Frédéric Le Mouillour Mémorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 
 

Maréchal Lannes - Trois-mâts barque

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Trois-mâts barque à coffre, construit en 1898 aux chantiers de la Loire à Nantes, le Maréchal Lannes appartenait à une série de huit voiliers identiques (Général de Charrette – Mac Mahon – Général de Boisdeffre - Maréchal Davout – Bourbaki – Maréchal de Villars – Maréchal de Turenne).

Ces navires appartenaient à la compagnie René Guillon et René Fleury, armateurs nantais bien connus qui possédèrent une importante flotte de trois et quatre mâts.

Le Maréchal Lannes mesurait 79,54 m de long, 12,26 m de large, 7,29 m au creux, et 6,20 m de tirant d’eau. Il avait un déplacement de 3110 t, une jauge brute de 2297 tonneaux et comptait 2631 m² de voiles.

Il portait le nom de Jean Lannes, 1er duc de Montebello, né le 10 avril 1769 à Lectoure (Gers) et mort le 31 mai 1809 sur l'île de Lobau, en Autriche, à la suite des blessures reçues à la bataille d'Essling. C’était un général français de la Révolution et de l'Empire, élevé à la dignité de maréchal d'Empire en 1804 et inhumé au Panthéon en 1810.

Le capitaine Constant Lepetit, de Saint Brieuc, prit le navire à sa sortie de chantier pour le conduire à Swansea au Pays de Galles, où il chargea 3026 tonnes anglaises de charbon à destination de San Francisco (USA). Le 15 mars 1899, le Maréchal Lannes appareillait de Swansea avec ses 25 hommes d’équipage. Le pilote déclara avoir débarqué le 15 dans l’après-midi, par le travers de l’île Lundy, une île située à l’ouvert du canal de Bristol, dans la partie sud.

On ne devait plus avoir de nouvelles du trois-mâts, sinon que le capitaine Hervis de la goëlette Galathée, dit avoir vu le Maréchal Lannes, louvoyant sous la côte d’Irlande pour s’élever au vent. Les rumeurs les plus folles et les plus contradictoires circulèrent à tout va, sans qu’aucune certitude ne puisse être établie. L’opinion générale était que le navire, tout neuf, avec un équipage qui découvrait le voilier et des cordages raidis par le verglas, avait dû malencontreusement venir auprès de dangers et ne pas pouvoir manœuvrer pour les éviter. La brume épaisse qui était tombée sur le canal de Bristol ces jours-là, avait également contribué à la perte du navire. Quelques jours plus tard, fin mars 1899, à Broadhaven, Norton et Westdale, sur la côte anglaise vinrent s’échouer trois embarcations neuves portant chacune à l’arrière le nom de Maréchal Lannes. Le ressac avait chaviré les trois baleinières qui ne contenaient aucun document, ni trace de tentative de sauvetage ; il fallut hélas se rendre à l’évidence, le Maréchal Lannes avait disparu corps et biens avec tout son équipage lors de son premier voyage.

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Trois-mâts barque