Frédéric Le Mouillour Mémorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 
 

Sant'Anna - Paquebot

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Lorsqu’éclate la Première Guerre Mondiale en août 1914, les autorités françaises sont persuadées que le conflit sera de courte durée. Mais très rapidement il faut se rendre à l’évidence qu’il n’en sera rien. Il faut alors augmenter le nombre de soldats sur le front de l’est de la France. La décision est prise, il faut constituer une flotte auxiliaire destinée à compléter la marine nationale pour assurer le transport des troupes venant des colonies, c’est ainsi que sont réquisitionnés les paquebots des différentes compagnies maritimes. Plus tard , lorsque Churchill réussit à entrainer la France dans l’opération des Dardanelles, les compagnies sont encore sollicitées pour acheminer des soldats, pour soigner les blessés et les malades  dans les navires-hôpitaux et porter secours à l’armée serbe. Le ῍Sant’anna῍ est un paquebot de la compagnie Cyprien Favre devenu croiseur auxiliaire pour assurer le transport de troupes durant la Première Guerre Mondiale.

Caractéristiques :

Longueur 150 (ht) -143,25 (pp) – largeur 17,17 -  tonnage 9350 tjb ; 5814 tjn ; 6000 tpl -

Machine à vapeur triple expansion – vitesse max 16,5 nœuds.

Il est construit aux Forges et Chantiers de la Méditerranée à La Seyne sur mer. Mis à flot en 1910 et terminé  en 1912, il est mis en service sur la ligne de New York. A la déclaration de  guerre, la compagnie Cyprien Favre arme sur la ligne de New York 4 paquebots, le ῍Sant’Anna῍, le ῍Canada῍, le῍ Patria῍ et le  ῍Providence῍. Le ῍Sant’Anna ῍est transformé en transport de troupes. Le 19 octobre 1915 un incendie éclate à bord qui est attribué à un sabotage allemand, quatre marins sont tués. Il est réquisitionné par la marine nationale le 12 octobre 1915.et affecté en Méditerranée. Du18 au 23 octobre 1915 il fait plusieurs traversées de Marseille à Salonique pour transporter des troupes vers les Dardanelles. En décembre 1915, il ramène à Marseille des orphelins serbes. Entre le 8 avril et le 30 mai 1916, le ῍Sant’Anna῍ participe au transport de 1027 serbes et de leur matériel de Corfou à Salonique ainsi que des troupes françaises et du matériel. Le bâtiment essuie l’attaque d’un sous-marin allemand le 27 octobre1917.

Le rapport rédigé par le commandant  permet de connaître le déroulement  de la journée du 11 mai 1918 qui va voir sombrer le croiseur auxiliaire. A 18h30 le 10 mai le῍ Sant’Anna῍ quitte Bizerte pour Salonique sous les ordres du Commandant Noël Marcantetti. Le préfet de Bizerte ayant souhaité procéder à une revue et le départ du bateau ayant été fixé à 18h30, l’embarquement des troupes, plus de2000 passagers dont 64  en première classe, commence à 16h30 ce qui ne permet pas d’effectuer un exercice d’abandon avant de quitter le quai. Le bâtiment est escorté par deux sloops anglais, le ῍ Cyclamen῍  à droite et le ῍Verhena῍ à gauche. Le 11mai à 26 milles à l’est du Cap Bon, le croiseur auxiliaire est attaqué par un sous-marin ennemi, l’UC-54 commandé par le Kplt Heinrich Prinz Reuβ zu Köstritz. Une explosion se produit à 10 mètres sur l’arrière de la passerelle à tribord. Le navire prend aussitôt de la gite sur bâbord puis se redresse, gîte sur tribord et s’enfonce. Un très fort ébranlement le secoue, s’en suit une flamme rougeâtre qui s’élève au-dessus de la baleinière bâbord. Le chef mécanicien fait fermer les portes étanches mais la cale 2 se remplit rapidement. Le commandant prend les mesures d’usage pour assurer la survie des passagers et de l’équipage et lance par trois fois un S.O.S. Le navire s’enfonce dans la mer à 3H58. Tous les radeaux et les canots ont été mis à l’eau. Mais la panique et l’affolement vont rendre très difficile le sauvetage.La nuit est très noire et les soldats se ruent sur les embarcations de survie, coupent les garants, beaucoup tombent à la mer et disparaissent. Certains, croyant avoir trouvé refuge sur l’arrière refusent de quitter le bateau et vont être engloutis. Vers 3h30 l’eau recouvre le pont et atteint le spardeck. Le commandant donne l’ordre du sauve qui peut en demandant aux soldats et aux officiers encore à bord de se munir de leur brassière de sauvetage.

Dès que le ῍Sant’Anna ῍ a disparu, les deux sloops anglais s’approchent et sauvent quantité de gens qui se débattent au milieu des débris. Les embarcations du croiseur montées par des officiers et des hommes d’équipage continuent à contribuer au sauvetage des naufragés. Arrivent enfin le  contre-torpilleur ῍Catapulte῍ une canonnière anglaise et le chalutier  ῍Saint Jean῍ qui poursuivent le travail des sauveteurs.

Tous les rescapés sont débarqués à Bizerte dans l’après-midi, le commandant, lui, est recueilli par le ῍Cyclamen῍.

607 personnes sont portées disparues.

Sources :

navires-14-18.com/Sant'Anna Fabre

 

www.navires-14-18.com/fichiers/S/SANT_ANNA

 

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Paquebot