Sancte-Michael - Chalutier à vapeur

Trawler-M252-UK
1897
Sud Bretagne
01 Septembre 1940

Le « Sancté Michael » était à l’origine un chalutier anglais à propulsion vapeur. Il avait été construit en 1897 à North Shields. sans doûte au chantier Smith’s dock C° Ltd. North Shields est une ville sur la rive nord de la rivière Tyne, dans l'arrondissement du North Tyneside dans le nord-est de d'Angleterre située à 13 km de Newcastle Upon Tyne.
En 1931, le chalutier anglais est racheté par un armement français de Dieppe où il est immatriculé Di 1079, mais sans que l’on sache s’il s’est immédiatement appelé « Sancté Michael ».
Le 28 novembre 1939, l’armement lorientais des associés Julien Quéré, Ludovic Jégo, Pierre Tonnerre en fait l’acquisition et l’exploite à partir de Lorient sous le N° L 4228 et sous le nom de « Sancté Michael ». L’armement Jégo-Quéré a perduré ensuite de nombreuses années et a même été le plus important du port de Lorient et le 1er armement français de pêche industrielle jusqu’en 1994 où il est passé sous la coupe du groupe espagnol Pescanova.
Le « Sancté Michael » était mu par une machine à vapeur de 380 ch, il jaugeait 167,62 tonneaux bruts, et 62,17 tonneaux nets pour une longueur non connue mais sans doute comprise entre 25 et 30 m. La photo d’illustration ne représente pas le « Sancté Michael » mais un chalutier anglais contemporain qui devait être sensiblement identique.
Le 29 août 1940, « Le Sancté Michael », sous le commandement du patron Louis Tonnerre appareille de Lorient avec ses 13 hommes d’équipage. Il fait route plein ouest vers sa zone de pêche située à une vingtaine de milles dans le sud-est de la pointe de Penmarc’h. Tandis qu’il retrouve sur zone d’autres chalutiers lorientais dont « Chimère », « Mon Petit », « Aigrette » et « Madeleine », il met en pêche et durant les jours suivants des 30 et 31 août tout se passe pour le mieux au point que la cale est déjà à demi-remplie.

Le 1er septembre, vers 17 heures, « Sancté Michael » est sur des fonds de 108 à 114 m relevés au sondeur, quand son patron sent un raguage sur les câbles du chalut. Louis Tonnerre ordonne alors de prendre les dispositions prévues pour couper les funes si nécessaire. Un raguage sur les funes du chalut peut être causé par une croche sur le fond qui pourrait faire chavirer le bateau, il faut donc être paré à cette éventualité et les seules façons de l’éviter sont de : soit filer toute la longueur des funes pour larguer le matériel à la mer ou couper les câbles pour le même résultat.
   Mais à peine ces dispositions d’urgence furent-elles prisent que l’un des hommes d’équipage cria « mine » en apercevant le dos du chalut qui arrivait à la surface et qui allait inévitablement heurter la coque. A ce cri, les hommes d’équipage qui en eurent le temps se précipitèrent vers l’arrière du bateau juste avant qu’une formidable explosion se produisit qui pulvérisa le bateau et précipita tous les hommes à la mer comme de vulgaires objets. Le patron Tonnerre, qui était dans sa passerelle, ne fut pas projeté à la mer comme ses hommes, mais fut entraîné vers les profondeurs dans les débris de son bateau. Il remonta néanmoins à la surface, on ne sait trop comment, mais il flottait sur le dos complètement inanimé. C’est alors qu’il faut saluer l’initiative courageuse et bienveillante du mousse Isaïc Tonnerre, homonyme du patron, qui avec sang-froid et intelligence, confectionna une sorte de matelas avec débris de planches, boules de verres du chalut et autres espars, pour permettre à son patron de garder la tête à la surface de l’eau. Nul doute que ce courageux mousse sauva ainsi la vie de son patron, à signaler qu’il ne se contenta pas de porter assistance à Louis Tonnerre, mais il aida aussi ses camarades en rassemblant divers débris qui flottaient pour les aider à se maintenir à flot en attendant les secours.
Secours qui, un quart d’heure plus tard arrivèrent par le chalutier « Madeleine » qui avait aperçu l’explosion. Le patron Tonnerre fut repêché, presque inanimé, avec sept autres hommes de son équipage, on repêcha aussi deux malheureux qui avaient rendu l’âme. Malheureusement, malgré d’intenses recherches, il manquait quatre hommes à l’appel.
Le chalutier « Madeleine » rentrait à Lorient le lundi 2 septembre 1940 avec les huit rescapés du « Sancté Michael » et les corps de leurs deux camarades tués par l’explosion.

Ce terrible drame a fait deux morts :
Joseph MALLET 50 ans d’Auray et Gildas LANCO 47 ans de Locmaria (Ile de Groix)

Et quatre disparus :
Jules CLERO 48 ans chef mécanicien de Lorient
Yvon JEROME 47 ans de Locmaria (Ile de Groix)
Jean-Marie Le POULICHET 29 ans Ile de Groix
François TANGUY 19 ans Plunéret

Sources :

Rapport de mer du capitaine Louis Tonnerre
Article journal Ouest Eclair du 4 septembre 1940

remerciements à Bernard Cléro et Thierry Lanco

Chalutier à vapeur
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