Frédéric Le Mouillour Mémorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 
 

Tereora - Goélette

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Goélette construite en 1917 aux chantiers WH Brown and sons à Auckland (Nouvelle Zélande) pour le compte de la "Maison Donald" qui possède plusieurs goélettes chargées d’assurer le transport de marchandises et de passagers vers la Polynésie.

Caractéristiques: construction bois ; déplacement : 113 t ; puissance : 80 cv.

Francisée en 1934 après avoir navigué auparavant sous pavillon britannique,"Tereora", ainsi que les autres goélettes de la "Maison Donald", ravitaille, venant d’Auckland, des îles de la Polynésie. Elle transporte toutes sortes de marchandises : matériaux de construction, tissus, conserves, denrées alimentaires ainsi que quelques passagers. Elle navigue entre Tahiti, les Marquises, les Tuamotu. Au retour elle est chargée de coprah, de café, d’oranges, de chèvres et de cochons.

Comme les autres goélettes, "Tereora" n’est pas réquisitionnée entre 39 et 41. Cependant elle arbore le pavillon bleu à croix de lorraine blanche et non rouge, particularisme du Pacifique dont les marins portent le ruban légendé avec en toutes lettres "Forces Navales Françaises Libres" au lieu de "FNFL" comme leurs camarades d’Europe ou du Levant. Elle ne possède aucun armement et navigue pour le service du ravitaillement.

Neuf capitaines se succèdent au commandement de "Tereora". Les deux derniers connaîtront un sort tragique. Le 16 avril 1940, revenant des Marquises vers Papeete, le voilier est à 150 miles de Takaroa lorsque son commandant s’écroule foudroyé. Le 16 janvier 1941, la goélette disparaît dans un cyclone avec son équipage et ses passagers.

Circonstances de l’évènement :

La goélette, désarmée le 22 décembre 1940, est réarmée rapidement le 16 janvier 1941 pour appareiller de Papeete à 12h00 vers Raïatéa. Son équipage est de huit hommes dont son nouveau capitaine, Damase Perry.

L’appareillage a lieu malgré l’ordre du capitaine du port de rester à quai devant le temps menaçant.

Dans l’après-midi du 16, la houle passe par-dessus le récif barrière et pénètre dans le port de Papeete. Certaines goélettes ne peuvent plus tenir à quai et sont obligées d’aller mouiller sur rade.

Pendant la nuit le vent souffle en tempête. Papeete est sans nouvelle de la goélette. Malgré les recherches entreprises aucune épave n’est retrouvée.

On pense d’abord que le navire a succombé à l’action de l’ennemi, sous-marin ou raider allemand, car le Japon n’est pas encore en guerre.

Le commandant et l’équipage sont cités à l’ordre de la division le 21 février 1946.

A la fin des hostilités les archives, ouvertes aux chercheurs, permettent à ces derniers de révéler qu’à l’époque du naufrage aucun sous-marin allemand n’est présent dans le Pacifique.

Le 16 janvier 1941, c’est donc bien un cyclone qui cause le naufrage de la goélette, disparue corps et biens, faisant 16 morts, huit hommes d’équipage et huit passagers.

La citation de la goélette "Tereora" est annulée le 12 décembre 1946.

Un monument érigé sur le port de Paimpol rend hommage à tous ces hommes de la marine marchande FNFL

Sources :

 Historique des Forces Navales Françaises Libres Tome 4 par le CH (H) P Santarelli

 

 

 

https://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/goelettes

http://cerp22.free.fr/Lieuxdememoire22

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