au 19 juin, après quelques péripéties, le Jean Bart, avec seulement la moitié de son appareil propulsif en état de marche, et sans avoir effectué d’essais préalables, arrive à gagner la haute mer et met le cap sur Casablanca au Maroc.

Commencé le 12-12-1936 aux chantiers de Saint Nazaire, mis à flot le 06-03-1940, ses caractéristiques étaient les suivantes :

Déplacement : 35000 t : Dimensions  : Long 247,8 m – larg 35,5 m – Tirant d’eau 10,5 m
Propulsion : 6 chaudières Indret -155000 cv – 4 hélices – 30 nds                        
Equipage : 1670 hommes

Armement : 8 canons de 380 mm, 9 canons de 152 mm, 24 canons de 100 mm, 28 canons de 57 mm, 8 canons de 40 mm, 20 canons de 20 mm, 2 catapultes – 4 hydravions

 

En 1941/42 les travaux de renforcement de l’armement se poursuivent à Casablanca. Le 8 novembre 1942, les marines anglaises et américaines déclenchent l’opération « Torch » et lors de l’attaque de Casablanca, le Jean Bart, après une héroïque résistance, est sévèrement touché, perdant de nombreux hommes dont le capitaine de corvette Quéré, commandant en second. Après le ralliement aux Alliés des forces navales d’Afrique du Nord, le Jean Bart sera remis en état de naviguer, mais l’achèvement définitif aux Etats Unis ne se fera pas et le Jean Bart appareillera finalement le 25 août 1945 pour Cherbourg, puis pour Brest où reprendront les travaux d’achèvement et de modernisation. Ces travaux, entrecoupés des divers essais afférents, vont se poursuivre jusqu’en 1949.

 

Après une courte affectation aux forces maritimes du Levant, le Jean Bart revient à Brest et son admission au service actif a lieu le 1er mai 1955 ; il effectuera plusieurs missions de représentation avec notamment le voyage du président René Coty au Danemark. En juillet 1956 le Jean Bart sera rattaché à la force navale d’intervention pendant les opérations de Suez, les égyptiens prétendront même avec un certain aplomb, l’avoir coulé…Des projets de transformation en cuirassé lance-missiles n’aboutiront pas et le Jean Bart sera placé en réserve et utilisé à Toulon en tant que bâtiment base des écoles de la marine.

Le Jean Bart aura été le dernier cuirassé construit pour la marine française, il n’aura jamais été totalement opérationnel, n’ayant connu que quatre ans de service actif, servant surtout de banc d’essais pour les nouveaux matériels d’artillerie et de détection ; et aussi condamné par l’avènement d’une ère nouvelle constituée par les porte-avions.

 

Le Jean Bart fut condamné en 1970 et ferraillé à Brégaillon (La Seyne s/mer), sa silhouette imposante et majestueuse de la rade de Toulon disparaîtra peu à peu du paysage.

 

Sources :

Source : divers web

Photo : Marius Bar - Toulon côte /A08864

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