Frdric Le Mouillour Mmorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 
 

Général de Boisdeffre - Trois-mâts barque

General-Boisdeffre001

Le Général de Boisdeffre était un trois-mâts barque à coffre. Il avait été construit en 1898 à Nantes aux Chantiers de la Loire. Lancé le 3 août 1898, il avait été précédé par son frère de chantier, le Général de Charrette exactement semblable le 5 mai ; tous deux appartenant à l’armement nantais Guillon et Fleury.

Ces voiliers à trois mâts dits de type « A » mesuraient 79,54 m de long, 12,26 m de large, avaient un tirant d’eau moyen de 6,20 m et une profondeur de carène de 6,94 m. La jauge brute était de 2297 tx, la jauge nette de 12731 tx et la surface de voilure de 2631 m². Un trois-mâts barque est un voilier qui porte une voile aurique (triangulaire) et un flèche sur son mât d’artimon (le plus en arrière du navire), un trois-mâts carré étant un navire qui porte des voiles carrées (en réalité trapézoîdales) sur chacun de ses mâts.

Le capitaine Le Lamer avait pris le commandement du navire au neuvage, puis, lui avait succédés les capitaines Le Pannerer, Laroque et Pireau qui en sera le dernier capitaine puisqu’il disparut avec lui en 1917. Le Général de Boisdeffre avait été vendu à la Société Nouvelle d’Armement en 1908. En 1910, Général de Boisdeffre, comme c’était souvent l’usage à cette époque, avait fait l’objet d’un pari intéressant à son départ d’Astoria (Orégon Etats-Unis) pour l’Europe le 10 octobre. Le quatre mâts anglais Andorina, qui avait quitté la même rade d’Astoria le 9 octobre était l’autre concurrent objet du pari. En principe Général de Boisdeffre qui n’avait rien d’un clipper, avait peu de chances de devancer son concurrent anglais réputé bon marcheur.

Général de Boisdeffre, après 123 jours de mer doublait le Cap Lizard le 13 février 1911, Andorina arrivait à Falmouth le 24 février 1911, il avait mis 10 jours de plus que le français à effectuer la traversée. Peu de gens avaient misé sur le français et empochaient donc une belle somme car les mises avaient été importantes, certains pariant même sur le nombre de jours que l’anglais gagnerait sur son adversaire.

Du déclenchement de la Grande Guerre en 1914 à l’année 1917, le Général de Boisdeffre a sillonné l’Atlantique sans relâche et sans ennuis majeurs  malgré les hostilités.

En janvier 1917, il quitte Mexillones (Chili) avec un chargement de salpêtre, pour l’Europe, il ne parviendra jamais à destination. Seul un vêtement, avec à l’intérieur un portefeuille, ayant appartenu à un marin du Général de Boisdeffre, fut retrouvé sur une côte française. Chose curieuse ce vêtement n’était pas particulièrement abîmé alors que, le navire aurait déjà dû se trouver à cet endroit depuis bien longtemps avant cette trouvaille.

Ceci va créer des polémiques entre les assureurs et les propriétaires de la cargaison sur le fait que  Général de Boisdeffre n’avait pas été victime d’un fait de guerre, l’assurance spéciale de la cargaison pour risques de guerre ne pouvait plus jouer.

Un jugement, rendu à Londres par le juge du King’s Bench, indiqua qu’il était à présumer que Général de Boisdeffre fut perdu par fait de guerre et non par évènement de mer, mais le jugement ne précisait pas si la disparition du navire était dûe, d’une façon certaine à une cause déterminée.

Au-delà des polémiques et des questions bassement matérielles, il faut tout de même se souvenir que 23 hommes ont péri dans la disparition de leur navire.

Etienne Louis Marie PIREAU, capitaine, inscrit à Nantes - Jean Marie MALGORN, second, inscrit au Conquet - Jean Marie Adrien GIQUEL, lieutenant, inscrit à Saint Malo - Jacques Marie NESTOUR, mécanicien, inscrit à Lorient - Louis LUDWIG, cuisinier, inscrit à Nantes - Albert François Marie DOLO, charpentier, inscrit à Saint Brieuc  - Aristide Yves Marie JAMET, matelot, inscrit à Sant Brieuc - Yves Jean Marie Le GAC, matelot, inscrit à Concarneau - François Marie CURDUNER, matelot, inscrit à Concarneau - Yves GUILLOU, matelot, inscrit à Concarneau - Mathieu BELLEC, matelot, inscrit à Concarneau - Yvon Joseph Marie TREGUIER, matelot, inscrit à Concarneau - François Joseph CAUDAN, matelot, inscrit à Concarneau - Jean-Louis MENGUY, matelot, inscrit au Conquet - Armand Marie Le QUEMENT, matelot, inscrit à Paimpol - Jules Adolphe JAMES, matelot, inscrit à Paimpol - Pierre CARVAL, matelot, inscrit à Audierne - Clet Henri Marie NORMANT, matelot, inscrit à Audierne - François Pierre Marie PAROUX, matelot, inscrit à Saint Malo - Pierre Marie François Joseph DAGORNE, matelot, inscrit à Saint Malo - Henry François Antoine Marie AOUSTIN, novice, inscrit à Sant Malo - Ambroise François Louis HESRY, novice, inscrit à Dinan - Eugène Pierre Marie MILIN, novice, inscrit à Morlaix.

 

Raoul Le Mouton de Boisdeffre, ou plus communément Raoul de Boisdeffre, est un militaire français né le 6 février 1839 à Alençon et mort le 24 août 1919 à Paris. Il a été chef d'État-Major général de l'Armée de 1893 à 1898, notamment lors du déclenchement de l'affaire Dreyfus. C'est à son initiative que les bicyclettes sont introduites dans l'armée.Il est impliqué dans l’affaire Dreyfus, en tant que chef d'État-Major et cité dans le J'accuse…! de Zola. À la découverte du « faux Henry », il démissionne le 2 septembre 1898, en raison du scandale provoqué et se retire de la vie publique.

 

 

Sources :

 

Les derniers grands voiliers – Histoire des longs-courriers nantais de 1893 à 1931 de Louis Lacroix CLC – Editions maritimes et d’outre-mer

Wikipédia

 

http://www.musee-trochu.com

 

 

 

 

General-Boisdeffre002armement-Guillon--Fleury
Trois-mâts barque