Frédéric Le Mouillour Mémorial national des marins morts pour la France
 
 
 
 
 

Raoul Guérin - Canot de sauvetage

Raoul-Guerin001

Le canot de sauvetage Raoul Guérin appartenait à la SCSN (Société Centrale de sauvetage des Naufragés) qui, en fusionnant avec les HSB (hospitaliers Sauveteurs Bretons) allait en 1967 devenir la SNSM que tout le monde maritime et bien au-delà connait. C’était un canot à redressement automatique, construit en 1910 par les chantiers Tellier à Juvisy. Affecté à la station de Dieppe, il mesurait 9,78 de long, il était le premier canot à coque fer et motorisé de la SCSN. Une violente tempête de nord-ouest s’est levée ce 7 novembre 1922 sur les côtes de la Manche, et, un harenguier, le Gloire à Marie, malgré l’assistance d’un remorqueur éprouve toutes les peines du monde à entrer au port de Dieppe. Soudain, dans un claquement sec, le Gloire à Marie casse sa remorque et après avoir violemment heurté le musoir manque la passe d’entrée et se met à dériver vers les hautes falaises. Il s’échoue très vite sur les rochers en aplomb de la falaise.

Entre-temps l’alerte a été donnée par le capitaine du remorqueur Duquesne et le Raoul Guérin se prépare à appareiller ; dans l’urgence il n’a pas le temps d’attendre tous les hommes qui composent habituellement l’équipage, il manque un canotier, remplacé au pied levé par un gamin de 15 ans, apprenti mécanicien qui malgré l’insistance du patron Giffard refuse de débarquer. Dans une mer démontée, ses hélices brassant le plus souvent dans le vide, le Raoul Guérin arrive néanmoins à s’approcher du harenguier échoué. Il parvient à mouiller une ancre et se prépare, tant bien que mal à a accoster le dundee. La manœuvre délicate réussit et six marins du harenguier sautent dans le canot de sauvetage qui, malgré un talonnage parvient à s’éloigner de l’échouage. Mais alors que le Raoul Guérin a quitté l’abri relatif du harenguier, il se fait surprendre par une puissante lame qui le ralentit, puis par une seconde lame aussi puissante et traîtresse qui le couche à demi, tandis qu’une troisième lame le recouvre complètement. Le canot de sauvetage se remplit d’eau et coule rapidement, les soupapes d’évacuation étant devenues inefficaces. Les canotiers et les marins du Gloire à Marie sont projetés à la mer et essaient de nager vers le rivage qui n’est pas très éloigné, les plus vaillants assistant leurs camarades moins aguerris. Malgré une eau glacée, des vêtements entravant l’effort et un stress bien compréhensible, la plupart des naufragés du canot réussissent à atteindre le rivage ; on déplorera tout de même hélas quatre noyés, deux marins du Gloire à Marie et deux canotiers du Raoul Guérin.

Après bien des angoisses, les marins restés à bord du harenguier seront sauvés par un système de va-et-vient mis en place, non sans difficultés, depuis le bord de la falaise.

Les deux canotiers du Raoul Guérin qui ont laissé leur vie dans ce drame avaient pour nom Davray et Boyenval.

Sources :

Sources :

Le grand courage, de Georges Fleury
Editions Grasset

http://kbcpenmarch.franceserv.com

https://picclick.fr/1986-Dieppe-Le-Canot

Canot de sauvetage